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Le cancer colorectal fait partie des pathologies cancéreuses les plus fréquemment rencontrées en France. Asymptomatique à ses débuts, il évolue silencieusement et est souvent diagnostiqué tardivement.

En permettant de détecter la maladie plus précocement, le dépistage du cancer colorectal permet au patient de bénéficier d’une prise en charge plus efficace, et parfois moins lourde.

Depuis 2015, tout un chacun peut pratiquer un test de dépistage immunologique à domicile. L’adhésion massive de la population à cette campagne de dépistage nationale pourrait changer l’avenir de la prise en charge du cancer colorectal.

Intérêt du dépistage du cancer colorectal

L’objectif du dépistage du cancer colorectal est de rechercher les signes de la maladie chez les personnes d’apparence en bonne santé, qui ne présentent aucun symptôme.

Aussi, l’enjeu est de diagnostiquer le cancer avant qu’il n’ait suffisamment évolué pour provoquer des symptômes. Le dépistage cherche ainsi à diagnostiquer le cancer à un stade local, avant qu’il ne devienne envahissant et ne se répande dans l’organisme.

De fait, le cancer colorectal est une tumeur maligne qui prend naissance dans les cellules du colon et/ou du rectum.

Le propre d’une tumeur cancéreuse est d’évoluer constamment, formant d’abord une petite masse localisée, avant de grossir, puis de s’étendre jusqu’à envahir de plus en plus de tissus et à se disséminer dans tout l’organisme.

Aux premiers stades de son évolution, lorsque le cancer est encore localisé, il est plus facile de le soigner. Le patient peut parfois bénéficier de thérapies moins lourdes, causant moins de séquelles, et les chances de guérison durable, voire complète, sont plus élevées.

Or, c’est justement aux premiers stades de son évolution que le cancer colorectal ne provoque pas de symptômes. Le seul moyen de le diagnostiquer est donc de le chercher : c’est le principe du dépistage.

À qui s’adresse le dépistage du cancer colorectal ?

L’objectif de la campagne nationale de dépistage du cancer colorectal menée en France est de toucher la plus grande partie possible de la population à risque.

Aussi, toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans sont considérées comme à risque, et devraient procéder à un test de dépistage du cancer colorectal tous les 2 ans.

Certains patients peuvent également être considérés comme à risque avant l’âge de 50 ans. C’est notamment le cas des hommes et des femmes avec des antécédents familiaux, à savoir ceux dont des parents proches ont été atteints de cancers colorectaux.

Les personnes présentant des profils à risques spécifiques peuvent avoir besoin d’une stratégie dépistage adaptée. Si vous pensez présenter des facteurs de risque, il est donc essentiel de le mentionner à votre médecin traitant.

Les examens de dépistage du cancer colorectal

Afin de rendre le dépistage du cancer colorectal le plus accessible possible, un nouveau test immunologique s’est généralisé depuis 2015.

Ce dernier permet de réaliser un prélèvement de selles à domicile, à l’aide d’un kit de dépistage fourni par le médecin ou envoyé par la poste.

Le test immunologique réalisé sur les selles ainsi prélevées permet de déceler la présence de sang occulte, à savoir de sang en quantité trop faible pour être visible à l’œil nu.

La présence de sang dans les selles est, en effet, le un des tout premiers symptômes du cancer colorectal. Toutefois, c’est également le symptôme d’autres pathologies, et un résultat positif à la présence de sang dans les selles n’est donc pas automatiquement synonyme de cancer.

En revanche, c’est sans conteste un signe d’alerte à ne pas négliger. Un test immunologique positif doit donc vous pousser à consulter rapidement le corps médical pour réaliser des examens plus approfondis.

La coloscopie est l’examen de diagnostic de référence du cancer colorectal. Réalisée sous anesthésie générale, elle consiste à explorer l’intérieur du colon et du rectum à l’aide d’une petite caméra filaire.

Si la coloscopie permet de mettre en évidence une tumeur suspecte, une biopsie et des examens d’imagerie médicale supplémentaires (scanner, IRM, etc.) sont habituellement prescrits pour avérer ou infirmer son caractère malin (cancéreux).

La coloscopie peut fréquemment révéler la présence de polypes, notamment lorsqu’elle survient à la suite d’un test immunologique positif, car les polypes sont susceptibles de provoquer des saignements.

La plupart des polypes sont bénins, mais certains peuvent constituer des lésions précancéreuses, et le médecin peut décider de les ôter au cours de la coloscopie pour réduire les risques d’évolution vers un cancer colorectal.

Le test immunologique de dépistage du cancer colorectal pourrait permettre de réduire la mortalité de 13% à 52% , mais les bénéfices de la campagne de dépistage national sont aujourd’hui décevants, faute de l’adhésion massive de la population au programme.

Ce manque d’adhésion pourrait s'expliquer en partie par un manque d’information de la population au sujet des protocoles de dépistage du cancer colorectal en général, ainsi que par le tabou qui entoure les maladies du colon et du rectum, et les actes médicaux nécessaires à leur prise en charge.

SOURCES :

https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Se-faire-depister/Depistage-du-cancer-colorectal/Le-depistage-en-pratique

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-colorectal/depistage-gratuit-50-74-ans