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Scalpels, marteaux, ciseaux… Hemerick conditionne les instruments destinés au bloc opératoire. Cet agent de stérilisation à la Clinique Saint-Louis, à Poissy (Yvelines), est chargé du tri, du lavage et de la constitution des kits utilisés en chirurgie. Un métier physique, avec des conditions de travail difficiles, qui générait beaucoup de turnover dans le service. Mais ça, c’était avant l’arrivée des exosquelettes. « Depuis un an, l’équipe est stable, elle n’a pas changé, et nous n’avons plus eu d’arrêts maladie liés au travail », se réjouit Laura Bestman, directrice projets dans l’établissement.

En investissant 30 000 euros dans l’achat de trois exosquelettes, la clinique a souhaité prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS), comme le mal de dos. Ils représentent d’ailleurs la première cause d’arrêts de travail en France, selon un rapport de l’assurance maladie datant de 2023.

Toujours les mêmes gestes avec des charges lourdes de 11 à 15 kg

« On porte souvent des charges lourdes, autour de 11 à 15 kg, en réalisant toujours les mêmes gestes. En plus, on reste tout le temps debout, alors c’est vrai qu’à la fin de la journée, ça tire partout dans le corps », confie Hemerick, qui s’équipe de l’exosquelette à raison de deux heures par jour.

« Ça fait trois ans que je fais ce métier, mais depuis que je l’utilise, mes fins de journée sont moins douloureuses, je sens bien que ça soulage un peu physiquement. Si je compare à avant, la fatigue est moins importante aujourd’hui quand je sors du travail », estime le professionnel, âgé de 35 ans.

L’exosquelette en question se porte comme une ceinture abdominale attachée à l’aide de Velcro autour de la taille, il est doté d’une coque dorsale comme les vestes des motards. Équipé d’une batterie amovible, ce dispositif médical accompagne l’utilisateur dans tous ses mouvements grâce aux deux petits « bras » motorisés disposés sur les flans. Selon le niveau d’aide sélectionné, de 1 à 4, le porteur va sentir le « corset » se resserrer autour de lui.

Une réduction des nouveaux arrêts maladie

Avec son petit gabarit, Sophie trouve que l’exosquelette « ajoute du poids » à son corps. Pas faux. « Je me sens moins mobile, plus rigide, détaille la salariée qui a déjà eu une tendinite à une fesse dans le cadre de son métier. Ça nous oblige à conserver une posture droite du dos, on se sent restreint dans nos mouvements, mais ça ne nous empêche pas de bouger. » À 28 ans, Sophie travaille en stérilisation depuis déjà neuf ans alors forcément, il a fallu s’adapter à ce nouvel outil.

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© Virginie Wéber, « Douleurs au travail, arrêts maladie, turnover… Un exosquelette à la rescousse du personnel soignant », Le Parisien, 28 janvier 2026