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Dr Lucile de Bosschere, oncologue radiothérapeute à la clinique Océane et Catherine Noblanc, cadre de santé à la clinique.

Dr Lucile de Bosschere, oncologue radiothérapeute à la clinique Océane et Catherine Noblanc, cadre de santé à la clinique. (Le Télégramme/Stéphanie Le Bail)

Confinés à l’hôpital sans possibilité de visites, pour éviter les contaminations au Covid-19, des malades perdent toutes envies, même celle de se soigner. La clinique Océane s’est adaptée pour lutter contre ce « syndrome de glissement ».

Syndrome de glissement ? « C’est comme une dépression fulgurante », explique le Dr Lucile de Bosschère, oncologue radiothérapeute à la clinique Océane. « Sur des patients fragiles, un événement de santé va déséquilibrer leur vie d’avant. Subitement, ils ont une perte de repères. Ils ne trouvent plus de motivation et vont se laisser aller. Ça passe par le refus de se laver, de se nourrir, et cela peut aller jusqu’au refus de soins. Toutes les perspectives de vie qu’on leur présente sont interprétées négativement : ils voient tout en noir. Ce sont des manifestations psychologiques qui entraînent le somatique, que l’on voit particulièrement chez les personnes âgées et des malades en fin de vie ».

Les malades se sont retrouvés sans relations humaines, face à des soignants au visage masqué qu’ils ne connaissent pas bien.

Très lourd pour les soignants

Des manifestations vite survenues dans les services de médecine et d’oncologie dont les patients ne pouvaient pas rentrer chez eux, se retrouvant confinés à l’hôpital. À la clinique Océane, à Vannes, comme ailleurs, par mesures de précaution pour éviter des contaminations au Covid-19, les visites, celles des proches comme celles des bénévoles d’associations de soutien et des intervenants extérieurs, ont été suspendues le 17 mars, jour du début du confinement en France. « On est alors passé du tout au rien », constate le Dr de Bosschère. « Les malades se sont retrouvés sans relations humaines, face à des soignants au visage masqué qu’ils ne connaissent pas bien ».

« Beaucoup de patients ont été très tristes et ont présenté des signes du syndrome de glissement », indique la médecin. Les infirmières et les aides-soignantes ont été beaucoup plus sollicitées par les malades qui trouvent alors le moindre prétexte pour les appeler, qui les retiennent pour échanger et manifester leur mal-être. « C’est très lourd pour les soignants. En plus de leur travail habituel, ils voudraient trouver du temps pour tenter de les réconforter. Des personnes deviennent agressives », indique Catherine Noblanc, la cadre de santé du service.

Une visite par jour à heure fixe

Aussi, deux semaines après le confinement, le service a rétabli la possibilité d’une visite par jour.

C’est toujours la même personne qui vient à une heure déterminée, durant une heure. L’effet s’est immédiatement fait ressentir.

« C’est toujours la même personne qui vient à une heure déterminée, durant une heure. Elle se signale en arrivant, on lui remet un masque et elle se lave les mains. Les horaires sont différents dans les trois secteurs de manière à fluidifier le passage. L’effet s’est immédiatement fait ressentir ».

La clinique a aussi offert la télévision et le téléphone à tous les patients, ainsi qu’un magazine au choix.

 

La clinique Océane a bénéficié de dons de magazines invendus, une opération de solidarité organisée par Culture Presse, l’Union des commerçants de loisirs et de presse.

La clinique Océane a bénéficié de dons de magazines invendus, une opération de solidarité organisée par Culture Presse, l’Union des commerçants de loisirs et de presse. (Le Télégramme/Stéphanie Le Bail)

L’établissement s’est aussi penché sur le bien-être de ses soignants ; ceux-ci peuvent bénéficier des services de la sophrologue et de la kinésithérapeute.

Les établissements s’adaptent aux situations particulières des personnes en fin de vie. « Dans ces cas-là, les médecins autorisent d’autres visites, indique l’oncologue. Ce serait trop injuste et inhumain de laisser mourir une personne qui s’est battue contre la maladie, sans qu’elle puisse dire au revoir à ses enfants et ses petits-enfants ».

Source : https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/a-vannes-la-clinique-oceane-s-est-adaptee-pour-lutter-contre-le-syndrome-du-glissement-23-04-2020-12543116.php