La coloscopie au Pôle Santé République
La coloscopie est l'examen de dépistage le plus fiable pour mettre en évidence des lésions éventuelles au niveau du côlon. Autre avantage, les lésions détectées peuvent être enlevées partiellement ou totalement au cours de l'examen pour analyse.
Le cancer colorectal se développe à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du côlon ou du rectum. Le plus souvent, les tumeurs malignes proviennent d’une tumeur bénigne, appelée polype adénomateux, qui évolue lentement et finit par devenir cancéreuse. Il peut être découvert à un stade précoce grâce à un dépistage par recherche de sang occulte dans les selles. Un programme de dépistage organisé est proposé en France à toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans. Il est géré par l'ARDOC dans le Puy-de-Dôme. Si le résultat de ce test est positif (4 % des cas), le patient doit voir un gastro-entérologue en consultation pour se voir prescrire une coloscopie.
La coloscopie consiste en l’exploration du côlon et du rectum pour détecter des anomalies d’origine cancéreuse ou non. Elle peut être prescrite dans les cas suivants :
- test positif dans le cadre du dépistage organisé ;
- symptômes intestinaux non expliqués (douleurs, diarrhées) ;
- saignements intestinaux (traces de sang dans les selles) ;
- antécédents familiaux ou personnels de cancer colorectal ;
- pour toute personne de plus de 50 ans sans prédisposition particulière.
Les anomalies détectées lors d’une coloscopie peuvent être une excroissance de tissus (polypes), des diverticules (hernies dans la paroi colique), des segments inflammatoires (colite)... Si des anomalies sont détectées, un échantillon de tissu est prélevé pour analyse ultérieure (biopsie). Il est également souvent possible que l’intégralité du tissu anormal soit enlevée (ablation) en présence de lésion bénigne. L’analyse des prélèvements au microscope permettra de poser le diagnostic. La présence d’anomalies n’indique pas nécessairement qu’il s’agisse d’un cancer, la majorité des polypes étant bénins ; néanmoins, leur élimination permet de prévenir l'apparition de la maladie.
Les résultats des analyses sont communiqués par le médecin traitant :
- Si la coloscopie a révélé la présence de polypes bénins et que ceux-ci n’ont pas pu être intégralement enlevés, une nouvelle intervention chirurgicale ou endoscopique sera nécessaire. Il pourra s’agir d’une ablation du ou des polypes par une technique endoscopique interventionnelle ou de la résection chirurgicale de la portion de l’intestin où se trouvent ces polypes (résection partielle de l’intestin). La fréquence des coloscopies de contrôle est alors augmentée.
- Si les résultats indiquent la présence d’une pathologie (diverticulose, maladie inflammatoire, cancer du côlon ou du rectum, saignements...), d’autres examens pourront être prescrits. Une prise en charge thérapeutique plus complète est alors mise en place.
- Si aucune anomalie n’est détectée, il est alors conseillé de réaliser un nouvel examen de contrôle après 5 à 10 ans, en fonction des antécédents familiaux éventuels, suite à une discussion avec son gastro-entérologue.
Déroulement de la coloscopie
La coloscopie est un examen d’endoscopie médicale généralement rapide (15 à 30 minutes environ) effectué en ambulatoire. Elle est réalisée dans 95 % des cas sous anesthésie générale (en ventilation spontanée, très bien tolérée), car elle serait sinon inconfortable voire douloureuse. Elle est précédée la veille au soir d'une préparation orale (dont l’acceptabilité est meilleure depuis quelques années et dont la qualité influence directement la fiabilité de l'intervention).
Matériel
Le coloscope est constitué d’un tube fin et souple relié à une caméra vidéo miniature et à une source lumineuse. L’ensemble est raccordé à un moniteur permettant une visualisation directe et précise au cours de l’examen. Les images sont donc directement transmises et analysées par le gastro-entérologue. De plus, il est possible d’insérer des instruments (pince, aiguille, anse diathermique...) dans l’endoscope pour effectuer des prélèvements ou pratiquer des résections de polypes.
