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Un parcours de soins en clinique est dédié aux joueurs du RC Vichy Rugby en cas de commotion cérébrale, depuis l’automne dernier. Lors de la prochaine saison, le club compte également former ses cadres au repérage des signes alarmants.

Le risque zéro n’existe pas. Sur les terrains de sport amateur, comme professionnel. Au rugby, comme dans d’autres disciplines. À tout moment, un choc au niveau de la tête ou du cou peut provoquer une commotion cérébrale avec des conséquences pouvant être graves.

C’est dans l’objectif de renforcer la vigilance collective au sein du club et le suivi de ses licenciés, que le RC Vichy Rugby, qui évolue en Fédérale 3, a pris contact avec la clinique La Pergola pour développer une filière de prise en charge de ses sportifs.

Opérationnelle depuis novembre 2023, elle permet à l’encadrement d’orienter les adultes et les adolescents vers l’unité de premiers soins de l’établissement pour « une évaluation par un neurologue 48 heures après un heurt, la réalisation d’examens d’imagerie en coupes à 72 heures et les consultations avec d’autres spécialistes si besoin », détaillent les partenaires.

Une filière pour accélérer le mouvement en quelque sorte, alors que des rugbymen ont déjà pu par le passé se tourner vers la cli‐ nique pour avoir un avis médical et lever un doute. « Une commotion cérébrale peut entraîner divers symptômes neurologiques comme l’irritabilité, les troubles du sommeil, les maux de tête, les troubles de la concentration, les vertiges », explique Nicolas Vitello, neurologue à Vichy et partie prenante dans ce protocole de suivi.

Ces signaux d’alarme peuvent être transitoires, mais « très impactants » pour des joueurs amateurs reprenant le cours d’une vie professionnelle après les entraînements et les compétitions. Et à ne pas prendre à la légère.

« Les commotions cérébrales à répétition peuvent entraîner des séquelles non réversibles », souligne Nicolas Vitello, qui évalue à une dizaine le nombre de rugbymen vus par les soignants de la clinique au cours de la saison 2023-2024 dont un cas grave. 

L’éviction sportive et professionnelle du sportif s’avère parfois nécessaire, afin de prendre du repos. « On veut rassurer, montrer que le risque de blessure existe comme dans tout sport de contact et qu’il est pris en considération », affirme François Sageot, président du RC Vichy Rugby, alors que la commotion cérébrale est un sujet préoccupant dans le milieu professionnel.

Pour le club amateur, il s’agit aussi de respecter la marche à suivre pour lever un éventuel carton bleu. Un nouveau carton, qui s’invite sur les terrains de rugby depuis plusieurs saisons, et permet à l’arbitre de suspendre un joueur venant de subir un choc. « Le joueur doit sortir du terrain, rappelle Aitor Ayala, directeur sportif du club. Et cette décision arbitrale est informatisée. » 

Durant plusieurs jours consécutifs, le rugbyman concerné ne peut pas rejouer ou s’entraîner sans un avis médical préalable. « Le protocole avec la clinique permet d’aller plus loin que l’aspect sécuritaire mis en place par la Fédération française de rugby pour tous les clubs », estime Maxime Forgeois, responsable des partenariats au RC Vichy Rugby. 

À la prochaine rentrée, la structure sportive envisage de former avec le neurologue les encadrants et les entraîneurs au repérage des signes initiaux de la commotion cérébrale, qui doivent mettre en alarme. « Il y avait déjà une démarche préventive, assure François Sageot. L’idée est de la renforcer dans cette logique d’amélioration continue au sein du club. »

© La Montagne, publié le 25 juin 2024, par Estelle DIssay

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