#Actualité médicale
28/11/2023
Un centre varois de référence pour l'endométriose
Identifiée par l’ARS, la clinique du Cap d’Or dispose d’une équipe pluridisciplinaire experte qui répond aux demandes d’avis spécialisés des soignants.
Cap Feminae, le centre de consultation dédié à la femme de la clinique du Cap d’Or, à La Seyne-sur-Mer, vient d’être identifié par l’Agence Régionale de Santé (ARS Paca) comme l’antenne varoise du réseau Endosud, l’un des six ré‐ seaux régionaux en France chargés d’assurer une prise en charge adaptée, pluridisciplinaire et personnalisée de la femme atteinte d’endométriose.
" Le diagnostic tardif de cette maladie encore méconnue, qui concerne 10 à 15 % des femmes, a un retentissement fort sur leur vie quotidienne, avec des douleurs pelviennes cycliques et un impact sur leur fertilité, rappelle le responsable de cette antenne, le Dr François Manrique, gynéco‐ logue. C’est la troisième cause d’hospitalisation dans les services de gynécologie et un vrai enjeu de santé publique, avec un coût de 55 millions d’euros par an (diagnostics et traitements) sans compter les coûts indirects, avec une moyenne de 33 jours d’arrêt de travail par an et par femme. "
Une concertation pluridisciplinaire
La clinique du Cap d’Or avait déjà mis en place, depuis environ six ans, une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) dédiée à l’endométriose.
" La reconnaissance de l’ARS permet de nous identifier clairement dans le département comme centre de recours : il ne s’agit évidemment pas de prendre en charge toutes les patientes endométriosiques - ce serait impossible ! - mais de permettre aux médecins et aux sages-femmes qui les suivent de demander des avis spécialisés ou d’adresser les cas les plus complexes. Nous avons aussi un rôle d’enseignement postuniversitaire (EPU) et nous organisons régulièrement des réunions d’information. "
L’équipe endométriose est com‐ posée de cinq médecins : trois chirurgiens référents dans trois spécialités (gynécologie, urologie et viscéral), d’un gynécologue référent spécialisé en PMA et d’un radiologue spécialisé IRM en endométriose. " Un gastro-entérologue, qui réa‐ lise des échographies endoscopiques rectales pour évaluer l’importance des inflammations digestives, participe également à toutes nos RCP, ainsi qu’un algologue et une naturopathe, précise le Dr Manrique. Un ostéopathe doit également rejoindre l’équipe prochaine‐ ment. "
C’est d’autant plus important que le diagnostic et la classification de la maladie ne passent plus seulement par la chirurgie cœlioscopique. " Depuis les recommandations de bonnes pratiques formulées par la Haute Autorité de santé (HAS) en 2017, la chirurgie ne doit plus être le "Gold standard". Le diagnostic repose sur l’interrogatoire, l’examen cli‐ nique et l’imagerie. "
Dessiner des parcours de soins individualisés
De la même manière, la prise en charge est pluridisciplinaire. Elle repose sur trois options. Médicales d’abord : le traitement est bien sûr hormonal, mais la prise en charge est également nutritionnelle, psychologique… Le recours à la chirurgie, seconde option, est décidé en RCP. Enfin, la troisième option est mise en œuvre quand la maladie a des répercussions sur la fertilité. Les patientes sont alors orientées vers la procréation médicament assistée (PMA).
" Le but, répète le Dr Manrique, est de gérer cette maladie chronique au plus près des besoins et des désirs de chaque femme, de préciser la place de chacune de ces trois options tout au long de sa vie endométriosique, avec comme challenge, l’objectif de diminuer le nombre des interventions chirurgicales. " CAROLINE MARTINAT
L’endomètre est la mu‐ queuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Tous les mois, avant les règles, elle s’épaissit sous l’effet des hormones. Puis elle se désagrège, entraînant les saignements qui sur‐ viennent à la fin du cycle menstruel. Il arrive que des fragments d’endomètre re‐ montent dans le pelvis en passant par les trompes de Fallope : on parle alors de menstruations rétrogrades. Elles entraînent la présence de tissus semblables à la muqueuse utérine en de‐ hors de l’utérus dans différents organes. C’est ce qui explique, en partie, l’endométriose, une maladie chronique multifactorielle. Longtemps restée méconnue, elle concerne pourtant une femme sur dix. Elle est associée à des douleurs aiguës au moment des règles, pendant les rapports sexuels et au moment de déféquer et/ou d’uriner, à des douleurs pelviennes chroniques, des ballonnements, des nausées et de la fatigue, et parfois à une dépression, de l’angoisse et une infertilité.


