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Les techniques de "restauration vaginale" se multiplient. On vous dit tout

Combien de femmes souffrent en silence ? Combien de femmes osent parler de cette souffrance à leurs médecins ? Endométriose, sécheresse vaginale après les traitements de cancers hormono dépendants, ménopause, troubles post traumatiques de l'accouchement : les causes sont multiples et ont pour conséquence d'altérer la qualité de vie au quotidien.

Un sujet toujours sensible et des tabous qui perdurent malgré une meilleure prise en charge de ces troubles génitaux. "Ce n'est plus acceptable que les femmes souffrent. Elles méritent d'avoir une vie intime normale, concède le Dr Brice Gurriet, gynécologue-obstétricien à la clinique Bouchard à Marseille. Améliorer la prise en charge de ces femmes et leur proposer des solutions adaptées, c'est ce qui a poussé des médecins a créé, en 2014, le GRIRG, le Groupe de Recherche et Innovations en Restauration Génitale.

"La restauration génitale, c'est la manière d'aborder tous les troubles de la sphère génito-urinaire, lâche le Dr Gurriet. Et avec le GRIRG qui est une société savante, on essaie de croiser les savoir-faire et les connaissances de différentes spécialités pour innover et apporter de nouvelles approches thérapeutiques qu'elles soient chirurgicales ou non."

Et des solutions existent, permettant d'offrir, à ces femmes, une seconde vie. "Des nouvelles technologies de réparation et restauration sont apparues, ces cinq dernières années et bouleversent la prise en charge des troubles uro-vulvo- vaginaux non seulement liés à l'âge mais aussi chez la femme plus jeune après une chirurgie ou un accouchement, reprend le Dr Gurriet.

Parmi les techniques les plus prometteuses, il cite les injections d'acides hyaluroniques. "L'acide hyaluronique, a montré son efficacité en chirurgie esthétique. Elle est désormais proposée contre la sécheresse et l'atrophie du vagin. L'acide hyaluronique a une action de régénération, donc un effet hydratant."

Le lipofilling qui consiste à injecter des cellules graisseuses dans le tissu pour permettre d'améliorer la qualité de la muqueuse vaginale de façon naturelle donne de bons résultats.

"Il n'existe aucun risque de rejet ou d'effets secondaires. C'est une alternative pour traiter les cicatrices obstétricales (épisiotomies) douloureuses qui sont parfois très invalidantes."

Dernièrement, les lasers ont adapté leurs technologies pour le corps à l'application génitale avec de bons résultats notamment sur la correction de la sécheresse vaginale et les fuites urinaires.

D'autres méthodes arrivent comme les injections de plasma enrichi en plaquettes (PRP) et la radiofréquence avec des résultats intéressants.

Endométriose : sortir de la douleur
Maladie gynécologique douloureuse par excellence, l'endométriose qui touche une femme sur 10, a connu, elle aussi, une vraie révolution dans sa compréhension et dans sa prise en charge.

"Les patientes qui ont le double problème d'endométriose et d'infertilité sont mieux accompagnées, estime le Dr Jean-Philippe Estrade, gynécologue-obstétricien à la clinique Bouchard. Mais le vrai changement se traduit par une nouvelle approche thérapeutique "plus naturelle" dont se sont emparés les spécialistes pour éviter "le catastrophisme douloureux".

"Les patientes qui souffrent d'endométriose depuis très longtemps créent une hypersensibilisation cérébrale qui provoque des douleurs par ailleurs. Par exemple, au niveau du périnée, au niveau digestif ou encore articulaire, dit-il. De cette complexité, on arrive à s'en sortir petit à petit, à condition de décortiquer cette douleur aussi bien sur le plan physique que sur le plan psychologique."

Plusieurs pistes peuvent être envisagées, sans être forcément médicamenteuses. "La chirurgie est une option mais d'autres alternatives marchent bien. Par exemple, l'électricité haute fréquence par une application en deux ou trois cures soulage les patientes. Il y a aussi un traitement appelé"Tens". Le message électrique envoyé par de petites électrodes dévie la douleur du cerveau et permet ainsi aux patientes d'être soulagées. L'ostéopathie, l'acupuncture, la relaxation et toutes les thérapies manuelles, les méthodes de massage : ces méthodes font un peu catalogue mais on va les essayer en fonction de la personnalité pour les aider à sortir du cercle vicieux de la douleur de l'endométriose.

La souffrance en moins, les patientes se réapproprient leurs corps pour avoir une vie de couple normale. C'est le bénéfice secondaire du patient."

En décembre 2017, la Haute Autorité de Santé (HAS) a d'ailleurs reconnu l'intérêt de certaines médecines complémentaires dans le traitement de l'endométriose.

 

© La Provence - Florence Cottin - Lundi 30 septembre 2019

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