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Aujourd’hui, la prise en charge du cancer du sein via l'immunothérapie est encore à l’essai, mais cette thérapie prometteuse pourrait, dans un avenir proche, s’intégrer pleinement aux protocoles de traitement de première intention des tumeurs mammaires cancéreuses.

L’élaboration de ce type de thérapies reposant sur la stimulation du système immunitaire s’inscrit dans la mise au point de traitements plus efficaces et moins lourds pour lutter contre les pathologies cancéreuses.

En effet, le taux de survie des patientes atteintes de cancer du sein s’améliore continuellement, ce qui place la problématique de leur qualité de vie post-cancer au premier plan de leur prise en charge. La mise au point de traitements toujours plus efficaces, mais engendrant moins de séquelles durables, s'affirme donc comme un axe crucial de la lutte contre le cancer du sein.

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La prise en charge du cancer du sein

La prise en charge du cancer du sein peut diamétralement varier d’une patiente à l'autre en fonction de son profil, de ses volontés et des caractéristiques de sa maladie.

En effet, chaque protocole de traitement est toujours élaboré au cas par cas en fonction de la patiente et de ses volontés, ainsi que du stade et du grade (agressivité) de chaque tumeur, et de la nature des cellules cancéreuses qui la composent. Les tumeurs de stade avancé et/ou de haut grade sont couramment les plus délicates à prendre en charge.

Elles peuvent mobiliser des thérapies aussi agressives que le cancer, susceptibles d’avoir de multiples effets secondaires et des impacts durables sur la qualité de vie des patientes post-cancer. Parmi ces thérapies agressives, on compte la chirurgie oncologique (ablation de la tumeur mammaire ou du sein entier), la chimiothérapie et la radiothérapie. Aussi, depuis des décennies, la médecine oncologique se penche sur l’élaboration de traitements plus ciblés, tant dans une optique d’efficacité que de réduction des effets secondaires et séquelles des traitements.

Ainsi, les traitements ciblés - chimiothérapies nouvelle génération - ont vu le jour, ainsi que les techniques de radiothérapie ultra précises (radiothérapie stéréotaxique), encore à l’étude dans la prise en charge des cancers du sein métastatiques et les tumeurs solides. L’immunothérapie fait partie de ces traitements innovants qui pourraient révolutionner la prise en charge du cancer du sein et ses impacts sur la vie post-cancer du sein.  

 

Modalités et intérêts de l’immunothérapie dans le traitement du cancer du sein

L’immunothérapie est un traitement novateur qui consiste à réactiver le système immunitaire pour pousser l’organisme à lutter contre le cancer du sein.

En effet, la recherche permet de démontrer que le système immunitaire est parfaitement capable de détecter et d’éliminer les cellules cancéreuses, ces dernières étant dotées d’un antigène qui permet à l’organisme de les identifier comme nocives, et devant donc être détruites.

Toutefois, les cellules cancéreuses sont capables d’élaborer deux types de stratégies pour échapper au système immunitaire et déjouer sa réponse : la modification de leur antigène, et la désactivation des lymphocytes. L’antigène est le « passeport » des cellules et de divers éléments biologiques qui circulent dans l’organisme.

Les cellules cancéreuses, comme les agents infectieux et autres pathogènes, ont un antigène menaçant identifiable par le système immunitaire, et engendrant une réponse agressive. Cependant, au fil de leur mutation, les cellules cancéreuses parviennent à modifier leur antigène afin de passer pour des cellules amicales, tromper le système immunitaire et déjouer sa réponse.

La seconde stratégie des cellules tumorales consiste à sécréter des molécules inhibitrices du point de contrôle, c’est-à-dire supprimant l’action des lymphocytes conçus pour les détruire.

L’intérêt de l’immunothérapie est ainsi de contrer les stratégies des cellules cancéreuses pour permettre au système immunitaire de les identifier et de les attaquer à nouveau.

Différents types d’immunothérapie sont en cours de développement pour parvenir à réactiver le système immunitaire. Elles peuvent viser à améliorer les capacités des lymphocytes des patientes, à en multiplier le nombre, ou à bloquer les voies qui les rendent sensibles aux inhibiteurs sécrétés par les cellules cancéreuses.

 

L’immunothérapie, pour quels cancers du sein ?

À l’heure actuelle, l’immunothérapie est utilisée en complément des thérapies conventionnelles (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapies et hormonothérapie) lorsque l’efficacité de ces dernières est limitée.

D’abord indiquée dans la prise en charge du cancer du sein triple négatif (qui ne répond pas à la plupart des autres traitements) et métastatique, elle est désormais plus souvent intégrée à la prise en charge de formes agressives précoces.

En effet, de récentes recherches démontrent l’efficacité de l’immunothérapie sur les cancers hormonodépendants (80 % de tous les cancers du sein), notamment en amont de la chirurgie oncologique. L’administration d’une immunothérapie avant la chirurgie de cancers hormonodépendants de stade précoce a ainsi permis d’observer une réponse pathologique (disparition des cellules cancéreuses) complète dans 30 % des cas, contre 13% sans l’immunothérapie.

Dans la prise en charge de cancers du sein triples négatifs, une réponse pathologique complète a été observée dans 60 % des cas, contre 22 % en l’absence d’immunothérapie.

Enfin, le recours à une immunothérapie néoadjuvante est, pour l’heure, associé à une absence de récidive à 3 ans de 90 % en cas de réponse pathologique complète.

Lire également notre article sur le cancer du sein de stade 3.

Article écrit le 19/04/2023, vérifié par Centre Finistérien de Radiothérapie et d'Oncologie

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