Dans le cadre de la semaine nationale du rein, la clinique Elsan s'est associée avec France Rein pour proposer un dépistage gratuit des maladies rénales. Son objectif est de permettre une prise en charge qui anticipe les traitements les plus lourds.

 

Le néphrologue André Tunda résume l’utilité de se faire dépister d’éventuels problèmes rénaux, ce d’autant que le mal est insidieux et indolore. « Notre spécialité est parfois mal connue alors que le rein est un organe très important. Il a une place capitale dans l'organisme. Les gens confondent parfois un mal de dos avec un problème rénal. Le rein élimine les déchets de l'organisme. Si on retire en ville les éboueurs on se rend vite compte de leur importance, le rein c'est pareil. Un rein malade peut avoir des conséquences sur d'autres organes ». Autant dire « que se faire dépister c'est gagner du temps de qualité de vie, cinq, dix, quinze ans, c'est important car après tout change », valide Dominique Thomas qui préside l'association France Rein région depuis Reims.

 

Surveiller sa tension

En plus du dépistage, il conseille « de surveiller sa tension, d'éviter le sel et de bien boire de l'eau » et évoque à la fois le développement de l'éducation thérapeutique et les actions pour rendre autonome le patient.

Derrière les maladies rénales, ce sont souvent des vies bouleversées et des aménagements : « la dialyse, c'est très fatigant et sur le plan psychologique c'est parfois difficile. Il y a un accompagnement de proposé. Les grandes difficultés sont professionnelles et familiales quand on entre en dialyse avec souvent une mise à l'écart au travail et parfois des familles qui se retrouvent dans le dur, sans compter les distances à parcourir », note Dominique Thomas.

 

140 dialysés

À ses côtés, Alexandre apporte son témoignage qui rappelle que les maladies peuvent être diverses et peuvent survenir à tout âge. Il a toujours vécu avec ce besoin de veiller à sa santé : « j'ai été dialysé dès l'âge de quatre mois et j'ai eu une greffe à 16 mois. J'ai été transplanté une seconde fois à 17 ans, le rein étant usé par les traitements qui ont bien évolué avec le temps », évoque le jeune homme qui a toujours en tête les donneurs. « Je vis normalement, en faisant attention à ma santé et en ayant un suivi tous les mois, un bilan annuel et bien sûr la prise des antirejet » ajoute-t-il.

S'ils plaident pour le don d'organe, ils mesurent « que c'est difficile pour les proches. Personne ne peut les blâmer pour un refus de don. Tout arrive subitement avec peu de temps pour choisir », concluent-ils, avec l'envie de continuer à mener des actions de sensibilisation, pour donner aux malades qui s'ignorent encore du temps avec des soins moins lourds.

Au niveau de la clinique Elsan de Chaumont, ce sont ainsi 140 personnes qui sont suivies en dialyse actuellement et près de 900 en consultation, preuve s'il en est de la nécessité d'anticiper afin de favoriser une prise en charge des personnes tant que leurs reins ne sont pas trop atteints. « C’est une question de santé et de qualité de vie pour la personne. C’est aussi une question financière car les traitements représentent une part importante pour l’assurance maladie », conclut Dominique Thomas.

 

© Chaumont - Dominique Bolopion - Mardi 2 avril 2019