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L’espérance de vie de chaque patiente atteinte d’un cancer de l’ovaire est une donnée personnelle, qui dépend de multiples facteurs à la fois propres aux caractéristiques de la tumeur ovarienne diagnostiquée et au profil de la personne malade.

Aussi, il est important de prendre du recul sur les statistiques générales de survie, qui ne reflètent rien de plus qu’une tendance de groupe sans tenir compte des caractéristiques de chaque individu.

Les chiffres issus de ces statistiques permettent toutefois d’obtenir un aperçu de l’évolution globale de la prise en charge de cette maladie, notamment via l’observation d’un allongement constant de l’espérance de vie générale ces dernières années.

Esperance de vie cancer ovaire

 

Les facteurs impactant l’espérance de vie des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire

Un facteur pronostic est un élément qui impacte l’espérance de vie des patientes atteintes du cancer de l’ovaire. Il existe de nombreux facteurs pronostic influençant les chances de survie de chaque patiente. Le profil des patientes est un critère important dans l’élaboration d’un pronostic pertinent.

Les patientes plus jeunes et celles en bonne santé avant leur diagnostic ont habituellement un meilleur pronostic. À l’inverse, les patientes plus âgées et/ou présentant des comorbidités peuvent avoir un pronostic moins favorable, notamment du fait de leur inéligibilité à certains traitements.

Lire également notre article sur les chances de guérison du cancer de l’utérus

De fait, le type de traitement mis en œuvre pour lutter contre la maladie a un impact significatif sur les chances de survie des patientes.

Ainsi, les volontés des patientes, qui ont leur mot à dire dans le choix des traitements qu’elles vont recevoir, et leur éligibilité aux thérapies lourdes, qui ne peuvent pas toujours être administrées aux personnes fragiles, vont influencer leur pronostic. Il est important de souligner que la chirurgie radicale (ablation complète des ovaires et de l’utérus) est le traitement de référence du cancer de l’ovaire.

Les patientes qui choisissent de refuser ce traitement, parfois perçu comme mutilant, s’exposent à un pronostic plus délicat. Enfin, les caractéristiques de la tumeur ovarienne diagnostiquée peuvent avoir un impact sur sa réponse aux traitements et son agressivité (vitesse de développement et d’expansion).

Le stade de la maladie au moment du diagnostic est également un facteur significatif du pronostic des patientes. Pour cause, le cancer se caractérise par son caractère évolutif. C’est une maladie qui forme d’abord une tumeur localisée, auquel cas une ablation chirurgicale peut suffire à obtenir une guérison définitive. Lorsqu’elle se propage dans l’organisme, l’élimination des cellules cancéreuses disséminées dans tout le corps devient plus complexe.

Ainsi, le stade de la maladie est souvent considéré comme le facteur pronostic majeur des pathologies cancéreuses, bien qu’il soit loin d’être le seul élément à considérer pour évaluer l’espérance de vie de chaque patiente au cas par cas.

Le cancer des ovaires

Statistiques de survie à 5 ans des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire

Les statistiques générales de survie à 5 ans, classiquement utilisées pour observer les tendances globales en matière de pathologies cancéreuses, sont établies en fonction du stade de la maladie au moment du diagnostic. Elles ne tiennent donc pas compte de tous les facteurs énumérés plus haut, et il n’est pas pertinent de les appliquer à chaque patiente atteinte d’un cancer de l’ovaire.

De fait, puisqu’il s’agit d’une moyenne de groupe, cette statistique ne correspond pas à la survie de chaque individu du groupe, qui peut en réalité être très disparate. Ainsi, tous stades et tous profils de patientes confondus, la moyenne de survie à 5 ans des patientes atteintes du cancer de l’ovaire de 2010 à 2015 est de 43 %.

Ce pronostic insatisfaisant s’explique par le diagnostic souvent tardif de cette maladie habituellement asymptomatique, qui survient lorsque la maladie est déjà à un stade avancé de son évolution et délicat à prendre en charge. On observe de fortes disparités dans ce groupe, les femmes de moins 45 ans affichant un taux de survie à 5 ans de plus de 85 %, quand la survie à 5 ans des femmes de plus de 75 ans est d’environ 20 %.

Ces disparités s’expliquent tant par la probabilité de diagnostic tardif supérieur chez la femme âgée que par l’existence de comorbidités pouvant induire une inéligibilité aux traitements du cancer de l’ovaire optimaux.

 

Évolution de l’espérance de vie des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire

Malgré un taux de survie encore décevant, la mortalité liée au cancer de l’ovaire ne cesse de diminuer, passant de 33 % en 1990 à 47 % en 2015. On observe notamment une diminution de la surmortalité des femmes âgées (80 ans et plus) par rapport aux femmes plus jeunes, ce qui peut témoigner d’une meilleure prise en charge des patientes les plus fragiles.

L’avènement des thérapies ciblées, qui reposent sur des molécules alternatives à celles classiquement utilisées en chimiothérapie (traitement auquel les tumeurs ovariennes répondent souvent mal) apporte de nouveaux espoirs dans la lutte contre le cancer de l’ovaire.

Les essais cliniques débutés en 2020 avec le tramétinib offrent d’ores et déjà une meilleure prise en charge des cancers de l’ovaire récidivants, avec une espérance de vie sans récidive presque doublée, associée à une meilleure qualité de vie grâce à des effets secondaires moindres.

D’autres essais avancent sur l’utilisation du defactinib dans la prise en charge des tumeurs ovariennes de bas grade, qui pourrait permettre de stopper l’évolution du cancer durant près de 2 ans, voire de faire régresser la maladie.

Article écrit le 03/07/2023, vérifié par l'équipe médicale de l'Institut Privé de Radiothérapie de Metz
Modifié le 29/02/2024

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