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L'Institut aquitain de la main de la clinique Saint-Martin à Pessac, est centre de référence avec le CHU de Bordeaux. Il opère tous les traumatismes de la main, du bobo à l'amputation. Il y a vingt ans, l'équipe Saint-Martin créait le premier SOS Mains de la région.

Yvette, 68 ans est arrivée de Semussac près de Royan, il y a une heure, le ventre vide. Direction service chirurgie de la main à la clinique Saint-Martin de Pessac. Les Charentais maritimes ont laissé le soleil et les cèpes derrière eux, juste pour une après-midi. Il est 13 heures et Yvette va entrer en salle d'opération pour une arthroscopie du pouce. Dans la salle d'attente préopératoire, tandis que son mari est reparti chercher des champignons, Yvette tout sourire attend son tour. Vêtue de bleu comme une schtroumpfette, elle n'a pas peur.

« J'ai un problème de rhizarthrose du pouce droit, des douleurs telles que je n'arrive plus à pincer. Impossible d'ouvrir un pot de confiture, ou de cuisiner. Je n'arrive plus à jouer au piano et je l'ai vendu. C'est un tel handicap, que j'ai décidé de me faire opérer. La clinique de la main de Pessac est réputée, j'ai préféré faire le voyage. » À force d'antidouleurs, de nuits blanches le petit doigt a pris toute la place dans la vie d'Yvette. Le docteur Erle Weltzer qui va opérer Yvette, passe une tête par la porte de la salle d'attente « tout va bien ? La rhizarthrose est au pouce, ce que l'arthrose est à la hanche : le principe est le même, explique-t-il. On ouvre et on place une prothèse. Cela fait partie des interventions parmi les plus fréquentes, avec le canal carpien… »

Patient-debout, patient-couché

Jean-Claude, le brancardier arrive pour accompagner Yvette en salle d'opération. Côte à côte, ils avancent dans les couloirs, papotent sur le temps qu'il fait « cet été indien qui fait du bien » et voilà l'entrée du bloc. C'est ici que la patiente debout va se coucher toute seule sur un brancard, Jean-Claude borde la couette. Yvette a toujours le sourire. C'est au tour du médecin anesthésiste de prendre le relais, Jean-François Fiaud va réaliser une anesthésie locorégionale , seule la main et le bras de la patiente seront endormis.

« Certains mots réveillent des angoisses, je ne dis jamais “attention je vais piquer“ »

Un geste technique et précis, qui nécessite une collaboration passive de l'opéré, avec le moins de stress possible. Yvette va toujours bien, elle regarde la piqûre s'enfoncer dans son biceps sans la moindre appréhension. « En plus de la technique, il ne faut pas négliger l'accompagnement , remarque l'anesthésiste. Certains mots réveillent des angoisses, je ne dis jamais “attention je vais piquer“ par exemple, mais plutôt “on va commencer“. »

Dans quatre jours, le pouce sera opérationnel

Quatre ou cinq brancards sont occupés dans les box voisins. Tous déjà opérés, main bandée. Ils attendent pour rentrer chez eux. Maladie Dupuytren de la main , arthrose du poignet, kystes, blessures… Quant à Yvette, la voilà installée sur la table d'opération, cachée derrière un champ opératoire, dont seul son bras émerge. Et son pouce. Avec la délicatesse d'une griffe de chat, le chirurgien découpe la peau, puis les différentes couches de nerfs, de ligaments pour atteindre l'os du doigt qu'il sort de son fourreau de chair. Soit, une incision au niveau de la jonction entre le trapèze et le premier métacarpien. Pendant ce temps, Yvette répond aux questions, calme comme un bonze, toujours ce moral inébranlable.

L'articulation usée de l'os est nettoyée, qui va être remplacée par un implant prothétique, adapté. « On ne connaît la taille exacte de l'implant que sur la table d'opération, constate le chirurgien. » Après quelques coups de scie, des tours de vis comme chez le garagiste, la plaie sera refermée avec la même minutie. Après une heure en salle de réveil, où son mari viendra la chercher, Yvette sortira debout. Dans quatre jours, elle aura retrouvé l'usage de son pouce.

20 ans d'excellence et un exploit en 2020 L'Institut aquitain de la main et l'hôpital privé Saint-Martin (groupe ELSAN) ont fêté 20 ans d'excellence en chirurgie et urgences de la main. Un savoir-faire et un parcours qui ont fait de la clinique de la main une référence nationale de la chirurgie et de la prise en charge des urgences de la main. Pas loin de 15 000 interventions par an, réalisées par une équipe de 8 chirurgiens, 12 000 passages aux urgences, la plupart des cas concernent des artisans du BTP, des sportifs, des écaillers d'huîtres, du dénoyautage d'avocat au couteau (sic), des tailleurs de vigne armés de sécateurs semi-automatiques. En 2020, l'équipe de chirurgiens de l'Institut de la main a réussi l'exploit de prendre en charge, un Périgourdin en urgence qui venait de se sectionner la main entière accidentellement. Un succès, sachant que ce type d'opération est réalisé une ou deux fois par an en France. Les autres cliniques de la main, sont au CHU de Bordeaux, à Biarritz, à Limoges, à La Rochelle et à Angoulême.

 

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