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#Parcours Patient#Maternité#Médecine#Vie des établissements/salariés

08/11/2021

Infertilité : 1 couple sur 4 concerné. Point avec Dr Scalici (Urbain V)

A l’occasion de la semaine de sensibilisation à l’infertilité, le Dr Scalici, responsable du centre d’assistance médicale à la procréation d’, a répondu à nos questions.

Si le centre d’assistance médicale à la procréation d’Urbain V est en perpétuelle évolution, le docteur Élodie Scalici est l’interlocutrice incontournable en matière d’accompagnement des couples infertiles. Le médecin biologiste de la reproduction et responsable du centre d’AMP d’Avignon fait le point, dans le cadre de la journée nationale de l’infertilité, temps fort de la 7e semaine de sensibilisation à ce problème de santé publique. 

L’homme est souvent l’oublié des parcours PMA : comment le centre d’AMP d’Avignon remédie-t-il à cela?

En juin 2019, nous avons créé le Sperm’Appart, un espace inédit, unique en France, dédié exclusivement à l’homme dans le cadre du parcours PMA et du bilan d’infertilité masculine. Nous sommes partis des remarques des patients, de leur vécu émotionnel : ils ont le sentiment d’être laissés pour compte, ils doivent faire leur recueil à la demande, dans des salles aseptisées, dans le stress et l’inconfort. Alors chez nous, on s’attache à améliorer la prise en charge des hommes. Ils bénéficient maintenant de quatre salles de recueil : deux pour la partie diagnostic, deux pour la partie thérapeutique.

Les deux premières, conceptuelles, ont des noms de constellations. Quelles sont les particularités des nouvelles ? C’est vous qui les avez imaginées?

Oui, avec la validation de mes collègues femmes du centre ! Ce sont des salles pour les hommes imaginées par des femmes. L’une s’appelle "Body Double", l’autre "Jumanji". Certains hommes choisissent leur salle et il y a une unité de lieu puisque le laboratoire de spermiologie est inclus dans l’espace, ce qui permet de faire les analyses dans la foulée.

Vous avez créé en octobre l’association Un Nouveau Souffle PMA : sa mission ?

C’est une initiative personnelle et un projet unique en France avec l’association de six thérapeutes qui initient les patientes (et les couples dans un second temps) à des approches complémentaires et holistiques. L’idée : se donner un nouveau souffle dans le parcours PMA, grâce à cet accompagnement bienveillant qui vient compléter la prise en charge médicale. Cela répond à une forte demande des patientes. Il y a de l’art-thérapie, du yoga, de la danse de l’être, de l’ostéopathie, de la sophrologie, de la naturopathie, de la nutrition : c’est complet.

Comment les patientes peuvent-elles découvrir ces propositions?

Le 14 novembre, nous organisons une journée de découverte de ces thérapies à Avignon, au studio Harmonie (40, route de Montfavet à Avignon), de 9h à 17h30. Trois groupes de huit personnes maximum seront constitués, avec un programme particulier pour chacun : cela restera intimiste et personnalisé, avec accès à quatre ou cinq ateliers tout au long de la journée. Ainsi, les femmes pourront choisir la (ou les) thérapie(s) qui leur convien (nen) t le mieux. L’influenceuse Baby Hope va participer à la journée : elle a déjà fait un live sur Instagram sur les bienfaits des médecines douces dans le parcours de PMA.

Le sujet de l’infertilité est-il toujours tabou ?

De moins en moins. Les influenceuses en parcours PMA diffusent beaucoup d’informations, elles rassurent. Il y a une communauté bienveillante sur Instagram avec beaucoup de couples qui relatent leurs difficultés. Le collectif BAMP et son blog, qui organise d’ailleurs la journée de l’infertilité avec magicmaman. Au centre d’Urbain V, nous avons notre compte Instagram "pma avignon", qu’on alimente avec des informations scientifiques, médicales, ce qu’il se passe au laboratoire… Les couples disposent de ce support-là pour commencer à se documenter.

Mieux communiquer sur la PMA permet aussi une prise en charge plus rapide ?

Il arrive encore qu’on récupère des couples qui ont attendu très longtemps, deux ou trois ans, alors qu’ils auraient pu être pris en charge beaucoup plus rapidement et de manière plus efficiente, mais c’est rare. Maintenant, c’est au bout d’un an d’essai qu’ils s’orientent vers le centre et qu’on commence à initier un bilan.

Quelques chiffres

  • 800 tentatives par an dans le centre AMP d’Avignon à l’heure actuelle.
  • + 50% de demandes supplémentaires en deux ans.
  • Taux de grossesse/transfert de 60 %.
  • Le centre comptabilise 4 600 naissances depuis sa création en 1996.

Réalité virtuelle: et plus doux sera le transfert des embryons

Autre point innovant au centre d’Urbain V: l’utilisation de la réalité virtuelle dans le parcours PMA, notamment lors du transfert embryonnaire (le fait de placer l’embryon dans l’utérus de la patiente). Le Dr Scalici explique la démarche, inspirée de la chirurgie, de la cancérologie et encore du projet "mamans connectées" du chercheur Denis Bedat avec le groupe Elsan, pour les mamans qui ont accouché par césarienne. "Les actes médicaux peuvent entraîner du stress, de l’inconfort, des dou- leurs. Il en va de même pour la prise en charge en PMA." Là, la patiente est plongée dans un environnement immersif pour limiter le stress et la douleur. "Le casque VR a un "medical device", c’est-à-dire qu’ilpeut être utilisé dans un cadre médical. Il est positionné sur la tête de la patiente, en position gynécologique, et elle choisit son environnement, une plage sous les tropiques, la forêt, une rivière ou tout autre endroit très apaisant." Le tout en 2D et pas 3D, afin de limiter les risques d’effets secondaires (vertiges, nausées). Par ailleurs, une étude est en cours pour déterminer s’il peut y avoir un impact positif sur l’implantation. À noter enfin que, dans la même lignée que les aménage- ments effectués au centre ces dernières années, la salle de transfert va elle aussi être relookée.

© Stéphanie ESPOSITO, « Infertilité : 1 couple sur 4 concerné », La Provence, 5/11/2021