Chutes des personnes âgées : +18 % de décès en 5 ans
Les chutes constituent la première cause de décès accidentel chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Une étude publiée par Santé publique France en mars 2026 montre une aggravation de la situation ces dernières années : entre 2019 et 2024, les hospitalisations liées à une chute ont augmenté de 20,5 %, tandis que les décès ont progressé de 18 %. Ces données illustrent l’ampleur d’un enjeu majeur de santé publique lié au vieillissement de la population.
Tableau synthétique sur les conséquences de chutes des personnes âgées
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Données-clés |
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Hospitalisations après chute |
+20,5 % entre 2019 et 2024 |
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Décès liés aux chutes |
+18 % sur la même période |
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Hospitalisations chez les 65 ans et plus |
1 198 pour 100 000 habitants |
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Décès liés aux chutes |
138 pour 100 000 personnes de 65 ans et plus |
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Impact de l’âge |
hospitalisations 8,6 fois plus élevées après 84 ans |
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Mortalité |
29 fois plus élevée chez les plus de 84 ans |
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Sexe le plus hospitalisé |
femmes |
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Sexe avec la mortalité la plus élevée |
hommes |
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Régions les plus touchées |
Bretagne, Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie |
Résumé sur les chutes des personnes âgées
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Entre 2019 et 2024, les hospitalisations en lien avec une chute des plus de 65 ans ont cru de 20,5 %.
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Le taux de décès des personnes âgées en lien avec une chute a, lui, augmenté de 18 %, sur la même période.
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Ce sont les femmes qui ont tendance à être le plus hospitalisées. Mais, la mortalité en
lien avec une chute est proportionnellement plus élevée chez les hommes. -
L'âge compte beaucoup : le taux d’hospitalisation en lien avec une chute est 8,6
fois plus haut chez les plus de 84 ans que chez dans la tranche 65-74 ans. -
De même, le taux de mortalité en lien avec une chute est 29 fois plus élevé chez les plus de 84 ans par rapport aux 65-74 ans.
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On observe aussi des différences régionales : les taux d’hospitalisation et de
mortalité en lien avec les chutes sont plus élevés notamment dans les régions Normandie, Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes, en 2024.
Cet article s’appuie sur des données validées par les autorités de santé (Santé publique France, gouvernement, Cour des comptes, Assurance maladie) et sur l’expérience des médecins du groupe ELSAN.
Risques de chute chez les personnes âgées
En 5 ans, de 2019 à 2024, les chiffres concernant les chutes de séniors se sont largement dégradés. Durant cette période, le taux de personnes âgées hospitalisées après une chute a bondi de 20,5 % : soit 1 198 hospitalisations sur 100 000 habitants de 65 ans et plus (autrement appelé "taux brut d’hospitalisation en lien avec une chute").

Décès après chute
Les chiffres ne sont pas meilleurs lorsque l'on se penche sur le taux standardisé de décès après chute. Entre 2019 et 2024, il a augmenté de 18%, passant à un taux de 138 pour 100 000 personnes de 65 ans et plus. Le taux de mortalité est 29 fois plus élevé chez les plus de 84 ans que chez dans la tranche d'âge 65/74 ans.
Plan antichute
Santé publique France a publié, le 12 mars 2026, une étude sur la surveillance épidémiologique des chutes chez les plus de 65 ans, dans le cadre notamment du plan antichute des personnes âgées du gouvernement. Elle décrit, selon ses auteurs, "la dynamique des décès et des hospitalisations en lien avec une chute, enregistrés entre 2015 et 2024". Un sujet crucial car les chutes des personnes âgées constituent la première cause de décès accidentel chez les séniors de plus de 65 ans.
Qualité et espérance de vie
Les chutes des personnes âgées pèsent à la fois sur leur qualité de vie, sur leur espérance de vie, augmentent le nombre d'années vécues en incapacité, aggravent la charge des aidants et ont des conséquences sur les finances publiques. Ainsi, la Cour des comptes s'est penchée, en 2021, sur le poids que fait peser la perte d'autonomie dans notre pays : sur le plan collectif, un an d'espérance de vie sans incapacité chez les plus de 65 ans en plus correspondrait à une économie d'1,5 milliard d'euros pour l'Assurance maladie.
Qui est le plus souvent hospitalisé chez les personnes âgées qui chutent ?
Entre 2019 et 2024, l'augmentation de l'hospitalisation des personnes âgées qui chutent touche toutes les classes d'âge :
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+ 27,3 % chez les 65-74 ans,
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+ 20,1 % chez les 75-84 ans,
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+ 18,4 % chez les plus de 84 ans.
Si l'on compare les taux, les chutes suivies d'hospitalisation sont 8,6 plus importantes chez les plus de 84 ans que chez les 65-74 ans : 3 736 pour 100 000 dans le premier cas contre 433 pour 100 000 personnes dans le second cas.
