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L’onco-cardiologie est une surspécialité émergente. Elle vise à prévenir ou à prendre en charge les maladies cardiovasculaires des patients atteints de cancer ou d’hémopathie maligne. Parce que nombre de traitements oncologiques ont potentiellement un effet délétère sur le cœur et les vaisseaux, la détection et la prise en charge précoce des patients souffrant de ces complications permettent d’améliorer leur santé globale et de faciliter la poursuite des traitements anti-cancéreux.

Des effets secondaires plus souvent diagnostiqués

En France, 4 millions de personnes auront survécu à un cancer en 2025. Grâce aux progrès constants dans la prise en charge des cancers, on a vu s’allonger l’espérance de vie des patients, et cette amélioration du pronostic a fait apparaître certains effets secondaires qui n’étaient que rarement constatés jusqu’à présent. En parallèle, de nouveaux traitements anti-cancer sont apparus et peuvent entraîner des complications cardiologiques non décrites jusqu’à présent, spécifiques de certaines nouvelles classes thérapeutiques. "A ces deux phénomènes s’ajoute le fait qu’aujourd’hui le cardiologue travaille en étroite collaboration avec les équipes d’oncologie, et évalue les patients régulièrement, ce qui permet de dépister plus fréquemment des évènements cardiovasculaires auparavant moins recherchés" explique le Docteur Géraud Delesalle, cardiologue, spécialisé en onco-cardiologie à l'Hôpital-Clinique Claude Bernard. Cœur et cancer, un rapport étroit Il existe une étroite relation entre système cardiovasculaire et pathologie cancéreuse.

En effet, certains facteurs de risque de l’un sont également des facteurs de risque de l’autre. De plus, l’inflammation causée par le cancer et les phénomènes en rapport direct avec le cancer, comme des métastases ou une compression d’organe, peuvent favoriser les affections vasculaires, artérielles ou veineuses.

Quelles formes de cardiotoxicités ?

La cardiotoxicité la plus classique reste celle des anthracyclines, avec le risque d'insuffisance cardiaque à plus ou moins long terme. Cependant cette cardiotoxicité est décrite avec d’autres molécules, et peut prendre d’autres formes que l’insuffisance cardiaque. "Citons par exemple les modifications de l’ECG, le risque d’arythmie, l'inflammation cardiaque, les atteintes des artères coronaires ou des valves cardiaques quelques années après une radiothérapie thoracique ou du sein gauche…"

Une prise en charge multidisciplinaire.

Il est donc primordial que le cardiologue soit au courant de la molécule utilisée et à quel moment du traitement, afin de réaliser
une bonne évaluation cardio-oncologique. "Attention, ces complications ne doivent pas freiner les patients à faire dépister ou traiter leur cancer. Au contraire, il faut retenir qu’on connaît de mieux en mieux les réactions cardiovasculaires dans ces contextes très spécifiques, et qu’on dispose de plus en plus de données permettant de faciliter leurs prises en charge" souligne t-il. "En parallèle d’un suivi auprès de l’oncologue, il faut donc faire régulièrement évaluer son cœur pour prévenir ou traiter ces évènements indésirables, ou s’assurer que tout va bien !"