Infirmière : qu’est-ce que la pratique avancée en cancérologie ?
La pratique avancée est l’accroissement de l’expertise métier et l’acquisition de compétences médicales spécifiques liées à ses mentions de diplôme, permettant de gérer des situations cliniques complexes en plus grande autonomie. Les compétences de l'infirmière ou infirmier en pratique avancée s’exercent en lien avec un médecin, en équipe de soins coordonnée par un médecin ou en assistance d’un spécialiste. Elles recouvrent :
- des activités d’orientation, éducation, prévention ou de dépistage.
- des actes d’évaluation et de conclusion clinique, techniques et de surveillances cliniques et paracliniques.
- des prescriptions de produits de santé non soumis à obligation de prescription médicale, d’examens complémentaires et de renouvellements ou adaptations des prescriptions.
✍️ À noter : les infirmiers sont les premiers à bénéficier des décrets permettant cet exercice : décrets n°2018-629 du 18 juillet 2018 et n°2019-835 du 12 aout 2019.

Quel niveau d'étude pour être infirmière en pratique avancée (IPA) ? Diplôme
Pour devenir IPA, l’infirmier doit suivre une formation dispensée sur 2 ans avec un tronc commun la 1re année et une spécialisation la 2e année (mention). Cette formation fait l’objet d’un diplôme d’Etat de niveau Master. Pour pratiquer, l’IPA doit avoir une expérience d’exercice infirmier de minimum 3 ans.
Définition : quel est le rôle d'une infirmière en pratique avancée (IPA) ?
Définition du Conseil international des infirmières « L’infirmier exerçant en pratique avancée est un infirmier diplômé (diplôme d'Etat) qui a acquis des connaissances théoriques, le savoir-faire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de sa profession. Les caractéristiques de cette pratique avancée sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmier sera autorisé à exercer. »
Objectif de la pratique avancée, missions
La pratique avancée vise un double objectif :
- améliorer l’accès aux soins ainsi que la qualité des parcours des patients en réduisant la charge de travail des médecins sur des pathologies ciblées dans ces spécialités : pathologies chroniques, oncologie et hémato-oncologie, maladie rénale chronique, psychiatrie et santé mentale, urgences.
- en outre, la pratique avancée favorise la diversification de l’exercice des professionnels paramédicaux et débouche sur le développement des compétences vers un haut niveau de maîtrise.

Formation : focus sur l’IPA mention Oncologie et Hémato-oncologie
Depuis le 27 novembre 2023, le Centre d’oncologie de Gentilly a accueilli une IPA pour la prise en soin de leur patientèle. Les patients lui sont adressés par les oncologues et les radiothérapeutes après explications de son rôle et accord du patient. Leur collaboration est cadrée par un protocole d’organisation.
A ce jour plusieurs missions lui sont déjà dévolues
Personnalisation et sécurisation du parcours de soin
Il «favorise la tolérance et l’observance aux traitements »
La première prise de contact avec l’IPA débute par une consultation holistique, lors de laquelle l’IPA réalise une anamnèse et une évaluation globale du patient. Le dépistage des fragilités sociales, diététiques et psychologiques du patient permet une mise en place précoce des soins de support.
Des consultations d’initiation au traitement
Le « patient acteur de sa prise en charge »
Lors de l’instauration d’un traitement, l’IPA explique au patient les modalités de prise et les précautions d’administration du traitement, le rythme et le type de surveillance. Les effets secondaires sont listés et expliqués. Des recommandations et conseils sont délivrés au patient pour l’aider à les détecter, apprécier le niveau de gravité et mettre en place des stratégies pour les gérer.
Des consultations en alternance
Temps médical libéré »
L’IPA réalise des consultations de suivi en alternance avec les oncologues/radiothérapeutes de patient sous chimiothérapie (orale et IV), immunothérapie, thérapie ciblée et hormonothérapie. Lors de ces consultations, l’IPA réalise un interrogatoire et un recueil des effets secondaires, ainsi qu’un examen clinique. En fonction des éléments recueillis, l’IPA renouvelle la prescription de traitement anticancéreux du patient, avec modification de posologie si besoin. Le tout en totale autonomie. Les examens de suivi et de dépistages nécessaires au suivi du patient sont également prescrits par l’IPA. Au terme de sa consultation, l’IPA réalise également des courriers médicaux à destination des professionnels des différentes spécialités inclus dans le parcours du patient.
Des consultations de renforcement de suivi
Une « personnalisation de la prise en charge »
Pour les patients les plus fragiles (personnes âgées, polypathologie, tolérance difficile, isolement social…), la mission de l’IPA est de renforcer le suivi du patient par le biais de consultations supplémentaires en présentiel ou par téléphone. Des temps d’échange avec les aidants sont également organisés pour aider la famille à comprendre la maladie et le traitement. Mais également pour adapter les aides et/ ou les conditions de vie du patient. La faisabilité du traitement peut également être évaluée avec la famille et le patient lors de ces échanges.
Coordination ville-centre d’oncologie
« une disponibilité supplémentaire pour les professionnels de ville et les patients »
En travaillant en lien direct avec les oncologues et les radiothérapeutes, l’IPA est un professionnel supplémentaire pour répondre aux doléances inter consultation des patients et des professionnels de ville.
Plusieurs axes d’implantation à venir
Par la suite, les médecins du Centre d’oncologie et Gentilly souhaitent étendre les missions de leur IPA.
Plusieurs axes sont en discussion :
- Rôle dans la recherche et les essais cliniques : les IPA sont progressivement inclus dans le suivi des patients bénéficiant d’essai clinique.
- Renforcement de la coordination du parcours patient : création d’un suivi IPA-patient lors de l’arrêt des traitements de chimio au profit de la phase de chirurgicale afin de garder un lien et favoriser la coordination des soins.
- Suivi fin de traitement : notamment dans le cancer du sein avec une évaluation de la qualité de vie, l’évaluation des douleurs post-traitement, aide à la réinsertion professionnelle….
IPA, un métier innovant et en plein développement
Il n’existe pas une seule façon d’intégrer une IPA. Chaque mise en place dépend des besoins et des demandes des professionnels qui franchissent le pas de cette collaboration. Mais dans tous les cas, son implantation est une plus-value dans la prise en soin du patient.
Article issu de la Lettre Cliniques Info du Grand Nancy no 3 Février 2024.
Vos questions fréquemment posées :
Comment devenir infirmière ? Quel les sont les études pour devenir infirmière ? Combien d'années ?
Pour devenir infirmière ou infirmier, il faut suivre 3 années d'études après le bac, précise l'Onisep. Cette formation permet de préparer le diplôme d'Etat d'infirmier-e qui est indispensable pour exercer. Pour s'inscrire, on peut déposer un dossier via Parcoursup ou en passant des épreuves pour les personnes qui suivent un cursus de formation professionnelle continue.
