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Le choix de la technique de pose de la prothèse et notamment celui de la voie d’abord (c’est-à-dire l’ouverture faite par le chirurgien) est un des paramètres qui doivent être pris en considération lors d’une programmation opératoire.

La voie d’abord notoirement utilisée depuis la conception des prothèses de hanche il y a plusieurs décennies, est réalisée au niveau de la fesse et est appelée « voie postérieure ». Pendant l’opération le patient est installé sur son coté.  Cette technique de voie postérieure est applicable à tous types de pose de prothèse quels que soient l’âge, les différentes anatomies, et elle permet aussi les changements de prothèses. Elle amènera à des résultats satisfaisants dans la plupart des cas.

Toutefois, comme toute technique chirurgicale, elle peut exposer dans certains cas à des difficultés post opératoires notamment, entre autres, la possibilité de survenue de différence de longueur des jambes, et de déboitements de la prothèse (luxation).

Compte tenu de ces problématiques, Il a été fait ces dernières année promotion d’une autre procédure, Elle consiste à aborder l’articulation, non par l’arrière, mais par l’avant de la hanche. Elle a donc été logiquement appelée « voie antérieure ».

Cette possibilité, connue de longue date mais peu diffusée, a fait plus récemment l’objet de modifications spécifiques qui permettent de se faufiler davantage entre certains muscles pour intervenir. Elle a été qualifiée un peu abusivement de voie « où on ne coupe pas les muscles » laissant entrevoir aux opérés de grandes facilités de récupération. Dans les faits, il n’est pas établi que cette voie antérieure autorise des facilités de récupération supérieures aux voies postérieures. La récente publication du cahier d’enseignement de la Société Française de Chirurgie Orthopédique (SOFCOT), coordonnée par Le Pr MERTL, en atteste.

Mais la voie antérieure, à condition qu’elle soit réalisée sur table chirurgicale ordinaire, c’est-à-dire sans appareillage de traction (technique ASIA), offre certains avantages :

  1. Elle permet un contrôle visuel efficace de la longueur des jambes mais aussi un contrôle radiologique facile, pendant l’opération, qui permet de contrôler le positionnement optimal de la prothèse. L’opéré peut quitter la salle d’opération sereinement et ceci peut éviter de se retrouver confrontés à des implantations imparfaites de prothèses diagnostiquées sur des radiographies de contrôle   réalisées secondairement.
  2. Cette technique de voie antérieure permet, de manière tout aussi intéressante de contribuer également de prévenir les luxations de la prothèse, tout en privilégiant les composants en céramique chez des patients actifs et sans avoir recours à des prothèses rétentives en polyéthylène. En effet, elle laisse intact les muscles postérieurs qui stabilisent la hanche.
  3. On notera, en parallèle, qu’elle laisse une cicatrice plus discrète du fait de sa situation, qu’elle permet également de sécuriser l’opération en restant à distance du nerf sciatique qui chemine à l’arrière de l’articulation

La reprise d’appui sera immédiate.  Les consignes de rééducation sont spécifiques, sachant qu’elles sont très différentes de la technique « voie postérieure » et devront être appliquées en conséquence.

Dans le cadre d’une parfaite information, Il doit être précisé que ces arguments favorables ne doivent pas faire oublier que pour des raisons techniques, cette procédure par « voie antérieure », à l’opposé de la « voie postérieure », n’est pas applicable à toute personne. Elle reste contre-indiquée pour certaines anatomies. Elle nécessite par ailleurs une formation spécifique de votre chirurgien qui dans l’idéal doit pouvoir maitriser l’une ou l’autre des deux méthodes. Il prendra le temps de vous conseiller au mieux et ainsi de faire le choix de la technique adaptée à votre mode de vie et à vos particularités.

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