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Le cancer de l’utérus, aussi nommé cancer de l’endomètre est une maladie à bon pronostic, qui offre d’excellentes chances de guérison lorsqu’il bénéficie d’une prise en charge adéquate. L’enjeu de l’efficacité de sa prise en charge réside en grande partie dans sa détection précoce, un facteur clef du succès des traitements. Une fois diagnostiqué, le cancer de l’utérus peut bénéficier de différentes alternatives thérapeutiques. Traditionnellement, sa prise en charge comprend une intervention chirurgicale, une chimiothérapie et une radiothérapie.

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Le cancer de l’utérus, qu’est-ce que c’est ?

Le cancer de l’utérus, est une tumeur maligne qui prend naissance à partir des cellules saines de l’endomètre, muqueuse recouvrant les parois de l’utérus. L’utérus étant un organe du tractus reproducteur féminin, le cancer de l’endomètre concerne exclusivement les femmes. On rencontre différents types de tumeurs de l’endomètre, dont la plus commune est le carcinome. Le cancer de l’endomètre est différent du cancer du col de l’utérus. La prise en charge de ces deux pathologies peut varier, et leur pronostic est également différent. En l’espèce, le cancer de l’endomètre présente de meilleures chances de guérison que le cancer du col de l’utérus, quoique ce dernier soit également de bon pronostic.

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Symptômes du cancer de l’utérus

Le cancer de l’utérus a tendance à évoluer silencieusement, notamment aux premiers stades de son évolution. Lorsqu’il atteint un stade plus avancé, il peut provoquer des symptômes peu spécifiques, tels que des saignements et écoulements vaginaux anormaux. À terme, l’état de santé général de la patiente peut se détériorer, ce qui engendre l’apparition de symptômes généraux, toujours peu spécifiques. Un affaiblissement général, de la fièvre, des douleurs ou des gênes au niveau de la région pelvienne, ou encore une perte de poids, sont autant de signes cliniques pouvant orienter vers un cancer de l’endomètre de stade avancé.

Cancer de l’utérus : stades et espérance de vie 

Avec un taux de survie nette à 5 ans de 83 %, le cancer de l’endomètre fait partie des pathologies à bon pronostic, c’est-à-dire présentant de bonnes chances de guérison complète ou durable. La majorité des tumeurs de l’endomètre sont diagnostiquées à un stade précoce de leur évolution (stades I et II), ce qui offre un taux de survie à 5 ans allant de 70% à 90%. À un stade plus avancé (stade 3), le cancer de l’utérus présente un taux de survie à 5 ans allant de 47% à 58% et, au stade 4 métastatique, le taux de survie à 5 ans va de 15 % à 17 %.

Taux de survie du cancer de l'utérus
Stade du cancer de l'utérus Taux de survie à 5 ans
Cancer utérus stade 1 et stade 2 70% à 90%
Cancer utérus stade 3 47% à 58%
Cancer utérus stade 4 métastatique 15% à 17%

Toutefois, il est important de noter que chaque cancer est unique, et que le pronostic de chaque tumeur de l’endomètre l’est tout autant. Le stade d’évolution de la maladie est loin d’être le seul critère à prendre en compte pour déterminer les chances de guérison de chaque patiente. Ces statistiques générales ne se vérifient donc pas dans tous les cas, et le pronostic de chaque cancer de l’endomètre doit également tenir compte du profil de chaque patiente, du grade de chaque tumeur et des traitements mis en œuvre. En règle générale, le cancer de l’endomètre demeure une pathologie qui se soigne bien, notamment parce que l’utérus est un organe offrant une grande marge de manœuvre pour réaliser un traitement chirurgical.

Taux de guerison cancer uterus

Traitements du cancer de l’utérus

Le traitement du cancer de l’utérus comprend habituellement une chirurgie radicale, associée à une chimiothérapie et à une radiothérapie. Toutefois, chaque protocole de traitement est élaboré au cas par cas et peut varier d’une patiente à l’autre.

La chirurgie constitue le traitement de première intention du cancer de l’endomètre. Une chirurgie radicale est habituellement privilégiée, et consiste à ôter l'utérus dans sa totalité (hystérectomie), ainsi que les ovaires et les trompes de Fallope (salpingo-ovariectomie). La salpingo-ovariectomie doit toutefois être discutée au cas par cas au regard du profil de la patiente autant que de l’agressivité de sa maladie. Chez la femme ménopausée, elle est volontiers pratiquée même en cas de cancer peu agressif et au stade précoce son évolution, des caractéristiques pourtant associées à un risque de récidive faible, car son impact sur la qualité de vie des patientes est moindre.

