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La chirurgie ambulatoire est de plus en plus utilisée dans l’Allier. Un exemple à la clinique Saint-François, à Désertines.© La Montagne - 11/05/17 – Guillaume Bellavoine

 
Un acte chirurgical dans la journée, sans avoir besoin d’être hospitalisé le soir ? À la clinique Saint François de Désertines, cela représente plus d’un acte chirurgical sur deux. Un chiffre qui augmente comme ailleurs dans l’Allier et en France. En 2015, la chirurgie ambulatoire a représenté dans l’Hexagone 51,9 % des actes chirurgicaux, alors que le pourcentage n’était que de 44,9 % en 2011. Et ce n’est pas fini : le programme national de développement de la chirurgie ambulatoire fixe un objectif de 66,2 % en 2020.

 
1 Comment se déroule la chirurgie ambulatoire ?

 
Le geste chirurgical reste le même que lors d’une hospitalisation. Ce qui change est la durée du séjour à l’hôpital, qui varie entre quelques heures et une journée, mais aussi la préparation et le suivi. Le patient passe une consultation, se rend au bloc pour l’intervention, puis en salle de réveil et retourne dans l’unité d’hospitalisation pour une réhabilitation. « Dans certains cas, la personne est finalement hospitalisée mais cela représente moins d’1 % des patients », affirme Jean-Michel Chauveau, médecin coordinateur de la chirurgie ambulatoire à la clinique Saint- François, qui compte deux services dédiés à l’ambulatoire, où une cinquantaine d’opérations sont réalisées chaque jour.

 
2 Pour quelles opérations ?

 
À la clinique de Désertines, les actes chirurgicaux les plus pratiqués en ambulatoire sont les opérations de la cataracte, les coloscopies et les endoscopies. Mais ils concernent également la chirurgie ophtalmologique, la plastique de la face, la chirurgie gynécologique, l’ORL, etc.

 

Même si des interventions de plus en plus complexes sont effectuées en ambulatoire – l’ablation de la vésicule biliaire par exemple –, les hôpitaux ne sont pas tous logés à la même enseigne. « Nous avons une structure avec beaucoup de gestes courts, codifiés et peu traumatisants, c’est plus facile pour développer l’ambulatoire », commente pour sa part Jean- Michel Chauveau.

 

Dans l’Allier, c’est la polyclinique Pergola de Vichy qui possède le plus fort taux de chirurgie ambulatoire (67 %). On compte ensuite la polyclinique Saint- Odilon de Moulins (59,1 %), la clinique Saint-François de Désertines (56,3 %), l’hôpital de Vichy (42,8 %) , puis ceux de Montluçon (41,1 %) et de Moulins- Yzeure (34,1 %), selon les chiffres fournis par l’Agence régionale de santé.

 

3 Pour quels patients ?

 
Tout le monde est concerné et c’est même conseillé pour les anciens qui ont peur de perdre des repères. Une des conditions pour bénéficier de la chirurgie ambulatoire est d’être accompagné quand on rentre chez soi. « Il faut que ce soit quelqu’un d’apte à conduire et capable de réagir s’il y a un problème », détaille Jean-Michel Chauveau. À la clinique Saint-François, une aide-soignante et une infirmière s’occupent spécifiquement d’appeler les gens la veille de l’opération pour leur rappeler les consignes et de prendre de leurs nouvelles le lendemain. « On donne une fiche de sortie aux patients qui contient tous les numéros à appeler », ajoute l’infirmière Julie Bougaret.

 
4 Quels sont les avantages ?

 
Si le ministère de la Santé pousse les hôpitaux à pratiquer la chirurgie ambulatoire, c’est évidemment parce qu’elle permet de réduire les coûts pour les établissements et l’assurance- maladie. Et les patients dans tout ça ? « On note un taux important de satisf19action des gens qui passent par la chirurgie ambulatoire, constate Jean Michel Chauveau. On se remet p l u s facilement d’une opération quand on est dans son lit et entouré des siens. Il existe toujours des réticences mais elles deviennent marginales. » Une aide-soignante de Désertines abonde : « C’est moins effrayant qu’une hospitalisation, les gens savent qu’ils vont sortir le soir, c’est un stress en moins. » Existe-t-il des dangers spécifiques à la chirurgie ambulatoire ? « Ils restent les mêmes que pour une hospitalisation classique », répond Jean-Michel Chauveau. Un autre intérêt est enfin un moindre risque de contracter des maladies nosocomiales.