L'Archette a un nouveau directeur depuis le 20 septembre. Éric Bordeaux-Montrieux vient du groupe Elsan, propriétaire de la clinique olivetaine. Il a passé cinq ans à Bourges, à la tête de l'hôpital privé Guillaume-de-Varye. Il présente les chantiers à venir, les priorités, les défis.

Quel est votre chantier prioritaire ?
Bourges où je travaillais est en plein désert médical. Or, on a attiré trente médecins et tout rénové. Le groupe m'a demandé de faire pareil ici, à l'Archette. Je viens ici en toute humilité. Je sais que ce qui attire les médecins, ce sont les projets médicaux. Je vais passer quelques jours à faire connaissance et à élaborer un projet qui fasse consensus, en concertation avec les équipes. 

Vers quoi sera orienté ce projet médical ?
Il faudra le définir avant la fin de l'année. Les points forts de l'Archette, ce sont sa notoriété, ses chirurgiens de qualité et ses belles équipes. On est un établissement à taille humaine, familial. On est dans un positionnement intéressant, au sud d'Orléans, où il y a beaucoup de besoins. Il faudra réfléchir à quelles spécialités, quels services on développe. Par exemple, quelqu'un qui se fait poser une prothèse de hanche est orienté par le chirurgien vers l'anesthésiste, le radiologue, la cardiologue, le kiné pour anticiper l'après. L'enjeu sera de voir les choses autrement et de cocooner le patient : on lui dira de revenir tel jour pour faire l'ensemble des examens, ce qui se fait déjà un peu. Je voudrais aussi qu'on accueille un patient qui vient d'apprendre qu'il a un cancer et qu'on lui fasse un point complet, qu'on le prépare et qu'on le désangoisse avec des informations fiables.

Votre défi reste celui des recrutements, notamment d'infirmières.
Oui, il nous manque des infirmières de bloc et de nuit. On a fait un job dating fin août : on a eu quatorze candidatures. Trois recrutements ont été signés et quatre autres terminent leur préavis. On refera cette opération tous les deux mois parce que ça marche. Il y a encore des postes d'infirmiers à pourvoir.

Quatre anesthésistes sur sept sont partis ou vont partir à la suite d'un conflit interne. Vous allez devoir en recruter aussi.
Ce n'est pas un problème car la clinique est attractive : on n'a pas ni urgences, ni maternité. Ce sont des Parisiens ou des médecins qui quittent le public. On a reçu cinq candidatures et il faudrait en recruter deux. La condition, en revanche, c'est de vivre ici pour être mobilisable en cas d'astreinte. De nouveaux médecins vont arriver d'ici fin 2021, début 2022 : un urologue, un stomatologue et un cardiologue. Nous avons une cellule recrutement au sein du groupe Elsan mais le meilleur recrutement se fait entre pairs. Les médecins font venir leurs copains, souvent de Paris. 

Des investissements sont-ils prévus ?
Cette question viendra quand le projet médical sera défini. Je pare au plus pressé, là. On ira vers la modernisation des services et des circuits patients pour éviter l'attente, notamment. L'objectif serait aussi que 95 % des patients arrivent au bloc debout, avec un brancardier, ce qui représente déjà une majorité. C'est beaucoup moins anxiogène.

Le centre de consultation Archette premiers soins fonctionne toujours très bien ?
Oui, ça n'a pas désempli (depuis son ouverture en avril 2019). Les quatre médecins voient, à tour de rôle, au moins soixante-dix patients par jour. On réfléchit à élargir les créneaux.

© Marie Guibal « Ce qui attire, c'est le projet médical », La République du Centre, 28.09.21