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Le cancer du poumon inclut différentes tumeurs malignes qui se forment à partir des bronches ou du tissu pulmonaire. En 2023, la France a enregistré plus de 52 000 nouveaux cas. L’incidence de la maladie diminue légèrement chez les hommes, mais elle ne cesse de croître chez les femmes. 

Cette pathologie est la cause principale de mortalité liée au cancer avec approximativement 30 000 décès chaque année du fait d'un diagnostic fréquemment tardif.

Les différents types de cancer du poumon

Qu’est-ce qu’un cancer du poumon ?

Les poumons sont responsables des échanges de gaz entre l'air et le sang : ils absorbent l'oxygène et expulsent le dioxyde de carbone. Quand des cellules bronchiques ou alvéolaires deviennent anormales, elles se multiplient et créent une tumeur. Ces cellules irrégulières peuvent ultérieurement endommager les tissus environnants puis affecter d'autres organes. 

Le cancer bronchique est une prolifération incontrôlée de cellules dans le poumon. Cette maladie constituait 10 % du total des nouveaux cancers diagnostiqués en 2023. Il y a eu de nombreuses avancées dans le traitement, néanmoins son pronostic reste défavorable en raison de sa fréquente détection à un stade avancé.

Les métastases pulmonaires ne constituent pas un cancer du poumon primitif : elles traduisent la diffusion d’une autre tumeur comme celle du sein ou du côlon. Le traitement est alors celui du cancer d’origine.

Quelles sont les causes du cancer du poumon ?

Le tabac est responsable d’environ 80 % des cas. Le tabagisme passif augmente également le risque même pour les non-fumeurs. La durée d’exposition est déterminante : fumer longtemps, même peu, resterait plus nocif qu’une consommation courte et intense. D’autres facteurs peuvent intervenir :

  • Expositions professionnelles : amiante, chrome, arsenic, fumées de soudage (env. 15 % des cas)
  • Radon, gaz naturel radioactif présent dans les sols granitiques, impliqué dans 10 % des cancers pulmonaires
  • Pollution atmosphérique : les particules fines et les gaz issus du trafic routier sont classés cancérogènes certains
  • Consommation de cannabis, dont la fumée contient davantage de goudrons et de monoxyde de carbone que celle du tabac
  • Alimentation pauvre en fruits et fibres, associée à une hausse du risque bronchique
  • Prédispositions génétiques, notamment des mutations des gènes EGFR ou TP53, plus fréquentes chez les non-fumeurs.

L’équipe de l’Institut de Cancérologie Paris Nord - ICPN rappelle que de nombreux cancers pulmonaires résultent d’interactions multiples entre facteurs environnementaux, professionnels et comportementaux, ce qui explique la variabilité des formes observées d’un patient à l’autre.

L’association tabac + radon multiplie le risque par 20 (INCa). La prévention passe d’abord par l’arrêt du tabac et la surveillance des logements à risque.

Quelles sont les particularités du cancer du poumon non à petites cellules ?

Les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) regroupent environ 85 % des cas. Ils évoluent plus lentement que les formes à petites cellules et présentent plusieurs sous-types distincts.

L’adénocarcinome pulmonaire

C’est le type le plus fréquent, souvent observé chez des fumeurs modérés ou anciens fumeurs. Il naît dans les cellules glandulaires périphériques du poumon. Le diagnostic moléculaire permet de cibler certaines anomalies (mutations EGFR, ALK, KRAS…) avec des traitements sur mesure ou une immunothérapie.

Le carcinome épidermoïde

Il provient des cellules qui revêtent les bronches et est étroitement associé au tabagisme. Il se situe généralement au cœur du poumon, où il peut bloquer les voies respiratoires et entraîner une toux ou une hémoptysie. Le traitement se base sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.

Le carcinome à grandes cellules

Ce cancer, qui est moins fréquent, rassemble des cellules de grande taille peu différenciées et aptes à se développer rapidement. Il se manifeste souvent de façon agressive.

Les formes indifférenciées

Lorsque l’origine cellulaire ne peut être précisée, on parle de cancer non à petites cellules indifférencié.

Quelles sont les spécificités du cancer du poumon à petites cellules ?

Environ 15 % des cas de cancer sont attribués au cancer du poumon à petites cellules (CBPC). Ces tumeurs sont rapides, infiltrantes et très métastatiques. La plupart des diagnostics surviennent à un stade déjà avancé. Le CBPC est toutefois très sensible à la chimiothérapie et à la radiothérapie, qui peuvent induire de longues rémissions. Les formes localisées bénéficient d’une irradiation ciblée du thorax, les formes étendues nécessitent un traitement systémique combiné.

Les autres types de cancer du poumon

D’autres tumeurs peuvent se développer dans le thorax sans appartenir strictement à l’une des deux grandes familles :

  • Tumeurs neuroendocrines pulmonaires, à évolution lente (carcinoïdes typiques ou atypiques),
  • Mésothéliome pleural, lié dans la majorité des cas à une exposition à l’amiante,
  • Métastases pulmonaires secondaires à un autre cancer (sein, rein, côlon, thyroïde…).

Questions fréquentes sur le cancer du poumon

Quel type de cancer du poumon est le plus fréquent ?

L’adénocarcinome est aujourd’hui la forme prédominante, notamment chez les femmes et les anciens fumeurs.

Un non fumeur peut-il être touché par un cancer du poumon ?

Oui. Environ 10 à 15 % des cancers du poumon surviennent chez des non-fumeurs, souvent exposés à la pollution, au radon ou porteurs d’une mutation génétique.

Quelle différence entre cancer à petites cellules et non à petites cellules ?

Le premier se développe rapidement et réagit initialement bien à la chimiothérapie, tandis que le second avance plus graduellement et ouvre la voie à des thérapies ciblées.

Cancer du poumon : quels symptômes doivent alerter ?

Une toux qui perdure, une difficulté à respirer, une douleur dans la poitrine ou des traces de sang dans les expectorations devraient motiver une consultation médicale.

Cancer du poumon, quels facteurs de risque peut-on éviter ?

Les mesures préventives comprennent l'arrêt du tabac, la réduction de l'exposition au radon et à la pollution, ainsi qu'une alimentation abondante en fruits et en fibres.

Article écrit le 07/01/2026, vérifié par l'équipe médicale de l'Institut de Cancérologie Paris Nord