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Après trente ans de gynécologie obstétrique à Vannes, le Dr Hervé Fournis a accueilli son 5 000e nouveau-né, mardi dernier. Avec émotion, il raconte ses débuts et les immenses progrès de sa profession.

« 5 000 bébés ! Ça en fait des classes de maternelle », sourit Hervé Fournis. Ce chiffre n’a rien d’anodin pour ce gynécologue obstétricien de l’hôpital privé Océane. Ce sont tous les nouveau-nés qu’il a fait naître en trente ans de carrière à Vannes. Le fameux 5 000e est arrivé, mardi, lors de sa garde.

« Parfois, c’est tranquille, avec un ou deux accouchements dans la journée, et d’autres jours, il pleut des bébés », assure-t-il avec humour, avant de reprendre son sérieux pour évoquer sa longue carrière. « Ça confère une certaine expérience. On a plus de recul sur les choses, même si nous ne sommes pas toujours tranquillisés. »

Médecin de campagne

Chaque accouchement est différent vous dira ce professionnel. Il en sait quelque chose. Ses premières expériences remontent à l’âge de 11 ans. Si tôt ? « Oui, glisse le médecin en s’amusant de la réaction provoquée. Mon père était médecin généraliste de campagne. Nous avions une toute petite maternité à Tréguier, dans les Côtes-d’Armor, et la nuit, je l’accompagnai pour faire les accouchements. »

C’est ainsi qu’il explique sa vocation, pas peu fier de l’avoir transmise à ses deux filles. « L’une est gynécologue et l’autre infirmière puéricultrice. »

Formé au Centre hospitalier universitaire d’Angers (Maine-et-Loire), il se souvient encore de « l’ambiance particulière » de la « petite » maternité. « Il y avait une centaine d’accouchements par an avec les bonnes sœurs. C’était plaisant, mais les pratiques étaient très différentes. » C’était avant la péridurale. « On a commencé à la pratiquer efficacement en 1982-1983. Au début de mon internat, il y avait beaucoup de cris. Cette maîtrise de la douleur a tranquillisé les femmes. »

Les conséquences ont également été bénéfiques pour les équipes. « Nous sommes plus sereins pour prendre les décisions. »

Davantage de moyens et de techniques

L’obstétrique en a fait du chemin en quarante ans. Et pas seulement grâce à la péridurale. « Les moyens de surveillance des bébés pendant le travail sont devenus très performants, détaille-t-il. Nous avons également plus de moyens et de techniques pour faire face à l’hémorragie de la délivrance. » Cette complication peut être dramatique, « et c’est probablement ce qui fait le plus peur ».

Le Dr Hervé Fournis a quelques souvenirs tragiques en tête. Fausses couches, mort in utero, problème à l’échographie. « Ce sont des moments rares, mais difficiles », reconnaît-il sans s’étendre sur le sujet. Il préfère raconter les relations particulières tissées avec les patientes dont il a accompagné la Procréation médicale assistée (PMA). « Il y a une émotion particulière quand on accouche un bébé attendu depuis plus de dix ans. On a appris à les connaître, et on a suivi leur parcours. Ça crée des liens spéciaux. »

Tout comme le fait d’accoucher des femmes qu’il a lui-même mises au monde. « Ça arrive quelquefois ! » C’est son côté « dinosaure » du service. Tout comme le fait de monter en salle d’accouchement pour s’occuper de ses patientes. « Ça fonctionnait comme ça avant. Maintenant, c’est le médecin de garde qui se charge des accouchements. »

Lui continue de fonctionner à l’ancienne. Le privilège de l’âge. Et la retraite n’est clairement pas pour tout de suite. « Je pourrais déjà partir, mais ce que je fais me plaît. Je ne resterai pas encore dix ans, mais je m’y vois bien encore deux, trois ans. »

À 64 ans, le gynécologue obstétricien vannetais Hervé Fournis a accouché son 5 000e bébé depuis qu’il est arrivé à Vannes.

© Mélanie Bécognée, « Ce gynécologue a déjà fait naître 5 000 bébés », Ouest France, 30 Septembre 2021

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