La Polyclinique Urbain V dispose du seul caisson hyperbare du département
Seul équipement contre le monoxyde de carbone du département, il peut accueillir 24 heures sur 24 les personnes intoxiquées.
Les intoxications au monoxyde de carbone, cela reste l'exception…" Parmi les patients qui se présentent au sous-sol de la polyclinique Urbain V pour une séance dans le caisson hyperbare, le pourcentage de ceux qui ont inhalé du CO (l'abréviation scientifique du monoxyde de carbone) est très faible. Plus rare, il y a seulement les accidents de plongée", s'amuse le Dr Jean-Jacques Albertini, responsable du centre d'oxygénothérapie hyperbare.
Le caisson qui augmente artificiellement la pression de l'air est le seul sur une vaste zone. "C'est l'unique du Vaucluse, et il n'y en a pas dans le Gard, l'Hérault, la Drôme, l'Ardèche. Même pour le nord et l'ouest des Bouches-du-Rhône, c'est plus rapide de venir à Avignon, en cas d'urgence, que d'être transféré sur Marseille."
Une séance d'une heure trente suffit
Même si les premiers froids sont intervenus, il n'y a eu beaucoup de cas pour l'instant. "Il y a eu des intoxications, mais peu étaient assez graves pour nécessiter cette prise en charge", précise le Dr Albertini. Par exemple, début décembre, une famille entière avait été intoxiquée au monoxyde de carbone lors d'un repas. Mais pas de passage par le caisson. En revanche, le centre était prêt à les prendre en charge.
"Nous pouvons accueillir des urgences 24 heures sur 24, il y a toujours un médecin et un manipulateur d'astreinte. Dans le parcours idéal, nous sommes alertés par les secours en amont, pour une suspicion d'intoxication au CO. Si les pompiers ou le Samu confirment, ils peuvent alors directement emmener les victimes au centre, sans passer par la case Urgences. Et si les personnes réagissent bien, elles rentrent chez elles directement après leur passage dans le caisson."
Dans la très grande majorité des cas, une séance d'une heure trente, avec une pression supérieure de 1,5 bar par rapport à la pression atmosphérique (équivalente à 15 m sous le niveau de la mer) est suffisante.
"Lors de l'intoxication, le CO se lie à l'hémoglobine du sang. C'est pourquoi les patients portent un masque qu'il leur envoie de l'oxygène pur, qui casse cette liaison et rend à l'oxygène sa place. L'air comprimé optimise la durée et l'efficacité du traitement." détaille le Dr Albertini.
Seul désagrément : lors de la montée en pression, les patients peuvent souffrir au niveau des oreilles "comme lors d'une plongée ou lors de l'atterrissage d'un avion. La déglutition aide, c'est pour cela que nous donnons des bonbons".
© Amandine Barthélémy, "Le caisson hyperbare, ", La Provence, 23 décembre 2021
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