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Le Dr Annick Berquet, médecin anesthésiste à Valenciennes, est revenue lundi de Guadeloupe où elle a prêté main-forte face à une énorme vague de Covid. De nombreux patients jeunes, non vaccinés, sont gravement atteints.

« J'ai la sensation d'avoir quitté le navire dans la tempête », souffle Annick Berquet. Rentrée de Guadeloupe lundi, la médecin anesthésiste valenciennoise reprendra le travail ce mercredi à la Polyclinique Vauban. Avec la même énergie que celle qui l'a poussée à répondre à l'appel d'Olivier Véran, le 8 août. Le ministre de la Santé avait sollicité infirmiers et médecins pour aller soutenir leurs homologues de Martinique et de Guadeloupe , submergés par une vague de Covid-19 sans pareil. « Je n'ai pas hésité. Le mardi 10, j'étais dans l'avion ». Deux autres infirmières de la clinique Vauban (groupe Elsan), ont également rejoint les soignants de métropole volontaires pour cette mission. D'autres suivront

Des malades jeunes

Après huit heures de vol, Annick Berquet et ses collègues ont débarqué en Guadeloupe. Pour elle, direction le CHU de Basse-Terre. « La première image, c'est un service de réa où je me suis dit » Ils ont bien travaillé « . Ensuite, j'ai été marquée par le monde, beaucoup de monde, aux urgences ». De douze lits en réanimation le 10 août, le service passe rapidement à vingt-huit. « On a accueilli des gens jeunes, pas forcément avec beaucoup de comorbidités. Certains cependant ne se savaient pas atteints d'hypertension ou de diabète , résume Annick Berquet. Ils n'étaient pas vaccinés ».

« Faire preuve de pédagogie »

30 % seulement de la population a alors reçu une première injection. Pourquoi si peu ? Crainte du vaccin ; défiance envers le gouvernement français qui ne reconnaît pas la dangerosité du chlordécone (pesticide utilisé pour la culture de bananes qui a fait de nombreuses victimes) ; résilience, aussi, selon l'anesthésiste valenciennoise. « Il faut faire preuve de pédagogie… ». La voix d'Annick Berquet se trouble. Le médecin expérimentée évoque avec pudeur et émotion l'image de cet homme de 44 ans, solide comme un roc, père de cinq enfants. « Il était bien la veille. J'avais vu sa femme pour lui dire. Il est mort… ».

Le vaccin, sans le moindre doute

Alors, de retour à Valenciennes après quinze jours intenses à tous points de vue, Annick Berquet pose un regard sans concession : « Quand je vois les antivax vindicatifs au possible… Je n'ai plus l'énergie face à une telle bêtise humaine après avoir été confrontée à tant de morts et de désespoir en Guadeloupe. Les gens qui ne sont pas vaccinés vont le payer très cher ».

Annick Berquet reprendra le travail dès ce mercredi, à la clinique Vauban. Juste avant de quitter la Guadeloupe, un moment de calme.

Retrouvez la vidéo témoignage du Dr Berquet

©La Voix du Nord, le 24 août 2021

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