#Actualité médicale#Cancer du rein
27/03/2026
Clinique de Chaumont : séance de dépistage de l’insuffisance rénale chronique
Les symptômes de l'insuffisance rénale chronique (IRC), une maladie grave dont la prévalence est importante, apparaissent… quand « il est déjà trop tard », insiste le Dr Fouad Lebhour, chef du service de dialyse de la clinique de Chaumont. Sa prise en charge coûte cher. C'est dire s'il est urgent de se faire dépister. Mardi 17 mars, une journée de dépistage gratuit a été organisée.
Être en dialyse, c'est devoir faire appel à un traitement de suppléance pour assurer sa fonction rénale vitale. Trois fois par semaine, pendant trois à quatre heures. Un traitement éprouvant, et qui phagocyte le quotidien. Le service de dialyse dirigé par Dr Fouad Lebhour à la clinique de Chaumont est le seul « centre lourd » de Haute-Marne. Il assure également une activité de néphrologie intense. Dans le même temps, le Dr Lebhour pilote la néphrologie aussi au centre hospitalier de Langres. Son confrère le Dr Adel Ben Ahmed va également à Joinville pour donner des consultations avancées. Ce service de dialyse est « pilier » dans l'offre de soins et son responsable forme le vœu que la conception du nouvel hôpital ne l'oublie pas, d'autant que le chef de ce service de la clinique est conjointement impliqué dans l'activité hospitalière. Il compte deux néphrologues et un remplaçant, 22 infirmières, huit aides-soignantes, deux brancardiers, deux secrétaires et la cadre de santé Aurélie Pascaud. « La moyenne d'âge des patients dialysés est de 72 ans, ce sont en majorité des hommes. Nous accueillons naturellement des malades venus de toute la Haute-Marne, mais aussi de l'Aube, des Vosges et de Côte-d'Or », dit-elle.
Évolution « à bas bruit »
« L'insuffisance rénale chronique (IRC) est une maladie grave et un problème de santé publique », insiste le Dr Lebhour. « Elle évolue à bas bruit, donc sans aucun symptôme avant un stade avancé. Quand ses symptômes se manifestent, il est déjà trop tard ». Le praticien salue « le travail en étroite collaboration avec le CHU de Dijon pour les greffes ». Dans le même temps, « on encourage de plus en plus le recours à des donneurs vivants ».
Aujourd'hui, 145 patients sont dialysés dans le service de la clinique chaumontaise. Cinq ont bénéficié d'une transplantation en 2025, indique Aurélie Pascaud. Le temps d'attente d'une greffe est en moyenne de deux ans, précise le Dr Lebhour. Qui martèle que « le dépistage reste insuffisant ». Aujourd'hui, 7 à 10% de la population française est touchée. Les statistiques nationales qui plaident pour un dépistage sont éloquentes : en 2020, ils étaient 51 662 patients dialysés et 41 422 porteurs d'un greffon ; en 2022, on comptait 93 084 patients atteints d'une IRC en phase terminale, 10 975 nouveaux patients en dialyse, 3 356 nouveaux porteurs d'un greffon. À eux seuls, l' hypertension artérielle et le diabète sont des responsables majeurs de l'IRC à un stade terminal. Par ailleurs, il faut « bien s'hydrater et éviter l'automédication car il est des classes de remèdes qui sont susceptibles d'altérer les reins – comme les antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) – ou des herbes chinoises, qui peuvent entraîner une néphropathie ». Sans compter le tabagisme, délétère pour leur fonctionnement. Les sujets à risque sont les personnes âgées, les personnes diabétiques, et celles qui souffrent de pathologies cardio-vasculaires.
Les débuts d'une prise de conscience collective
L'IRC est aussi un enjeu de santé publique à deux titres, la prévalence de la maladie et le coût de sa prise en charge : le traitement de suppléance dépasse en France les quatre milliards d'euros au budget de l'assurance maladie – la dépense annuelle moyenne pour un patient dialysé est de 4,3M€, dont 3,6 M€ pour la dialyse.
Lueur d'espoir : les campagnes de sensibilisation – comme celle menée ces jours-ci -, l'implication des médecins spécialistes et de leurs confrères généralistes amènent les malades de plus en plus tôt chez des néphrologues. « Or, on peut traiter la maladie ou au moins ralentir son évolution vers la phase terminale », souligne le Dr Lebhour.
Ce début de prise de conscience collective commence ainsi à porter ses fruits. C'est heureux car les chiffres, têtus, font tourner la tête : « chaque année, il y a environ 11 000 nouveaux patients qui arrivent au stade terminal de l'IRC en France ».
© Fabienne Ausserre, « Insuffisance rénale chronique : le dépistage d'une maladie grave et un enjeu de santé publique », JHM, 16 mars 2026


