Zoom sur le bloc nerveux périphérique
Le bloc nerveux périphérique, ou anesthésie locorégionale périphérique, est une technique d’anesthésie qui permet de n’endormir que la partie du corps qui va être opérée. Contrairement à l’anesthésie générale, le patient n’est donc pas totalement endormi. C’est une technique en pleine expansion surtout depuis l’arrivée des échographies. Elle est particulièrement indiquée pour la chirurgie de la main (canal carpien) ou du pied. Par le Docteur Hafidi, anesthésiste-réanimateur.
De nombreux avantages
En permettant de n’endormir que la partie du corps correspondant au site opératoire, le bloc périphérique est une alternative à l’anesthésie générale. Cela permet donc d’éviter les risques et les effets indésirables de l’anesthésie générale. Le geste chirurgicale est totalement indolore et on obtient un meilleur confort postopératoire : pas de douleurs, pas de nausées ou de vomissements, une fatigue moindre et une reprise alimentaire plus précoce. Les fonctions neurologiques, respiratoires et cardiovasculaires ne sont pas atteintes et cela est très bénéfique surtout pour les patients fragiles. C’est donc une technique de choix pour l’anesthésie ambulatoire.
Une réalisation précise
Le bloc périphérique est réalisé par le médecin anesthésiste. Le geste consiste d’abord à repérer par échographie les nerfs qui vont véhiculer la douleur du site opératoire : au niveau du creux axillaire pour la chirurgie de la main et de l’avant bras, au niveau du cou pour la chirurgie de l’épaule, au niveau du creux poplité (derrière le genou) pour la chirurgie du pied. Une fois le nerf bien repéré, on injecte une dose d’anesthésique local directement au contact du ou des nerf(s). Dans les 10 minutes qui suivent, une anesthésie complète du membre à opérer est obtenue et permet la chirurgie sans aucune douleur. Les effets de l’anesthésie sont plus ou moins longs : de 2 à 24 heures. Dans certains cas où la localisation par échographie s’avère difficile, le médecin anesthésiste va s’aider d’une technique alternative : la neurostimuation. Il s’agit d’envoyer de petites impulsions électriques au travers de l’aiguille au fur et à mesure qu’elle s’approche des nerfs jusqu’à obtenir une contraction involontaire des muscles. Cette stimulation est indolore.
Des risques mesurés
Toutes les anesthésies, même pratiquées dans les règles de l’art, comportent des risques. Les complications, communes aux anesthésies par blocs nerveux périphériques, sont principalement de 2 ordres :
- Des troubles respiratoires et cardiaques, des convulsions en cas d’injection accidentelle de l’anesthésique local dans un vaisseau, sont corrigés par des médicaments et une assistance respiratoire.
- Des lésions des nerfs par l’aiguille d’injection, par un hématome, par une infection ou par des médicaments injectés sont des complications extrêmement rares. Néanmoins, depuis l’apparition de l’échographie où on voit directement progresser l’aiguille en direction des nerfs, le risque de traumatisme direct des nerfs est quasi nul. La surveillance constante par l’anesthésiste pendant toute la durée de l’intervention permet de détecter et de traiter rapidement les complications.
Une sédation complémentaire
Le patient étant conscient pendant le geste, peut redouter d’entendre ou de voir l’intervention. Il faut savoir que le patient est toujours séparé du champ opératoire par un champ stérile.
De plus, une sédation est systématiquement associée au geste opératoire pour permettre au patient d’être détendue voire de somnoler pendant l’intervention et par la même, de ne quasiment pas se rendre compte du geste en cours.