Pour cause, les ovaires des femmes ménopausées ne sont d’ores et déjà plus fonctionnels, et leur retrait n’a que peu de conséquences. Aussi, les bénéfices d’une ablation préventive sont hautement supérieurs aux inconvénients de l’intervention. Il en va différemment chez la femme préménopausée, chez qui le retrait des ovaires entraîne une ménopause précoce qui peut être difficile à vivre, tant sur le plan physique qu’émotionnel.

Dans ce cas, les ovaires peuvent être conservés lorsque le cancer se trouve à un stade localisé de son évolution et que le risque de récidive est faible. En cas de cancer de l’endomètre diagnostiqué à un stade avancé de son évolution, le traitement chirurgical peut s’étendre aux organes et tissus voisins de l’utérus (exentération pelvienne). Le traitement chirurgical permet ainsi d’ôter le maximum de tissus dans lesquels la présence de cellules cancéreuses est avérée ou suspectée, afin de réduire les risques de récidive du cancer pour obtenir une guérison complète et/ou de ralentir significativement l’évolution de la maladie. La chirurgie du cancer de l’utérus s’accompagne habituellement d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie. La chimiothérapie est un traitement systémique, qui complète efficacement l’action locale de la chirurgie en agissant dans tout l’organisme.

Ce cocktail de substances antitumorales est, en effet, administré par voie orale ou intraveineuse, et circule dans le système sanguin. La chimiothérapie peut ainsi détruire toutes les cellules cancéreuses de l’organisme, même lorsqu’elles sont impossibles à localiser. La chimiothérapie peut également être administrée seule, notamment lorsque la chirurgie n’est pas indiquée ou refusée par la patiente. Elle vise alors à ralentir l’évolution de la maladie et à soulager les symptômes du cancer. Dans la plupart des cas, la chimiothérapie est associée à une radiothérapie, ces deux traitements renforçant mutuellement leurs effets.

La radiothérapie du cancer de l’utérus

La radiothérapie est fréquemment utilisée pour traiter le cancer de l’utérus, notamment à titre de traitement adjuvant, c’est-à-dire en complément de la chirurgie pour réduire les risques de récidive. Dans ce contexte, la radiothérapie consiste à irradier la zone opérée afin d’éliminer les éventuelles cellules cancéreuses ayant pu survivre à l’intervention chirurgicale. L’objectif du traitement adjuvant est de réduire les risques de voir persister des cellules cancéreuses dans l’organisme pouvant être à l’origine du développement de nouvelles tumeurs locales ou distantes (métastases).

La radiothérapie peut également intervenir en amont de l’intervention chirurgicale pour réduire le volume de la tumeur de l’endomètre et faciliter l’opération. On parle alors de traitement néoadjuvant. Indolore et non abrasive, la radiothérapie peut habituellement être administrée à toutes les patientes, y compris aux personnes fragiles et/ou souffrant de comorbidités. Les séances ne durent que quelques minutes, au cours desquelles des rayons ionisants à haute énergie sont utilisés pour irradier la tumeur, soit depuis une source extérieure (radiothérapie externe), soit en passant par un implant interne placé au plus près de la tumeur (curiethérapie).

La patiente peut rentrer chez elle directement après chaque séance. Un traitement de radiothérapie se déroule habituellement au rythme de 5 jours par semaine durant 5 à 8 semaines. 

Les chances de guérison du cancer de l’endomètre sont relativement élevées au regard du pronostic d’autres cancers, plus agressifs et plus difficiles à traiter. En effet, les tumeurs de l’endomètre sont souvent diagnostiquées assez précocement pour mettre en œuvre des thérapies efficaces, d’autant que la nature de l’utérus permet d’avoir recours à un vaste panel d’armes thérapeutiques. Au contraire d’organes vitaux, l’utérus peut tout à fait supporter une chirurgie radicale, traitement très efficace contre les pathologies cancéreuses, sans altérer significativement la qualité de vie des patientes.

Les progrès de la médecine oncologique et l’apparition de nouveaux traitements pourraient toutefois permettre, dans un avenir proche, de privilégier les chirurgies conservatrices, moins lourdes, notamment pour les femmes préménopausées avec un désir de grossesse.

Article écrit le 01/12/2022, vérifié par Equipe médicale de l'Institut Privé de Radiothérapie de Metz

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