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Dr VuongInterview du Dr Vuong – Urologue à Saint-Augustin depuis 2021

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous investir dans le projet Green Bloc et sa dimension écologique au sein de la Clinique ?

L’écologie est une question d’actualité qui touche tout le monde et tous les secteurs d’activité sont concernés, notamment le domaine de la santé. Étant le plus jeune du Groupe Urologie St Augustin, je suis aussi le plus attentif à ce sujet.

J’ai été sensibilisé aux particularités de l’écologie au sein du bloc opératoire il y a plusieurs années, suite à la lecture de quelques articles et après discussion avec quelques proches qui s’intéressaient déjà à ce sujet.  J’ai ensuite été amené, au cours de mon internat au CHU de Bordeaux, à faire quelques formations là-dessus et à aborder certains sujets d’écologie au bloc opératoire.

Enfin, je me suis rendu compte que la clinique avait déjà lancé plusieurs projets en lien avec le développement durable et que la direction était assez demandeuse de praticiens pour faire le relais entre l’administration et le personnel ou pour lancer certains projets autour de la thématique écologique. Je me suis donc porté volontaire pour travailler sur ce projet Green Bloc.

 

De quelle manière vous êtes-vous particulièrement investi dans la thématique « Green Bloc » au sein de l’établissement ?

Ça commence dès la consultation, puisque nous avons mis en place un système de recyclage du papier à l’échelle du cabinet. Ensuite les deux autres champs d’action sont le bloc et le service.

Au bloc, nous avons mené une première étape de sensibilisation à l’écologie via un questionnaire réalisé avec l’aide de Medtronic et dont l’objectif était d’évaluer l’implication et la sensibilité du personnel de bloc au développement durable.

Finalement, ce questionnaire a surtout permis de voir que les informations étaient plus ou moins bien transmises aux personnels soignants.

 

Comment s’est passé l’élaboration du questionnaire ?

J’ai été mis en relation avec Medtronic pour lancer ce projet, ils avaient créé une trame initiale et j’ai corrigé quelques points. La collaboration avec eux était très bonne. Ils ont été très efficaces et très disponibles en visio ou par téléphone. Nous avons pu construire le questionnaire ainsi.

Par la suite, le questionnaire a été mis à disposition du personnel en plein mois d’août, ce qui n’était peut-être pas le plus logique, nous avions défini une période d’étude qui n’était peut-être pas la meilleure.

C’était important d’avoir une personne relais au sein du bloc pour inciter les personnels à répondre, parce que sur certains autres établissements  -  4 centres ont participé à l’étude -  cela a été beaucoup plus difficile car il n’y avait personne pour relayer l’information.

Ces projets-là ne peuvent pas se déployer avec juste un affichage dans la salle de détente du bloc, personne ne le verrait, il faut des référents qui maintiennent un degré d’implication et un échange avec les décisions prises en réunion et ce qui se passe sur le terrain. L’avantage c’est que l’écologie ça parle à beaucoup de gens, et ils ne sont pas du tout réfractaires quand on commence à leur en parler.

Ce questionnaire a également permis de prendre le pouls du bloc et de comprendre si cette structure est actuellement organisée pour pouvoir développer ça. Les personnels nous ont dit qu’ils étaient prêts globalement à nous accompagner, nous aider, qu’ils souhaitaient s’investir un peu plus et qu’ils voulaient être informés des différentes mesures, il y avait le terreau propice à ça. On voit qu’on a une marge de progression et d’implication de tout le monde qui est très intéressante et stimulante.

Les résultats ont été traités, analysés. Il sera intéressant de réévaluer ce questionnaire dans quelques années pour voir si les choses ont changé et pour constater les bénéfices de ce que l’on fait actuellement.

 

Vous sentez qu’il y a un réel attrait par rapport à ces sujets environnementaux ?

bloc Oui bien sûr, il y a à la fois un attrait parce que dans leur vie de tous les jours les gens sont tous sensibles à ça, et ensuite il y a une petite frustration ; le fait que les personnels font une dichotomie complète entre leur vie personnelle où ils font le tri des déchets, etc, et leur travail où l’écologie semble moins importante. Par exemple, à la maison cela nous parait évident d’éteindre la lumière quand on quitte une pièce, à l’hôpital cela ne nous choque pas d’avoir tous les ordinateurs ou les climatisations allumés. Et l’objectif c’est de ramener cette fibre écologique sur le lieu de travail parce que oui, on peut à la fois travailler et faire des économie d’énergie et de matériels.

Le bloc opératoire est un endroit où il y a beaucoup de déchets, c’est pour ça qu’il y a un très fort attrait des équipes et qu’on les stimule parce que si on ne leur en parle pas, ils sont concentrés sur leur travail et ils ne vont pas spontanément le faire. Mais quand on leur demande de répondre à des questions sur le sujet, ils le font avec plaisir. Avec cette frustration un peu d’avoir la sensation de ne pas faire assez. Et je pense que c’est à nous, au comité green bloc, de communiquer au maximum là-dessus, de parler de ces actions, parce que je pense que ça induit une certaine satisfaction des équipes.

Ça ressort dans le questionnaire d’ailleurs, cette envie de faire de l’écologie et le côté « mon travail m’empêche de le faire », alors que l’on peut concilier les deux, il faut vraiment que tout le monde l’intègre. On considère que de fait l’activité de soin et de bloc est énergivore et non compatible avec une démarche écologique alors qu’en fait il y a des petites choses simples à mettre en place.

