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Douloureux, le syndrome rotulien est une pathologie articulaire du genou que l'on soigne avec de la rééducation. Zoom avec un spécialiste.

Le syndrome rotulien, c'est quoi exactement ?

Le syndrome rotulien (ou " syndrome fémoro-patellaire " en langage médical) est une pathologie qui concerne l'interface entre la rotule (l'os plat et triangulaire qui se trouve dans l'articulation du genou, que l'on appelle aussi patella) et le fémur (l'os de la cuisse, situé entre le bassin et le genou), c'est-à-dire la surface où les deux os sont en contact – on parle aussi de " trochlée fémorale ".

Que se passe-t-il exactement ?Pour des raisons encore mal identifiées, une hyper-pression se développe entre la rotule et le fémur, ce qui entraîne de la douleur " explique le Dr. Alexandre di Iorio, chirurgien orthopédiste.

Attention ! Il ne faut pas confondre le syndrome rotulien (ou " syndrome fémoro-patellaire ") avec l'instabilité de rotule. " En cas de syndrome rotulien, la rotule reste bien en place dans la trochlée fémorale : il n'y a normalement pas d'instabilité  " clarifie le chirurgien orthopédiste.

Syndrome rotulien : quels sont les symptômes ?

À savoir. Bien que les causes exactes du syndrome rotulien ne soient, à ce jour, pas connues, il existe certains facteurs de risque bien identifiés. Ainsi, le syndrome rotulien survient plutôt chez l'adolescent et la personne âgée ; il atteint aussi prioritairement...

  • les personnes souffrant d'une anomalie anatomique. Par exemple : une rotule haute par rapport au fémur ou encore une dysplasie rotulienne, c'est-à-dire une rotule " trop plate ",
  • les personnes souffrant de défauts d'alignement. Par exemple : des jambes en X ou genu valgum,
  • les personnes souffrant de dysfonctions musculaires. Par exemple : en cas de muscles quadriceps trop faibles – ce sont les muscles situés à l'avant de la cuisse,
  • les personnes qui pratiquent des sports caractérisés par une hyper-sollicitation du genou : fitness (l'exercice des squats, en particulier), football, handball...

Le principal symptôme du syndrome rotulien, c'est la douleur : "celle-ci varie d'un patient à l'autre : elle peut être permanente ou se manifester seulement au moment de l'activité physique (lorsque la personne monte un escalier, par exemple) ou lorsque la personne a le genou fléchi pendant une longue période (après une position assise prolongée, par exemple)" explique le Dr. di Iorio. De plus, la douleur est localisée à l'avant du genou.

Diagnostic et traitements : quelle prise en charge pour le syndrome rotulien ?

À savoir. Le diagnostic de syndrome rotulien est posé par le médecin du sport, le chirurgien orthopédiste ou (plus rarement) par le médecin rhumatologue. Il s'agit principalement d'un examen clinique : examen de la marche, recherche de divers signes pouvant évoquer un syndrome fémoro-patellaire...

Syndrome rotulien : les traitements. La prise en charge du syndrome fémoro-patellaire (syndrome rotulien) est pluridisciplinaire :

  • De la rééducation. Le traitement rééducatif (qui est réalisé par le kinésithérapeute et/ou par l'ostéopathe) a pour but de soulager la douleur avec des techniques de mobilisation douce de la patella mais aussi en travaillant sur la posture du patient afin de limiter l'hyper-pression entre la rotule et le fémur.
  • Du renforcement musculaire. Les symptômes du syndrome rotulien peuvent notamment être liés à un déséquilibre musculaire entre les quadriceps (les muscles qui se trouvent à l'avant de la cuisse) et les ischio-jambiers (qui se trouvent derrière la cuisse, à l'opposé des quadriceps).
  • Des médicaments. En phase aiguë (comprendre : lorsque la douleur est maximale), le médecin pourra prescrire des médicaments anti-inflammatoires (AINS). Des infiltrations d'acide hyaluronique pourront également être proposées, notamment pour réduire les frottements au niveau de la trochlée fémorale.

À savoir. Le traitement du syndrome fémoro-patellaire est long : il dure entre 3 mois et 6 mois en moyenne. " Il est également nécessaire d'apprendre à gérer son stress et ses émotions fortes, car on sait qu'il existe un facteur psychologique en ce qui concerne la douleur caractéristique du syndrome rotulien " ajoute le Dr. di Iorio.

Le conseil du pro. " En prévention, si vous avez une faiblesse au niveau du genou, je vous recommande des séances de renforcement musculaire avec des étirements spécifiques (stretching), 2 à 3 fois par semaine. Par ailleurs, il est important d'éviter la prise de poids, qui favorise l'apparition de troubles articulaires au niveau des membres inférieurs " conseille le Dr. Alexandre di Iorio.

Merci au Dr. Alexandre di Iorio, chirurgien orthopédiste au Centre chirurgical Montagard à Avignon (groupe ELSAN).

© Femme Actuelle, Apolline Henry, 27 juillet 2020