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© Le Courrier Picard - 14/10/2021

Respectivement directrice des soins et infirmière à l'hôpital privé Saint-Claude, Françoise Leclercq et Alexane Niot se sont portées volontaires pour aider leurs collègues en Martinique durant 15 jours.

Elles racontent leur expérience.

Par Julien Gris

Employées à l'hôpital privé Saint-Claude, Françoise Leclercq, directrice des soins, et Alexane Niot, infirmière, se sont portées volontaires auprès de l'ARS pour renforcer les équipes médicales en outre-mer, au plus fort de l'épidémie de coronavirus. Le 13 septembre dernier, elles ont décollé pour 8 heures de vol, direction Fort-de-France, en Martinique.

Dès son arrivée, Françoise Leclercq a été sollicitée. « Je devais assurer une mission de coordination depuis l'hôtel où nous logions, aux Trois-Îlets. Je suivais 42 professionnels de santé arrivés de métropole : des brancardiers, des manipulateurs radios, des kinés, des infirmiers de tous services, il fallait identifier les compétences pour les orienter au mieux », détaille la responsable.

« Dès le deuxième jour, je faisais partie de l'effectif »

En lien avec la Sécurité Civile, elle se rendait trois fois par semaine dans les locaux de l'ARS martiniquaise. Des réunions, de nombreux appels pour tout organiser, y compris au-delà de l'aspect médical. « Nous nous occupions d'assurer le transport quotidien de nos collègues qui avaient une heure de car chaque jour, entre l'aller et le retour, et la logistique de l'hôtel, par exemple, veiller à ce que chacun ait bien son repas en partant travailler. »

Rompue aux Urgences saint-quentinoises, Alexane Niot s'est plongée dans de nouvelles habitudes, au surlendemain de son arrivée sur l'île. « J'étais au CHU de Martinique à Fort-de-France, la première journée en doublure avec une infirmière et dès le deuxième jour, je faisais partie de l'effectif », explique celle qui, à 25 ans, n'avait jamais vécu une telle expérience. « Dans la même journée, je pouvais aller au PMA puis basculer aux Urgences, qu'elles soient Covid ou non. » Ce PMA, c'est le Poste médical avancé, une configuration inconnue à Saint-Quentin. « C'est une tente à l'extérieur qui sert à faire le tri, on y prend connaissance du motif d'entrée, on fait les tests antigéniques et PCR, on prend les tensions, on prodigue les premiers soins, décrit-elle. Ça représente 250 entrées par jour, il ne faut pas avoir ses deux pieds dans le même sabot ! »

Si elle n'est pas intervenue en unité de réanimation, Alexane Niot a été en contact direct avec les patients Covid aux Urgences dédiées, elle a été marquée par le profil de ses patients. « Il y avait énormément de personnes de 30 ans, en situation instable, et qui se dégradaient, relève-t-elle. Là-bas, les familles vivent souvent ensemble, il peut y avoir jusqu'à 15 personnes et quand l'une est positive, ça fait boule de neige. Ce qui est frustrant pour moi, c'est que j'agissais à l'instant T, j'intubais le patient avant qu'il ne soit transféré en réa mais je n'avais jamais le suivi. »

Pour autant, l'infirmière et la directrice s'accordent sur les bénéfices de cette expérience. « Je ne pensais jamais vivre ça, cela m'a fait prendre beaucoup de recul par rapport au quotidien professionnel », résume Françoise Leclercq. Sa collègue approuve : « À Saint-Claude, rares sont les fois où on me déplace dans d'autres services et vendredi, je connaîtrai mon planning de novembre, constate Alexane Niot. Là-bas, ça fait six mois qu'ils apprennent leurs affectations au jour le jour. »

Chacune a repris ses fonctions à l'hôpital Saint-Claude. Elles y seront rejointes ces prochains jours par Hayat En-Attouh, leur collègue aide-soignante qui a pris le relais pour renforcer le CHU de Martinique durant deux semaines.

MME LECLERCQ