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Préserver la qualité de vie pour les patients atteints d'un cancer de la prostate

C'est une armoire à  roulettes, elle s'appelle Focal One et elle permet aux chirurgiens de la polyclinique Vauban d'opérer un patient souffrant d'un cancer de la prostate sans qu'il souffre ensuite d'incontinence ou de troubles de l'érection. Un progrès salué par les praticiens, enthousiastes. © Vincent Tripiana - La Voix du Nord

Un outil et une technique qui va changer la vie de nombreux patients

Une armoire à  roulette, un clavier, deux écrans sur lesquels des points verts indiquent que la zone a été traitée et des points rouges montrant ce qu'il reste à  faire. C'est  Focal One, un nouvel outil qui enthousiasme les chirurgiens urologues. "  Une technique d'avenir !", dit le Dr Dominique Fossati.focal-one

Jusqu'ici, lorsqu'il fallait opérer, on retirait tout : la tumeur et la prostate. "  C'est vécu comme une agression physique, cela dure une semaine d'hospitalisation.  " Il y avait également la radiothérapie, technique lourde elle aussi.

Avec Focal One, "  cela ne dure qu'une séance. Demain, le patient rentre chez lui, il retrouve une autonomie quasi-complète  ". Surtout, ce genre d'intervention "  préserve la qualité érectile et la continence  ". à‡a va changer la vie de pas mal de monde €¦

L'autre progrès, c'est le mouvement. Focal One, qui a cùté plus d'un million d'euros au groupe MédiPôle Partenaires, dont font partie les polycliniques Vauban et du Parc, ira dans plusieurs établissements du groupe, partout en France. Dans le Nord, ce sera Valenciennes et Dunkerque. L'engin devrait revenir ici tous les trois mois, pendant quarante-huit heures. De quoi opérer quarante patients par an de cette faà§on.

"  Ce projet a tout de suite créé du lien entre les urologues,  se félicite le docteur Valérie Carrat, directrice médicale de MédiPôle Partenaires.  Cela aussi, c'est très intéressant.  " Mercredi matin, ils étaient ainsi plusieurs docteurs, formés à  Lyon au préalable, à  assister à  la première opération du genre, à  Valenciennes. Dans une ambiance mêlée d'attention, d'excitation et d'enthousiasme. Pas si courant, dans un bloc opératoire.

"C'est une technique d'avenir"

Le ton est docte, la parole didactique, les termes pesés et choisis, mais l'enthousiasme est bien là  : "  C'est une technique d'avenir, et cet avenir, nous le faisons maintenant.  "

Le docteur Dominique Fossati fait partie des praticiens qui ont opéré pour la première fois un cancer de la prostate à  la polyclinique Vauban, mercredi matin. Pas mécontent : "  Il y a un an, il n'y avait rien de tel au Nord de Paris.  " "  On amène une technologie de pointe au patient  ", ajoute Olivier Devriendt, le directeur régional Nord du groupe MédiPôle, dont font partie les polycliniques Vauban et du Parc.

Mercredi fut une première pour les chirurgiens de Valenciennes.  La première nationale, c'est à  Lyon qu'elle a eu lieu, l'an dernier, à  l'hôpital à‰douard-Herriot. C'est d'ailleurs à  Lyon que l'équipe valenciennoise a été formée au Focal One, l'appareil utilisé jeudi.

Des ultrasons pour détruire la tumeur

Derrière les écrans du Focal One, les praticiens surveillent l'action de la sonde, qui délivre des échographies et envoie des ultrasons pour détruire la tumeur. "  On repère la tumeur, avec les images IRM et l'image échographique de la sonde. Puis on détruit la tumeur avec les ultrasons. On peut traiter quatre à  cinq patients par jour, quarante patients par an. Nous devrions avoir Focal One tous les trois mois, pendant au moins quarante-huit heures, mais peu importe le nombre de jours dont nous disposons de l'appareil : ce sont des interventions qui se programment, il n'y a pas de critère d'urgence.  "

On garde sa prostate, on sort de la clinique au bout d'une journée, on n'a plus de problèmes d'incontinence et d'érection. "  Alors qu'on parle quand même d'un cancer de la prostate !  ", s'étonne Olivier Devriendt.

"  Cet appareil fait partie de ces innovations qui vont exploser dans les prochains mois et les prochaines années  ", prédit le docteur Valérie Carrat, directrice médicale de MédiPôle. PAR VINCENT TRIPIANA

© Vincent Tripiana - La Voix du Nord - www.lavoixdunord.fr