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22/01/2020
Retrouvez l'article du journal "20 Minutes" sur nos Urgences Mains
SANTE- L’hôpital privé Saint-Martin de Pessac a réalisé il y a quelques jours une intervention chirurgicale rare, avec la greffe d’une main sectionnée par une scie circulaire. Son service SOS Mains traite des milliers de blessures chaque année
- L’hôpital privé Saint-Martin de Pessac possède un service d’urgence spécialisé dans le traitement des traumatismes de la main, véritable référence au niveau régional.
- Ses équipes ont réussi il y a quelques jours une véritable prouesse chirurgicale avec la greffe d’une main sectionnée.
- Le quotidien de ces urgences, qui traite 12.000 patients par an, va des petites entorses ou fractures, aux traumatismes graves.
Ici, les patients sont particulièrement bien pris en mains. Aux urgences de la main de l'hôpital privé Saint-Martin de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux (Gironde), les interventions sont généralement délicates, et nécessitent une extrême précision.
La preuve avec cette prouesse réalisée mardi 7 janvier. Un homme de 70 ans, résidant en Dordogne, qui s'était sectionné la main avec une scie circulaire, a été amené aux urgences de Saint-Martin. Après une intervention chirurgicale de six heures, les équipes du Dr Sommier ont pu lui réimplanter sa main.
Une réimplantation nécessite de suturer artères, nerfs et tendons…
20 Minutes s’est rendu lundi à l’hôpital Saint-Martin. Valérie Siounath, responsable du service, revient sur cette opération si particulière. « Un patient qui s’ampute complètement une main, cela n’arrive pas très souvent, et la réussite de la réimplantation du membre est assez rare », insiste-t-elle. Il y en aurait moins de deux par an en France.
« Dans cette intervention, le membre amputé avait été sectionné net, ce qui n’est pas toujours le cas, et il était en bon état, explique la responsable. Cela a aidé à la réimplantation. » Il a fallu suturer les artères, les nerfs, les tendons et brocher l’os. « Des opérations qui s’effectuent au microscope, car dans la main on trouve de toutes petites artères et de tout petits nerfs. » Autre paramètre qui a participé au succès de la greffe : le patient est arrivé aux urgences « dans de bonnes conditions, grâce à l’excellente prise en charge du Samu de la Dordogne : il était bien calmé, et il n’avait pas beaucoup saigné. »
« Tout un parcours de soins au patient »
Le service SOS Mains de l’hôpital Saint-Martin a été créé il y a 19 ans. Il s’est installé dans cet établissement, en raison de son accessibilité et de sa proximité avec la rocade de Bordeaux. Si l’hôpital n’est pas le seul de la région à s’être spécialisé dans la prise en charge des traumatismes de la main – le CHU de Bordeaux l’est aussi – c’est aujourd’hui le plus important avec 12.000 patients traités par an. Ils viennent de la Gironde, mais aussi de tous les départements limitrophes.
Outre son équipe spécialisée de huit chirurgiens, quatre anesthésistes et 17 infirmières, l’établissement tire aussi sa force de la présence, juste en face, de l’Institut aquitain de la main, où s’effectuent les soins postopératoires et la kiné. « Cela permet d’offrir tout un parcours de soins au patient. »
Gare au couteau à huître
Le quotidien des urgences de la main, ce n’est pas que les gros traumatismes causés par les scies circulaires ou autres tondeuses. « Cela peut être une entorse du doigt ou du poignet, une fracture, ou des plaies causées par le bricolage, le jardinage ou la cuisine, énumère Valérie Siounath. C’est assez saisonnier : au printemps ce sont souvent des accidents avec des tondeuses, lors de gros coups de vent ce sont les tronçonneuses, et en hiver les blessures avec le couteau à huître, avec un pic lors des fêtes : à Noël, nous avons traité six patients dans la soirée. »
Et attention, le couteau à huître est retors. « Il peut amener des microbes au creux de la main, avec un risque d’infection, or les gens ne viennent pas systématiquement tout de suite aux urgences, des fois ils attendent trois ou quatre jours, lorsque la blessure commence à s’infecter. »
« Ce qu’il faut comprendre avec la main, poursuit Valérie Siounath, c’est qu’une plaie, même si elle paraît anodine, peut rapidement déboucher sur quelque chose d’important, car il n’y a pas beaucoup d’épaisseur et on peut facilement toucher un tendon ou un nerf. Donc une plaie de la main, doit être vue par un spécialiste. »
Ne jamais mettre un membre amputé directement sur la glace
Il faut aussi adopter la bonne attitude, dès la blessure. « Le premier réflexe quand il y a saignement est de faire un pansement, et s’il y a un membre amputé il faut le placer dans des compresses ou un linge, et ensuite dans de la glace, mais ne jamais le mettre directement sur la glace, sinon ça le brûle et ça l’abîme. Ensuite, il faut nous contacter, même si c’est juste pour avoir un avis médical. »
En cas de membre sectionné, la greffe ne prend pas toujours. « Selon les blessures, mais aussi la profession du patient, nous privilégions telle ou telle stratégie chirurgicale. Si la personne a une profession manuelle et qu’elle est à son compte, nous gardons toujours à l’esprit de lui faire reprendre son activité le plus rapidement possible. »
Et parfois, « la stratégie sera de ne pas remettre un doigt amputé, car la convalescence serait trop longue pour un résultat médiocre… »