Les femmes sont plus souvent hospitalisées
Les femmes qui chutent sont plus souvent amenées à être hospitalisées que les hommes : 1 342 pour 100 000 contre 978 pour 100 000.
Les hommes décèdent plus
En revanche, le taux standardisé de mortalité en lien avec une chute s'est révélé plus élevé chez les hommes que chez les femmes, en 2024 : 165/100 000 contre 124/100 000. Santé publique France note un taux de mortalité plus élevé chez les hommes que chez les femmes après 65 ans. Mais, le nombre de décès consécutif à une chute augmente plus vite chez les femmes que chez hommes entre 2020 et 2024 : respectivement +3,2/100 000 par an en moyenne et +2,6/100 000 par an en moyenne.
Disparités régionales
Parmi les régions les plus touchées par le taux brut d’hospitalisation en lien avec une chute chez les plus de 65ans, l'on trouve, en 2024 :
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Bretagne,
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Hauts-de-France,
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Auvergne-Rhône-Alpes,
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Normandie,
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Réunion.
Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie concentrent aussi les plus forts taux de mortalité en lien avec une chute. Ainsi que Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté.
Les régions les moins touchées en 2024 sont :
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Guadeloupe,
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Guyane,
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Martinique,
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Mayotte,
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Ile-de-France.
Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte concentrent aussi les plus faibles taux de mortalité en lien avec une chute, de même que la Corse.
Des chutes plus graves l'hiver que l'été
Les taux de mortalité en lien avec des chutes, montrent une des taux plus élevés durant les mois d'hiver, sans surprise.
Sources
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Santé publique France, mis à jour 12/03/2026,
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Gouvernement, mis à jour 20/01/2025,
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Cour des comptes, mis à jour 25/11/2021,
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Assurance maladie, mis à jour 28/05/2025.
Cet article médical a été écrit par un rédacteur expert santé et SEO (EEAT et YMYL), Pierre Luton. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic. Ses données sont à jour à la date de publication de l'article.
Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.
Vos questions fréquemment posées sur l'hospitalisation et les chutes des personnes âgées suite à une chute :
Quelles sont les causes des chutes chez les personnes âgées ?
Selon le gouvernement, une chute peut chez une personne âgée peut avoir plusieurs causes dont :
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diminution de la vision ou de l'audition,
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troubles de l'équilibre,
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des faiblesses musculaires ou articulaires,
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dénutrition ou déshydratation,
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un problème cardiaque ou neurologique,
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une inadaptation de l'environnement : appartement, maison, jardin, escalier, trottoirs, éclairage insuffisant, surface glissante...
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prise de médicament...
Combien de temps faut-il aux personnes âgées pour se remettre d'une chute ?
Cela dépend de beaucoup de paramètres :
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âge,
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état de santé de la personne,
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conséquence de la chute : simple hématome, membre cassé, traumatisme crânien.
Cela peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines. Cela dépend aussi si la personne parvient à se relever rapidement et si elle obtient du secours tout aussi rapidement.
Que faire après une chute chez une personne âgée ?
Surveillance après une chute
ll est important de surveiller une personne âgée suite à une chute durant 24 à 48 heures pour guetter d'éventuelles complications liées à celle-ci. Il ne faut pas hésiter à consulter non plus. Souvent, les personnes âgées qui chutent peuvent avoir tendance à ne pas le signaler parce qu'elles considèrent que c'est lié à leur âge ou par crainte de se voir restreintes ou placées dans une institution.
Prévention des chutes de personnes âgées et bilan à domicile ou en Ehpad
La principale conséquence de cet état de fait est ne pas pas pouvoir assurer la prévention de nouvelles chutes augmentant d'autant plus le risque de blessures, de dépendance, voire de décès. Selon les cas, des interventions peuvent cependant être mises en place pour limiter les risques : analyser les facteurs de risque et les sources possibles de chute, augmenter la force et l'équilibre des personnes qui le peuvent et prévoir l'aménagement du domicile et de l'environnement.
Dispositif anti-chute, bracelet détecteur
Il existe, par ailleurs, de multiples moyens qui peuvent aider les personnes en ne pas rechuter et à appeler les secours en cas de nouvelle chute :
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pratiquer une activité physique régulière,
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bénéficier de l'intervention d'un ou d'une kinésithérapeute,
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éviter la dénutrition par une bonne alimentation,
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veiller à sa vue,
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prendre soin de ses pieds,
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disposer d'un bon éclairage,
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s'équiper d'aide technique (ex. : canne, déambulateur, barres d'appui),
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disposer d'un système d'alarme portable, d'un service de téléassistance, d'un téléphone accessible depuis le sol, d'une technologie à commande vocale...
Article écrit le 17/03/2026, vérifié par Pierre Luton, Journaliste expert, spécialisé santé, social et référenceur SEO E-E-A-T
