Pathologies cardiovasculaires : les jeunes ne sont pas à l’abri…
Le Parcours du Cœur a réuni autour de 150 personnes sur l’île de la Barthelasse ce dimanche 23 avril, pour une matinée sous le signe du sport, de la prévention et de l’information.
Organisé localement depuis 22 ans par les associations Cœur Santé Avignon et Cœur Diabète Amitié, avec le soutien de la Ville, le Parcours du Cœur s’est tenu dimanche sur la Barthelasse. 110 personnes se sont élancées sur les parcours de marche, marche nordique, footing et vélo, après l’échauffement en musique des étudiants du STAPS.
Sur les stands d’information, Cécile Lacote Roiron, cardiologue depuis 24 ans, en poste à la clinique Rhône Durance, tire la sonnette d’alarme : « Ma patientèle a 70 ans en moyenne, mais ça risque de rajeunir, à cause de la pénurie de médecins généralistes, qui orientent leurs patients chez un cardiologue en cas de risque, et de spécialistes. Depuis que j’exerce, la mortalité et la morbidité cardiovasculaire ont été réduites de moitié grâce aux progrès médicaux et aux traitements, alors que le diabète et l’obésité ont plutôt augmenté et le tabagisme n’a pas diminué. Si les progrès stagnent, que les gens ne sont plus dépistés, plus diagnostiqués et moins bien soignés à cause du manque de médecins, on risque de voir une remontée des pathologies cardiovasculaires dans les dix ans à venir. »
Tabac et obésité, les facteurs risque
Chez les moins de 40 ans, la première cause de maladies cardiovasculaires reste le tabac (9 fois/10), suivi par l’obésité. « Mais c’est souvent un cumul. Or, pour les maladies cardiovasculaires, les risques ne s’additionnent pas, ils se multiplient. Pour une personne qui cumule ces facteurs, le risque est exponentiel. »
Il est donc essentiel de faire de la prévention aux enfants, en leur rappelant les trois règles capitales : 0 cigarette, 30 mn d’activité physique quotidienne et 5 fruits et légumes par jour. « Les enfants d’aujourd’hui sont plus sédentaires, moins sportifs et l’on observe davantage d’obésité, qui augmente les risques de diabète, de cancers digestifs, de pathologies ostéo-articulaires, cardiovasculaires et psychiatriques. En cause ? Les écrans, en premier lieu. Ils ne sont plus connectés à leur corps mais à leurs consoles. Mais aussi notre société moins collective qu’avant. Tous les enfants devraient avoir deux à trois séances de sport d’une heure par semaine, avec une inscription en club, pour que ce soit un rituel, en plus des activités en famille et à l’école », préconise la cardiologue, qui regrette qu’il n’y ait plus assez de pédiatres pour éduquer à une alimentation équilibrée et que les diététiciennes ne mènent pas plus d’actions en milieu scolaire.
« Les enfants consomment trop de soda, de graisses et de sucre. » Autre danger pour les jeunes, « l’effet pernicieux des cigarettes électroniques aromatisées, qui créent une dépendance à la nicotine et sont une entrée dans le tabagisme, en particulier chez les filles, qui apprécient l’effet coupe-faim de la cigarette. Alors qu’avant, on observait un décalage de 10 ans entre les hommes (60-70 ans) et les femmes (70-80 ans) dans l’apparition des pathologies cardiovasculaires, que l’on attribuait à une protection hormonale naturelle, aujourd’hui cet écart s’est réduit à moins de 5 ans, principalement à cause du tabagisme des femmes, qui fument autant voire plus que les hommes. »
© Vaucluse Matin, publié le 24/04 par Marie-Félicia Alibert
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