Opérer sans ouvrir grâce au rayon laser - © Le Populaire du Centre - 1er oct. 2014
Depuis le mois d'août, la clinique de la Marche de Guéret est dotée d'un laser pour traiter les adénomes de la prostate. Une technique bien moins contraignante pour les patients et pour le personnel médical.
« C’est une avancée technologique énorme. Avec ça, on est au XXIIe siècle. » Depuis qu'il soigne les adénomes de la prostate (prostates hypertrophiées) à l'aide d'un laser, le Docteur Maher Awada, responsable du pôle urologie de la clinique de la Marche à Guéret, ne peut plus se passer de cette technique.
Apparue il y a trois ans en France, l'intervention au laser est proposée depuis le mois d'août à la clinique de la Marche. « Elle offre un véritable confort peropératoire et postopératoire, confie le docteur. Le patient reste moins longtemps à l'hôpital et surtout, il n'y a pratiquement plus d'hémorragie. »
Après une anesthésie générale ou localisée, un appareil doté d'un vidéo-endoscope est introduit dans l'urètre. À son extrémité, se trouve une fibre qui, au contact de la prostate, chauffe, provoque une vaporisation qui entraîne une coagulation de vaisseaux.
Cela permet de supprimer la partie de la prostate (adénome) responsable de l'obstruction de l'urine vers l'extérieur. Ainsi, le canal urinaire retrouve un calibre normal.
Une technique moins contraignante pour les patients et surtout appréciable pour le personnel médical. « L'intervention peut se dérouler en toute sérénité, sans avoir peur des complications. Car cette technique est beaucoup moins hémorragique. Les anesthésistes et le personnel paramédical sont donc plus tranquilles. C'est un confort pour tout le monde. Désormais, lorsque le patient remonte du bloc, ses urines sont claires. Le lendemain, on enlève la sonde et le patient sort le jour suivant », se félicite Maher Awada, fier de constater la manière dont la chirurgie de la prostate a évolué ces dernières décennies. « Avant, on procédait par chirurgie ouverte, ça s'appelait la chirurgie voie haute. On ouvrait le ventre, la vessie, et on allait chercher la prostate. C'était une chirurgie mutilante, dangereuse, hémorragique. Puis avec la révolution technologique, on a abouti à ce qu'on appelle toujours la résection endoscopique de la prostate, qui est une intervention qui se fait sans ouverture, par les voies naturelles, mais qui reste une intervention hémorragique. »
Une meilleure rotation des lits
Ces lasers sont mis à disposition par le constructeur, qui ne facture que les fibres aux cliniques. Des pièces qui coûtent entre 500 et 600 euros l'unité. Mais cela ne change rien pour le patient, qui n'a pas de supplément à régler. « Ce coût est compensé par le fait que le laser permette une meilleure rotation des lits car le séjour d'hospitalisation est moins long avec le laser, précise Cecile Faure, directrice adjointe de la clinique de la Marche. On peut donc prendre en charge plus de patients sur une durée moyenne de séjour plus courte qu’avant. Du coup, on gagne au niveau facturation. »
La clinique de la Marche se partage cet outil avec une clinique de Chateauroux. « On l'a quinze jours toutes les cinq semaines. Le planning est établi sur un an, ce qui nous permet de mieux planifier les interventions », conclut le docteur.
© Le Populaire du Centre – 1-10-14 - Manuel Caillaud