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La voix est produite au niveau du larynx, qui intervient aussi dans la respiration et la déglutition. Toute atteinte de cet organe peut donc modifier plusieurs fonctions à la fois. Dans le cancer du larynx, ces altérations varient selon la localisation de la tumeur et les traitements nécessaires. 

La prise en charge vise à obtenir un contrôle de la maladie tout en préservant au maximum les fonctions laryngées. Mais le traitement dépend des caractéristiques de la tumeur. Chaque dossier est discuté lors d’une RCP ORL.

Cancer du larynx, préserver la voix

Pourquoi le cancer du larynx entraîne-t-il des troubles de la voix ?

Les troubles de la voix figurent parmi les signes les plus fréquents du cancer du larynx, en particulier quand la tumeur siège au niveau des cordes vocales. La dysphonie résulte d’une modification de leur vibration, liée soit à la présence de la tumeur, soit à une altération de leur mobilité. 

Préserver le larynx permet de maintenir une respiration par les voies naturelles, une déglutition fonctionnelle et une voix utilisable, même modifiée. Les médecins cherchent donc à limiter l’impact du traitement sur la vie quotidienne des patients sans pour autant compromettre l’efficacité sur le cancer.  

Qu’est-ce que la préservation laryngée dans le cancer du larynx ?

La préservation laryngée regroupe les stratégies qui permettent de traiter un cancer du larynx sans ablation complète de l’organe. Elle peut reposer sur une chirurgie conservatrice, une radiothérapie exclusive ou une association de traitements. Cette option n’est envisageable que si le contrôle tumoral est satisfaisant. Elle dépend du stade de la tumeur, de sa localisation, de la mobilité laryngée et de l’absence d’extension profonde aux structures voisines. 

En cas d’échec, une chirurgie non conservatrice peut être proposée secondairement.  

Radiothérapie du cancer du larynx : glotte, sus-glotte et sous-glotte

La radiothérapie fait partie des options thérapeutiques fréquentes du cancer du larynx, avec des indications qui varient selon l’étage atteint. Dans les cancers glottiques précoces, la radiothérapie permet d’obtenir des taux de contrôle élevés, comparables à ceux de la chirurgie, tout en conservant une voix souvent proche de celle « pré-cancer ». 

Dans les localisations sus-glottiques ou sous-glottiques, l’irradiation inclut plus fréquemment les aires ganglionnaires cervicales, ce qui peut majorer les effets secondaires fonctionnels. Les techniques actuelles de radiothérapie conformationnelle et de modulation d’intensité permettent d’adapter les volumes irradiés à la tumeur, sans éliminer totalement le risque de dysphonie ou de troubles de la déglutition.  

Cancer du larynx : quand proposer une radiochimiothérapie concomitante ?

Les médecins de l’ICPN peuvent aussi proposer une radiochimiothérapie concomitante. Ce traitement est principalement proposé dans les formes localement avancées, notamment au stade T3, avec un objectif de préservation laryngée. Elle associe une radiothérapie à une chimiothérapie à base de sels de platine, les deux étant administrées simultanément. 

Cette stratégie peut permettre d’éviter une laryngectomie totale chez certains patients si l’état général autorise une chimiothérapie et si la tumeur ne présente pas de contre-indication particulière à une prise en charge conservatrice. En cas de réponse insuffisante, une chirurgie de rattrapage peut être indiquée.  

Dans quels cas faire une chirurgie du larynx partielle ou totale ?

La chirurgie peut intervenir à différents stades du cancer du larynx en fonction de l’étendue de la maladie. Une chirurgie partielle peut être proposée pour des tumeurs localisées. Il peut s’agir d’une cordectomie par voie endoscopique, d’une laryngectomie partielle verticale pour des lésions limitées à la corde vocale, ou d’une laryngectomie partielle horizontale sus-glottique selon la localisation tumorale. 

Ces interventions conservent la respiration par les voies naturelles et permettent une phonation, généralement altérée. La voix devient le plus souvent rauque ou voilée et l’intensité est variable selon l’étendue de la résection et les structures laryngées préservées. La laryngectomie totale est indiquée en cas de tumeur étendue, infiltrante, fixant le larynx ou en situation d’échec des traitements conservateurs. Elle entraîne une perte définitive de la voix laryngée et une respiration par trachéostomie.

Après une chirurgie partielle ou la radiothérapie, les cordes vocales deviennent plus sensibles. L’arrêt du tabac, la limitation des efforts vocaux prolongés et le respect des conseils orthophoniques participent à la préservation de la voix.

 

RCP ORL : comment choisir le traitement du cancer du larynx ?

Chaque dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP ORL) avec les spécialistes de l’ICPN. La discussion porte sur des éléments spécifiques : localisation de la tumeur (glottique, sus- ou sous-glottique), extension aux cartilages ou aux espaces laryngés, mobilité de la corde vocale et de l’articulation crico-aryténoïdienne, atteinte ganglionnaire, ainsi que l’état général et la capacité du patient à suivre un traitement combiné. 

Les conséquences fonctionnelles attendues, en particulier sur la voix, la respiration et la déglutition, font partie intégrante de l’analyse et l’équipe médicale va tenter de préserver autant que possible ces fonctions, sans compromettre le contrôle de la maladie. 

À l’issue de la RCP, une proposition de traitement est expliquée au patient lors d’une consultation afin de permettre un choix éclairé.

Questions Réponses sur la préservation de la voix dans le cadre d'un cancer du larynx

Peut-on conserver sa voix avec un cancer du larynx ?

Oui. Selon le stade et la localisation, des traitements conservateurs peuvent permettre de maintenir une voix fonctionnelle, parfois altérée.

La radiothérapie du larynx fait-elle perdre la voix ?

Non. Elle peut modifier la voix, de façon transitoire ou durable, mais elle permet souvent de conserver une phonation utilisable.

Quand faut-il enlever le larynx en cas de cancer ?

Une laryngectomie totale peut être indiquée en cas de tumeur très avancée, infiltrante ou après échec des stratégies conservatrices.

Comment parle-t-on après une laryngectomie totale ?

La communication repose sur des techniques de substitution, comme la voix œsophagienne, la voix trachéo-œsophagienne avec prothèse phonatoire ou le laryngophone + une rééducation orthophonique.

Article écrit le 18/03/2026, vérifié par l'équipe médicale de l'Institut de Cancérologie Paris Nord