Journée mondiale sans tabac : la référente addictologie de la Clinique de Saint-Omer témoigne
Le 31 mai c’est la journée mondiale sans tabac, l’occasion pour notre référente tabacologue de répondre à quelques questions :

Quel est le rôle d’une tabacologue dans un établissement de santé ?
Mon rôle est essentiel dans l’établissement parce que le tabagisme est à ce jour la première cause de mortalité évitable et que tous les modes de consommation sont nocifs, il est nécessaire d’accompagner le patient et lutter contre cette problématique de santé publique.
J’assure le suivi de consultations ou sur demande des équipes soignantes et avec accord du patient hospitalisé, je me déplace au lit pour une consultation d’aide au sevrage. Parce que le syndrome de manque nicotinique peut être une réelle souffrance pour le fumeur, il est important qu’il soit pris en charge le plus tôt.
Mon rôle ne s’arrête pas à l’action ou la prévention sur le terrain notamment lors d’organisation d’événements comme lors du mois sans tabac ou lors de repérages précoces et d’interventions brèves au lit du malade. Je participe également à la formation et la sensibilisation des professionnels de santé pour une prise en charge optimale et coordonnée des patients suivis au sein de l’établissement.
Quels types de patients rencontrez-vous dans l’établissement ?
Je rencontre la plupart du temps des patients en pré et post opératoire immédiat, des patients suivis pour une pathologie en lien avec un tabagisme actif (causant et aggravant cette maladie).
Je les rencontre dans différentes situations pour une demande de sevrage ou diminution de la consommation, pour une abstinence temporaire, la gestion de situation à risque en péri opératoire, l’ajustement d’un traitement nicotinique de substitution et lors d’un syndrome de manque.
Quels accompagnements leur proposez-vous ?
Je leur propose un accompagnement personnalisé selon les situations et les besoins exprimés à type de consultation de suivi. J’accompagne le fumeur dans sa décision en établissant une alliance thérapeutique au fur et à mesure des entretiens.
Ceux-ci me permettent de comprendre la position actuelle du fumeur quant à la cigarette, de le rassurer, de l’écouter avec empathie, de lever les freins au changement pour finalement l’accompagner dans son changement de comportement à risque pour sa santé.
Je dispose de plusieurs outils notamment la mesure du CO expiré, les tests de mesure de la dépendance et de dépistage de syndrome anxio-depressif, les substituts nicotiniques, les thérapies comportementales et cognitives.
D’après vous dans ce métier, quelles qualités faut-il ?
Il faut savoir écouter, les entretiens sont un échange. Il faut de la bienveillance, de l’empathie et être disponible. Il faut créer un climat de confiance et respecter les choix de la personne. Nous devons accompagner et valoriser son choix de changement.
Le plus difficile pour vous ?
Parfois le manque de temps auprès des patients. La déception de certains patients face à une rechute qui fait partie du processus de changement.
Je regrette que l’accompagnement du patient fumeur n’est pas systématique dans tous les établissements de santé.
Ce que vous préférez dans ce métier ?
Les échanges avec le patient, cette relation de confiance qui s’installe. Ça vaut vraiment le coup ! Je suis très fière de participer même à petite échelle à cette enjeu de santé publique.
Avez-vous un moment fort à nous raconter ?
Il y a beaucoup de moments forts dans ce métier. Le meilleur arrive quand le patient est surpris de ce qu’il a accompli qu’il vous remercie et là vous lui dites que vous n’avez été qu’un accompagnateur et qu’il le doit à lui-même. Le sourire est là.
Comment vous contacter ?
Pour me contacter ; c’est très simple soit par téléphone le mardi de 9h à 17h au 03 91 92 50 04 ou par mail addictologie.som@elsan.care
N’hésitez pas à me contacter avant votre venue en hospitalisation, on fera le point ensemble.
