S’engager pour la santé des femmes
À l’occasion de la journée internationale de la femme le 8 mars prochain, ELSAN a rencontré le Dr Yahn Rouquet, gynécologue-obstétricien à l’Hôpital privé de Vitry les Noriets à Vitry-sur-Seine et membre fondateur du Fonds pour la Santé des Femmes (FSF). L’objectif de cette structure ? Favoriser en France et dans le monde, tous types d’actions, de formations, de recherches pouvant concourir à l’amélioration de la santé des femmes.
Pourquoi avoir créé le FSF ?
Dr Yahn Rouquet : Aujourd’hui encore, trop de femmes sont victimes d’agressions, de mutilations sexuelles et de discriminations diverses. Pour des millions de femmes dans le monde, il est impossible ou difficile d’accéder aux soins, au prix de leur vie parfois. C’est pour lutter contre ces fléaux, que le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français a créé le FSF. Nous souhaitons améliorer l’accès des femmes à l’éducation, à la contraception, aux soins en gynécologie et obstétrique.
Concrètement, quelles sont les actions que vous menez ?
Dr Y.R. : En France, nous avons mis en place un programme pour améliorer la prise en charge des femmes enceintes en situation de handicap. Nous allons aussi développer le programme « des gynécologues à la rencontre des adolescents ». L’objectif est d’organiser des échanges entre les jeunes en classe de seconde et un gynécologue pour aborder les problèmes liés à la sexualité, la contraception et les infections sexuellement transmissibles.
Et à l’étranger ?
Dr Y.R. : Nous avons créé une école de sages-femmes à N’Djamena, au Tchad, et lancé une formation qui leur est dédiée. C’est le moyen le plus efficace de lutter contre la mortalité maternelle et infantile qui est très élevée dans ce pays. Nous participons au financement d’une antenne médicale mobile en obstétrique et en chirurgie gynécologique en République démocratique du Congo. Le fonds finance aussi la création de bourses d’études pour les sages-femmes et les médecins étrangers.
Vous financez également des programmes de recherche en gynécologie et obstétrique …
Dr Y.R. : C’est exact ! Nous avons mis en place des programmes de recherche sur la pré-éclampsie, l’endométriose ou encore la chimiorésistance dans le cancer du sein. En effet, il est prouvé qu'une femme obèse atteinte d'un cancer du sein a un risque de mortalité majoré de 30 % par rapport à une femme non obèse. Il est essentiel de décrypter les mécanismes par lesquels l'obésité altère le pronostic des femmes atteintes de cancer du sein, afin de proposer des stratégies différentes à ces patientes.