 

Comment peut s’opérer le changement de pratiques justement selon vous ?

C’est ce que l’on a déjà initié, il y a différents axes, le tri c’est très simple, et c’est aussi reproduire ce qui est fait dans la société extérieure, en venant l’intégrer dans notre activité de bloc opératoire. C’est sûr que l’on a une énorme consommation de matériel, d’usage unique et c’est quelque chose dont il va falloir discuter, notamment au niveau des laboratoires.

Le fait de montrer de petites actions et de mettre en avant les efforts réalisés va amener à d’autres initiatives au fur et à mesure. Le champs d’action est vaste, il y a le côté anesthésique avec la limitation de l’utilisation de certains gaz par exemple, parfois c’est juste du matériel mais parfois cela concerne la structure même de l’hôpital. Parfois c’est aussi les habitudes des chirurgiens qu’il faut changer et qui sont difficiles, donc on sait que tout ne se fera pas du jour au lendemain.

Mais ce qui est bien c’est que le retour est positif et on voit les choses progresser au fur et à mesure, on augmente en communication et en actions et c’est très satisfaisant même si tout n’est pas encore palpable.  Nous ne sommes qu’au début et c’est la phase où l’on voit le plus de choses se faire donc c’est très rassurant car c’est aussi la phase où il faut embarquer un maximum de personnels et les impliquer, c’est un enjeu collectif.

 

Pensez-vous que les jeunes soignants ont cette sensibilité à l’environnement ?

Oui et ça peut également être un facteur d’attractivité. On sait que c’est compliqué de recruter des soignants donc donner une image verte et démontrer une volonté de se « verdir » ne peut être que positif. En plus cela donne un objectif commun, une logique d’équipe, de groupe, ça facilite la communication entre les médecins, les infirmiers, les anesthésistes, les chirurgiens. Si on peut maintenir le sens du soin avec cette logique environnementale on aura tout gagné.

L’écologie par la santé est une évidence, il y aura de plus en plus de maladies si on continue à vivre dans un environnement climatique qui est moins bon. Soigner des maladies que nous créons par les dépenses d’énergies liées aux soins est un cercle vicieux. Donc on doit montrer que nous sommes capables de concilier les deux.

 

Est-ce que l’utilisation de robots, comme vous pouvez le faire en urologie, reste en cohérence avec cette logique environnementale ou ce n’est pas vraiment compatible ?

prostateCe sont des technologies, donc forcément il y a une dépense d’énergie inhérente, il y a également des règles d’hygiène qui nous obligent à utiliser du matériel à usage unique, en plus d’une logique un peu commerciale de l’entreprise qui vend le robot, au niveau des consommables et qui apporte un peu d’obsolescence programmée sur leurs instruments, donc effectivement cela a un coût écologique. Mais dans cet exemple, la balance entre le soin et l’écologie penche quand même en faveur du soin.

Il y a de plus en plus de robots concurrentiels qui arrivent sur le marché donc l’image écologique du laboratoire va peut-être devenir un facteur de décision. Sur l’endoscopie par exemple, les instruments que l’on utilise pour aller voir dans l’urètre et dans les reins, sont des instruments assez fragiles qui se cassent souvent et nécessitent beaucoup de maintenance. Donc les laboratoires ont développé des urétéroscopes à usage unique qui sont de bonne qualité mais que l’on utilise par définition qu’une seule fois et qui représentent un coût à la fois financier mais aussi écologique. L’usage unique est un gros souci à ce niveau-là, il faut trouver un juste milieu, peut-être ne l’utiliser que pour certaines procédures à risque de casse élevé. C’est une vraie réflexion et responsabilisation sur l’utilisation et les choix au quotidien de matériel.

Dans notre métier de chirurgien, il faut désormais intégrer cette dimension écologique, que l’on connait personnellement mais pas forcément dans notre vie professionnelle et qui n’est pas très diffuse, nous ne sommes pas encore assez sensibilisés à ça.

 

Pour vous, peut-on parler d’écoconception des soins ?

Il y a deux logiques d’écoconception, pour ma part c’est de dire plus globalement est-ce que l’on doit tout le temps tout soigner. On a une problématique démographique, il y a un débat sur la fin de vie qui n’est pas complément déconnecté du sujet. Il faudra se poser les bonnes questions, faut-il limiter certains soins, etc, mais c’est difficile car cela touche à d’autres sphères spirituelles et religieuses notamment.

Aujourd’hui on voit une responsabilisation par rapport aux soins, qui commence à être demandée par les patients eux-mêmes, qui y sont sensibles. Notamment par rapport à la numérisation des données, beaucoup nous reprochent d’avoir encore des CD’s et des imprimés papiers. Mais on peut forcément faire mieux puisque l’on part de rien !

Donc la première étape est de rendre les soins plus verts, et une fois que ce sera le cas se poser la question de savoir s’ils sont nécessaires. Ce ne sera pas simple mais ce sera inévitable.

Globalement, je trouve qu’il y a une belle dynamique au sein de la Clinique Saint-Augustin, tout cela est très positif et bienveillant. Nous sommes nombreux à vouloir bien faire et mieux faire en terme d’écologie.

 

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