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Tout a été repensé à la clinique de l’Ormeau ! Pour prendre en charge les éventuels malades du Coronavirus, et assurer les opérations les plus urgentes, « organisation » est le maître mot. Depuis le début de la pandémie de Covid, une seule entrée est en fonction au bâtiment Ormeau centre.

Il faut désormais se présenter devant le sas des urgences et c’est derrière une vitre, qu’un premier contact est établi avec un membre du personnel soignant. Une procédure qui permet de savoir si le malade vient pour des symptômes Covid ou non. S’il y a suspicion, le patient est alors dirigé vers un sas spécial urgences Covid, séparé de celui des urgences classiques.

À l’extérieur de la clinique, deux tentes de filtrage, dont une mise à disposition par la Croix rouge, sont d’ores et déjà montées pour anticiper une affluence de cas. Une salle de tri, dédiée aux suspicions Covid, a également été créée au rez-de-chaussée de la clinique. Pour s’occuper des patients : une secrétaire médicale, une infirmière et un pneumologue.

Chaque malade pris en charge dans cette salle sera systématiquement testé, et le médecin orientera, ou non, le malade vers l’unité Covid, située dans le bâtiment Ormeau Pyrénées Bigorre, en lieu et place de l’unité de soins continus.

Un service doté de 13 lits pour les cas Covid légers, 15 lits pour les cas sévères, et 6 lits dédiés aux cas critiques.

Isolée des autres services, cette unité accueille déjà des patients Covid. « Depuis le 16 mars, nous faisons une réunion de coordination, tous les jours à 12 h 30, avec l’établissement support, l’hôpital de Tarbes, et son directeur Christophe Bouriat », explique Cyril Dufourcq, directeur de la Clinique de l’Ormeau. La clinique privée est donc préparée à absorber le trop-plein de malades de l’hôpital de Tarbes, si cela s’avérait nécessaire. Loin de l’éternel cliché opposant privé et public, les deux établissements de santé mènent une guerre commune, contre le Coronavirus.

De l’humain

Pour éviter la propagation du virus au sein de l’établissement, les visites ont été interdites. Exception faite pour les papas, qui viennent assister à la naissance de leur enfant à la maternité, ou pour les familles de patients en soins palliatifs. Ces entrants sont tous équipés de masques avant de pénétrer dans les services. « Nous autorisons la visite d’une personne pour les patients en soins palliatifs, très fragiles physiquement et psychologiquement », explique Cyril Dufourcq. « Pour faire le lien entre ces malades et leurs proches, le personnel soignant organise des séances de communications vidéos, afin qu’ils ne se sentent pas totalement isolés. » Difficile, mais nécessaire, de concilier mesures de sécurité très strictes et souplesse humaine. D’autant plus que la clinique assure toujours la continuité des soins et opérations urgentes, notamment en oncologie et cardiologie. « Nous avons reporté toutes les opérations chirurgicales non urgentes pour nous tenir à disposition de l'hôpital en cas d’arrivée de la vague annoncée. Mais nous devons assurer celles dont le report représenterait une perte de chance pour les patients, en toute sécurité », précise C.Dufourcq. Tout est fait pour rassurer ces malades, déjà fragilisés par leurs graves pathologies. Même si le Covid-19 a chamboulé l’organisation de la clinique Ormeau, il n’a pas éclipsé l’urgence de leur prise en charge.

Réanimation : formation volontaire

Sophie Piquemale, responsable du service chirurgie à la Polyclinique de l’Ormeau, et Jérôme Varlet, responsable des secteurs opératoires, ont dispensé une formation aux soins de réanimation destinée aux membres du personnel soignant volontaire de la clinique. L’objectif : que ces soignants puissent venir en renfort de l’équipe médicale de la nouvelle unité Covid de l’Ormeau, si la crise sanitaire venait à s’intensifier dans notre département. Chirurgiens, aides soignantes, infirmières… ce sont plus de 90 personnes qui se sont inscrites aux cours de Sophie et Jérôme, pour se familiariser avec le matériel et les protocoles à suivre. « J’ai souhaité suivre la formation pour être capable de m’occuper de ces patients de façon plus sereine », confie Aurélie Chuburu, infirmière à la polyclinique de l’Ormeau. « Ici, on est surtout une clinique chirurgicale. Dans nos parcours d’études, nous avons fait peu ou pas de réanimation. Quand on ne connaît pas, ce n’est pas rassurant. Donc c’est bien que l’on puisse apprendre, ça nous permettra de laisser un potentiel stress derrière nous ». Dans l’hypothèse où l'hôpital de Tarbes serait à court de place dans son service réanimation, la clinique de l’Ormeau se prépare à prendre le relais. Ainsi, l’unité Covid de la polyclinique est en capacité d’accueillir, en sus des cas covid légers et graves, 6 cas critiques dans des chambres spécialement équipées avec des respirateurs, empruntés aux blocs de la clinique.

De l’air
C’est ce dont un malade Covid critique va avoir le plus besoin. De son arrivée au service Covid de l’Ormeau, jusqu’aux décisions de l’équipe médicale qui mènent à son intubation, Sophie et Jérôme décortiquent, pendant plus de 2 heures, le protocole de ce cas « d’école », devant les participants. « Ensuite, on décompose toutes les étapes depuis l’intubation du patient », décrit Jérôme Varlet. « La façon dont on va l’endormir, la surveillance, la mise sous respirateur. Enfin, leur expliquer le matériel qui va être utilisé pour l’administration de médicaments. » À l’issue de cette session « spéciale réanimation », les participants en redemandent ! « Lorsqu’on a mis en place cette formation, on ne s’attendait pas à avoir autant d’inscrits », raconte Sophie Piquemale. Et de continuer, « le bouche-à-oreille a fonctionné dans les différents services de la clinique, et nous avons dû rajouter des sessions supplémentaires pour répondre à la demande des soignants. »

Face à cet engouement, l’équipe médicale de l’Ormeau réfléchit à l’instauration de ce genre « d’atelier » dans le futur. Une façon de découvrir les compétences de chacun, et un partage des connaissances dont les patients de la polyclinique de l’Ormeau ne peuvent être que bénéficiaires.


La Dépêche du Midi - par  Sophie Loncan