Invitation à parler soins palliatifs, sans tabous, à la polyclinique Vauban
L'équipe de l'unité d'accompagnement des patients en souffrance et/ou en fin de vie, ira ce jeudi à la rencontre du grand public.
Visite d'un service plein d'humanité
Pour aborder toutes les questions, du soulagement de la douleur jusqu'aux demandes d'euthanasie.
Le Dr Philippe Thomazeau ne conà§oit pas parler de son quotidien au sein du service des soins palliatifs de Vauban sans y associer toute l'équipe qui s'y est engagée avec lui. Les infirmières, le psychologue, les bénévoles... Tous ceux qui entourent les personnes en souffrance et leurs proches, si souvent désemparés, l'ont fait par choix,
avec humanité. "Nous sommes une unité d'accompagnement avant tout ", insiste le praticien. Vingt ans qu'il s'est investi dans ce domaine, près de dix au sein de la clinique Vauban, au côté notamment de Renée Picquet, aujourd'hui référente du service.
" Tout sauf un mouroir "
à€ l'époque de la mise en place du service, les unités de ce type n'existaient pas dans le Valenciennois. La clinique Vauban espère à présent obtenir deux lits supplémentaires (1), la demande étant importante pour une hospitalisation plus ou moins longue et même si les différents réseaux de maintien à domicile et de soins palliatifs à la maison ont montré leur efficacité. Désormais chaque patient, chaque famille a le choix.
Soulager la douleur
" Physiquement, on sait aujourd'hui soulager la douleur. Mais la prise en charge n'est pas qu'un acte technique. Le service est tout sauf un mouroir. Un tiers de nos patients rentrent chez eux parce qu'ils veulent y finir leur vie ou parce qu'ils vont mieux. Pour notre équipe, il s'agit de prendre soin physiquement, psychologiquement, spirituellement aussi des personnes qui arrivent chez nous ", précise le Dr Thomazeau. Par spiritualité, il n'entend pas religion mais sens de la vie, tout " simplement ".
Voir différemment
" Souvent les gens arrivent ici en pensant qu'ils ne sont que leur cancer. Nous voulons leur donner le droit de ne pas résumer leur vie à cela ", ajoute Charles Goethals, psychologue dans le service. Renée Picquet poursuit : " Nous voulons aider les gens à voir les choses différemment, leur vie différemment ".
Un service spécialisé existe également au centre hospitalier ainsi que deux lits dédiés à la clinique du Parc.
L'écoute est primordiale
Lorsque l'on parle soins palliatifs, la question de l'euthanasie et celle du " suicide médicalement assisté " n'est jamais loin. Le Dr Thomazeau et l'équipe de Vauban sont confrontés régulièrement aux questions, aux demandes, même. " Nous recevons des patients qui nous disent " J'ai droit à mon euthanasie ", reconnaît le praticien. Pas question alors de se retrancher derrière ce que dit la loi. L'écoute est primordiale, la souffrance, d'abord physique puis les douleurs psychologiques, les peurs, sont prises en compte. " La loi Leonetti (2005) donne le droit aux patients de décider d'arrêter le traitement, elle lui permet de rédiger des directives anticipées, de nommer une personne de confiance qui les fera connaître ", explique le Dr Thomazeau.
La loi permet également au médecin de stopper le traitement. " Elle est suffisamment ouverte. Elle est basée sur l'éthique du prendre soin. Elle permet de trouver suffisamment de solutions par rapport aux situations. La loi Leonetti ouvre des portes et ne les ferme pas ", précise le Dr Thomazeau.
" Quand la douleur est soulagée, le patient ne demande plus l'euthanasie, poursuit Renée Picquet. Mais la famille nous dit Ce n'est pas une vie. Nous devons aussi travailler sur la souffrance de ceux qui accompagnent la personne en fin de vie ". ( © Martine Kaczmarek - La Voix du Nord - 7 octobre 2014) - www.lavoixdunord.fr/
