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Les professionnels de l’unité de la clinique Saint-François démêlent le vrai du faux à l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité, hier.

Depuis mars 2020, l’hôpital de jour de la clinique Saint-François abrite une unité dédiée à la prise en charge des personnes souffrant d’obésité. « On parle d’obésité quand l’Indice de masse corporelle calculée en divisant le poids par la taille au carré, est supérieur à 30 », explique d’emblée l’équipe qui profite de la Journée mondiale de l’obésité, vendredi 4 mars, pour passer en revue des idées reçues sur cette pathologie « bien plus complexe qu’on ne le croit ».

L’obésité est une maladie
Vrai. « Quand une personne entre dans notre parcours obésité, on commence par parler santé et maladie avant d’évoquer la perte de poids », explique Céline Balourdet, diététicienne, qui insiste sur la nécessaire « approche multifactorielle » du problème. « On s’appuie sur quatre piliers : le suivi médical pour dépister les comorbidités, la gestion des émotions, la diététique et l’activité physique. »

Les régimes favorisent l’obésité
Vrai. « Un régime a pour effet d’abaisser le métabolisme de base. Le corps se met en instinct de survie et cherche alors à stocker car il est malmené », détaille Corinne Branson, infirmière. Les spécialistes préfèrent parler « d’alimentation équilibrée en nutriments » plutôt que de régime dont les « effets yo-yo sur le poids peuvent conduire, à terme, à l’obésité ».

La chirurgie est la solution efficace
Vrai et faux. La chirurgie n’est « pas magique », rétorque Céline Peronnin, psychologue. « Un geste chirurgical maîtrisé n’empêche pas un échec possible. Il faut une préparation en amont du patient qui doit notamment prendre conscience de l’engagement qu’il suppose, envers lui-même, sur le long terme. »

Un problème d’alimentation
Faux. « On ne peut pas réduire l’obésité au volet diététique. » Avec ses patients, la diététicienne travaille sur la prise en charge des carences nutritionnelles, sur l’équilibre et sur les conditions de prise des repas. Le but est « de conserver le plaisir dans l’assiette tout en respectant sa satiété ». L’équipe insiste également sur l’activité physique. « On commence par inciter à mieux bouger au quotidien, par de petites actions simples pour arriver à une activité plus intense de trente minutes par jour. »

La perte de poids doit être progressive
Vrai. Les patients fixent eux-mêmes leur « poids idéal ou poids de forme »,en lien avec les professionnels. L’équipe préconise une perte régulière, un à deux kilos par mois. « Les kilos ne sont pas venus du jour au lendemain. Il faut donc savoir être patient pour les faire disparaître. »

© Thierry Roulliaud, "Cinq idées reçues sur l'obésité", 5.03.2022