La recherche clinique privée au profit des patientes
Permettre aux patientes de bénéficier des DERNIÈRES AVANCÉES en matière de traitement contre le cancer : c'est la mission de l'association ORACLE, spécialisée en recherche clinique à la POLYCLINIQUE GENTILLY. Cinq études menées actuellement ciblent le cancer du sein.
Dans la lutte contre le cancer du sein, si la prévention est la clé, la recherche représente l'espoir. À Nancy, la Polyclinique Gentilly, rebaptisée récemment Hôpital Privé Nancy Lorraine, a mis en place dès 2005 une structure originale, à mi-chemin entre les soins et la recherche.
Avec Oracle (Organisation, recherche et avancées en cancérologie libérale de l'Est), les médecins oncologues de la clinique ont choisi de participer concrètement aux efforts de recherche clinique en matière de traitement contre les cancers de tous ordres, dont celui du sein. Par recherche clinique on entend le dernier stade de la recherche dans le développement d'un médicament.
« Avant qu'un médicament soit mis sur le marché, il s'écoule parfois dix à quinze ans, explique Thomas Lelu, assistant de recherche clinique. Sur environ 10 000 médicaments potentiels subissant tous les tests nécessaires, un seul sera disponible au final pour traiter des patients. De nombreuses étapes doivent être franchies avec succès avant d'envisager sa mise sur le marché et sa mise à disposition des patients, l'objectif étant d'évaluer son efficacité et d'identifier les principaux effets indésirables éventuels. Avec Oracle, nous répondons à des appels d'offres de laboratoires qui recherchent des cohortes de patients, avec des profils très précis. Pour ces derniers, c'est souvent une source d'espoir, voire le dernier traitement possible. Dans tous les cas, nous participons à l'avancée de la recherche scientifique. »
Déjà 500 patients en essais cliniques
Nouveaux traitements, combinaisons de molécules, les patients s'engagent souvent sur le long terme. « Le but est d'offrir aux patients la prise en charge optimale dans le traitement du cancer, poursuit Thomas Lelu. Mais certains redoutent encore d'être dans la situation de cobayes et nous avons un vrai travail de pédagogie à faire pour les convaincre des avantages, malgré les contraintes des examens réguliers. Certains y voient une cartouche supplémentaire pour combattre la maladie, avec un suivi très au point, d'autres ont plus de mal avec la fréquence des rendez-vous et l'engagement sur la durée. Nous leur expliquons qu'ils peuvent sortir de l'étude quand ils le souhaitent mais tous s'impliquent à la fois pour leur propre santé mais aussi avec la conscience de faire avancer la recherche pour d'autres patients. » Depuis sa création, Oracle a permis à plus de 500 patients d'être inclus dans des protocoles d'essais cliniques. À commencer par le cancer du sein : « En Lorraine nous somme plus sollicités par les laboratoires concernant la recherche sur le cancer du sein qu'ailleurs en France. Cela s'explique par un taux de cancer plus élevé que la moyenne nationale. » Actuellement, cinq études cliniques sont menées de front sur des novations thérapeutiques. Parmi elles, l'immunothérapie, qui émerge depuis plusieurs années et fait naître de grands espoirs dans la prise en charge du cancer du sein.
Les médecins d'Oracle, association loi 1901, exercent bénévolement dans ce cadre. Une façon pour eux de participer concrètement à la recherche médicale tout en assurant un meilleur suivi de leurs patients. « Faire bénéficier nos patients des médicaments de demain est une satisfaction, explique Dominique Sparth, médecin oncologue. J'ai le souvenir d'avoir vu des patients se sentir beaucoup mieux et leur état s'améliorer grâce à des traitements qui n'auraient pas été disponibles autrement que par nos essais cliniques. À titre professionnel, en tant que médecin, prendre en charge un essai clinique est la meilleure façon d'assurer notre formation continue. Nous savons avant tous les autres médecins comment les nouveaux traitements fonctionnent et sommes donc plus réactifs lors de leur mise sur le marché. C'est le cas des protocoles d'immunothérapie dont nous avons été parmi les précurseurs et qui sont en train de révolutionner les traitements de cancer. »
La semaine de Nancy, publié le 13/10/22