La maladie de Cushing et certaines tumeurs surrénaliennes peuvent entraîner des symptômes similaires car elles exposent l’organisme à un excès prolongé de cortisol. Ces atteintes reposent toutefois sur des mécanismes hormonaux différents qui impliquent soit l’hypophyse, soit la surrénale elle-même. Voici ce qu’il faut retenir.

Lien entre la maladie de Cushing et les tumeurs surrénaliennes

Maladie de Cushing et syndrome de Cushing : quelle différence ?

Le syndrome de Cushing correspond à l’ensemble des signes cliniques observés lorsqu’un organisme est exposé de façon prolongée à un excès de cortisol. Cet excès peut être exogène, souvent lié à une prise prolongée de corticoïdes, ou endogène, lorsque le cortisol est produit en quantité excessive par l’organisme lui-même. 

Dans les formes endogènes, l’hypercortisolisme résulte soit d’une stimulation hormonale anormale des glandes surrénales, soit d’une production autonome de cortisol par la surrénale. Le cortisol intervient dans de nombreux équilibres métaboliques, cardiovasculaires et immunitaires, son excès prolongé entraîne donc des modifications progressives de l’état général, dont l’expression et la sévérité varient selon le degré et la durée de la sécrétion hormonale. 

La maladie de Cushing correspond à une cause précise du syndrome de Cushing endogène. Elle est liée à un adénome corticotrope de l’hypophyse responsable d’une sécrétion excessive d’ACTH. Cette hormone stimule en continu les deux glandes surrénales qui produisent alors du cortisol en excès. Les surrénales ne sont pas atteintes directement mais elles répondent à une “commande hormonale inadaptée”. Dans ce contexte, l’hypercortisolisme est dit ACTH-dépendant, avec généralement une augmentation bilatérale du volume des surrénales. 

Lorsque l’excès de cortisol découle directement d’une tumeur de la surrénale, le mécanisme est différent. La surrénale sécrète le cortisol de façon autonome, sans régulation par l’hypophyse. On parle alors de syndrome de Cushing d’origine surrénalienne, caractérisé par un hypercortisolisme ACTH-indépendant.

Comment une tumeur de la surrénale peut-elle provoquer un syndrome de Cushing ?

Les glandes surrénales assurent la production du cortisol. Certaines tumeurs développées dans leur cortex peuvent sécréter cette hormone indépendamment des mécanismes de régulation habituels. On parle alors d’hypercortisolisme ACTH-indépendant. 

Deux types de tumeurs surrénaliennes sont concernés : les adénomes corticosurrénaliens, le plus souvent bénins, et les corticosurrénalomes, qui sont des cancers rares.

L’adénome corticosurrénalien

L’adénome corticosurrénalien est une tumeur bénigne généralement unilatérale. Une fois qu’il devient sécrétant, il produit du cortisol de manière autonome. Les manifestations cliniques sont celles du syndrome de Cushing : prise de poids surtout au niveau de la face et du tronc, fragilité cutanée, faiblesse musculaire proximale, hypertension artérielle, diabète ou ostéoporose. 

Le diagnostic repose sur un bilan hormonal montrant un excès de cortisol associé à une ACTH basse et des examens d’imagerie des glandes surrénales. Le traitement repose sur l’ablation chirurgicale de la surrénale atteinte, la plupart du temps par voie mini-invasive.   

Un adénome surrénalien sécrétant est bénin sur le plan tumoral. L’hypercortisolisme qu’il entraîne peut néanmoins avoir des conséquences générales importantes.

Le corticosurrénalome

Le corticosurrénalome, ou cancer de la surrénale est une tumeur maligne rare. Il peut sécréter du cortisol, mais aussi d’autres hormones surrénaliennes comme des androgènes ou des précurseurs hormonaux. Le syndrome de Cushing associé est souvent plus sévère et évolutif. La prise en charge repose sur une chirurgie spécialisée lorsque la tumeur est résécable, parfois associée à des traitements complémentaires. 

Cependant, le pronostic dépend surtout du stade au moment du diagnostic.   

La maladie de Cushing n’est pas une maladie cancéreuse et n’entraîne pas de cancer. Certaines tumeurs responsables d’un syndrome de Cushing peuvent en revanche être malignes, en particulier les cancers de la surrénale.

Quels examens permettent de déterminer l’origine de l’excès de cortisol ?

La première étape repose sur le bilan hormonal, notamment le dosage du cortisol et de l’ACTH. Une ACTH basse oriente vers une origine surrénalienne. Une ACTH normale ou élevée peut évoquer une cause hypophysaire, comme dans la maladie de Cushing, ou une sécrétion ectopique d’ACTH, c’est-à-dire une production d’ACTH par une tumeur située en dehors de l’hypophyse, au niveau pulmonaire. 

Les examens d’imagerie permettent ensuite de localiser la lésion : scanner ou IRM des surrénales si l’ACTH est basse et IRM hypophysaire si l’ACTH n’est pas supprimée. Dans certains cas, des examens dynamiques peuvent être nécessaires pour confirmer l’origine de l’hypercortisolisme.

Les tumeurs surrénaliennes sont-elles une cause fréquente du syndrome de Cushing ?

Les tumeurs surrénaliennes représentent une cause connue du syndrome de Cushing endogène, mais ce n’est pas la cause la plus fréquente. Les adénomes bénins sont en effet plus courants que les formes malignes. La découverte d’une masse surrénalienne chez un patient qui présente des signes évocateurs doit motiver un bilan hormonal systématique, même si les symptômes sont modérés. 

Le bilan hormonal et l’imagerie surrénalienne vont permettre de définir la meilleure stratégie thérapeutique.   

En cas de tumeur maligne, le choix de traitement est discuté en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire avec les médecins du Centre de cancérologie Les Dentellières, et peut inclure un traitement chirurgical, une prise en charge oncologique et un suivi endocrinien.

Questions fréquentes sur le lien entre la maladie de Cushing et les tumeurs surrénaliennes

La maladie de Cushing est-elle un cancer ?

Non. La maladie de Cushing est liée à une tumeur bénigne de l’hypophyse et n’est pas une maladie cancéreuse.

La maladie de Cushing peut-elle provoquer un cancer ?

Non. Elle n’entraîne pas de transformation cancéreuse. Certaines causes du syndrome de Cushing, comme le cancer de la surrénale, sont en revanche malignes.

Une tumeur surrénalienne peut-elle donner les mêmes symptômes que la maladie de Cushing ?

Oui. Les manifestations cliniques peuvent être très proches, mais le mécanisme hormonal est différent.

Un adénome surrénalien est-il toujours bénin ?

Oui, sur le plan tumoral. Il peut toutefois entraîner un hypercortisolisme nécessitant un traitement.

Article écrit le 23/03/2026, vérifié par l'équipe oncologie des Dentellières