Le cancer de la prostate est le deuxième cancer le plus commun chez l’homme. Chaque année en France on dénombre près de 57 000 nouveaux cas et on estime que parmi eux, 1 homme sur 4 en mourra. Mais alors comment le prévenir ? Les Docteurs Aude ZANGARELLI, Michel BERETVAS et Antoine DELAUME, chirurgiens urologues au centre UroPergo situé à la Polyclinique la Pergola ont répondu à nos questions sur le sujet pour nous éclairer. Voici leurs réponses.

A quoi sert la prostate ?

« La prostate est une glande, faisant partie de l’appareil génital masculin, située sous la vessie et en avant du scrotum. Elle est traversée par l’urètre, canal permettant l’évacuation des urines. En cas qu’à d’augmentation du volume de la prostate (on parlera alors d’hypertrophie de la prostate), l’urètre peut être comprimé provoquant des troubles urinaires.

"Schéma de la prostate"

Son rôle majeur est de participer, conjointement avec les vésicules séminales auxquelles elle est reliée, à la production et à la sécrétion du liquide séminale, un fluide nourrissant et véhiculant les spermatozoïdes qui compose le sperme. En effet lors de l’éjaculation la prostate vient se contracter pour permettre l’évacuation du sperme. »

Quels sont les hommes les plus touchés par ces maladies prostatiques ?

« Les hommes âgés de plus de 50 ans, qu’il s’agisse d’hypertrophie ou de cancer de la prostate. Il faut savoir qu’après 50 ans, chez beaucoup d’hommes, la prostate augmente de volume pouvant parfois, comme nous l’avons vu avant, provoquer des troubles urinaires. Mais ce qu’il faut retenir c’est que cette augmentation ou ces troubles urinaires ne signifient en aucun cas que vous avez le cancer de la prostate !

Il faut également prendre en compte des facteurs génétiques. On le sait, un patient dont certains membres de sa famille proche ont eu un cancer de la prostate aura inéluctablement plus de chance de développer à son tour un cancer.

Récemment, le cancer de la prostate vient d’être reconnu maladie professionnelle en cas d’exposition au Chlordecone, un pesticide très utilisé aux Antilles notamment »

Pourquoi, à la différence des cancers du sein ou colorectal, n'existe-t-il pas de dépistage de masse ?

« Il n’existe peut-être pas de dépistage de masse à proprement parlé mais il est fortement conseillé à tous les hommes, dès 50 ans, de procéder à un dosage annuel du PSA. Ce dernier peut être prescrit par le médecin traitant. Le dépistage n’est pas obligatoire mais doit être proposé à tous les patients de plus de 50 ans voire 45 ans en cas d’antécédents familiaux.

Le PSA (Prostate Specific Antigen) est une protéine naturellement et uniquement produite par la prostate. Ce dosage va pouvoir nous alarmer sur la présence potentielle d’un cancer ; les cellules cancéreuses de la prostate sécrétant cette protéine en plus grande quantité que les cellules saines.

Cependant, un taux élevé de PSA ne signifie pas automatiquement un cancer de la prostate ! C’est pour cela qu’il est préférable que le patient soit orienté ou se dirige vers un urologue afin de réaliser au minimum un toucher rectal, parfois une IRM et éventuellement des biopsies. »

Comment diagnostique-t-on alors un cancer de la prostate ?

« Le seul moyen d’affirmer avec certitude le diagnostic du cancer de la prostate est la réalisation de biopsies ! Rassurons les hommes, les biopsies ne sont pas systématiques. La décision de réaliser cet acte est pris en considérant un certain nombre de paramètres qui nous permettent de suspecter fortement la présence d’un cancer. Il s’agit du PSA, du volume prostatique, des antécédents familiaux, de la présence ou non de gêne urinaire, du résultat de l’IRM etc…

Ces différentes considérations permettent d’éviter de tomber dans un schéma de sur-diagnostic et donc dans le sur-traitement. L’objectif est de dépister au bon moment et non pas de procéder à des biopsies systématiquement ! Nous le savons la probabilité de chance de développer un cancer de la prostate augmente exponentiellement avec l’âge du patient c’est donc à nous de déterminer quand déclencher les traitements pour préserver le plus longtemps et au maximum la qualité et l’espérance de vie des patients. »

Quels sont les traitements possibles ?

« Une question complexe car il n’y a pas de modèle thérapeutique type en terme de traitement du cancer la prostate. Pour chaque patient nous serons amenés à définir, avec lui, un projet de soins personnalisé qui lui est spécifique. Ce dernier prendra en compte son état général, son espérance de vie, les résultats de ces différents examens, ses facteurs de risques ou encore le stade et le grade du cancer (déterminé grâce à la biopsie).

Si nous voulions résumer les possibilités de traitement, nous pourrions déterminer trois axes qui peuvent se croiser dans certains parcours :

- La surveillance qui passe par la réalisation régulière du dosage de PSA, du toucher rectal et éventuellement de biopsies de contrôle pour suivre l’évolution de la maladie.

- Le traitement curateur qui peut être la chirurgie (ablation totale de la prostate), la radiothérapie, la curiethérapie ou encore le Focal One (traitement par ultrasons). Le traitement sera choisi en fonction de différents critères.

- Le traitement « palliatif » dans le but de freiner la maladie ou en cas de maladie métastatique : il repose sur l’hormonothérapie, la chimiothérapie et la radiothérapie à visée antalgiques. »

Les campagnes de sensibilisation telles que Movember ont-elle un effet positif ?

« Oui, elles ne peuvent qu’être positives car l’on parle de la maladie publiquement et cela participe à démocratiser et lever les tabous sur cette pathologie. Les hommes sont alors plus enclins à se faire dépister.»

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