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Les patients du service oncologie peuvent prendre soin d'eux

Pour les patients, les soins de support sont comme une bouffée d'air frais. Ici, ils peuvent prendre soin d'eux sans avoir à  expliquer leur situation. Ils sont plus à  l'aise.

Au service oncologie, les soins de support apportent réconfort et soulagement

La taille fine, les cheveux teints, coquette : à  56 ans, Franà§oise Bachelier a juste l'air d'une quinquagénaire épanouie. Pourtant, elle a subi l'ablation d'un sein, suite à  un cancer en 2010.

Elle a été traitée à  la clinique du Cap d'Or.  Mais depuis quelque temps, elle y vient plus volontiers pour suivre les " soins de support " dispensés par l'association de l'établissement.

Les " soins de support ", ce sont des prestations proposées aux patients qui sont suivis dans le service oncologie, ou l'ont été. Moyennant une adhésion de 5 euros, ils peuvent prendre des cours de réflexologie, de sophrologie, de gym douce, faire une séance d'esthétique ou tester une prothèse capillaire. Tout cela gratuitement.

Une bouffée d'air frais

C'est le directeur de la clinique, Erick Fournier, qui a eu l'idée il y a un peu plus d'un an. Grà¢ce à  l'engagement bénévole d'une vingtaine de praticiens professionnels et au dévouement du personnel de la clinique, le projet a pris forme.

Depuis, c'est un succès : l'association compte une centaine d'adhérents. La plupart sont des femmes. "  Les hommes osent moins  ", commente Véronique Dotolle, chef de service et infirmière en oncologie. C'est elle qui fait le lien entre les patients et les praticiens.

Pour les patients, les soins de support sont comme une bouffée d'air frais. "  Quand les gens arrivent en cancérologie, ils sont fragilisés par les traitements. Ils perdent leurs cheveux, leurs sourcils. Leur peau est abîmée. Ici, ils peuvent prendre soin d'eux sans avoir à  expliquer leur situation. Ils sont plus à  l'aise  ", explique Véronique Dotolle.

"  Je voyais des affiches à  la clinique. Je me disais : c'est sympa, mais tout le monde n'a pas forcément les moyens. Quand on m'a dit que c'était gratuit, j'ai essayé le yoga. à‡a m'a plu. Et puis j'ai testé l'esthétique, alors que je ne connaissais pas trop  ", raconte Franà§oise Bachelier. Elle n'est plus sous traitement mais continue de suivre les cours.

Christine D'Abbendo, 59 ans, se débat toujours avec la maladie. Une récidive. Après l'hôpital Paoli Calmette la première fois, Christine a choisi la clinique du Cap d'or pour lutter contre son cancer.

Ici, elle a découvert les soins de support. "  J'ai fait de la réflexologie, je n'avais jamais eu l'occasion d'en faire. J'ai essayé la dermographie (maquillage permanent, Ndlr), car j'ai perdu mes sourcils. Je vois aussi un nutritionniste. Ces soins m'aident à  supporter les traitements. Ici, on se parle, on se maquille €¦  ". "On se sent moins seule €¦  ", termine Franà§oise Bachelier.

Plus combatif face à  la maladie

Pour Christine Vo Van, onco-esthéticienne, "  ces soins permettent d'être plus combatif face à  la maladie. Et pour nous, professionnels, cela permet d'avoir un contact différent avec les gens  ".

C'est aussi ce que retient Dada, une ancienne patiente du service oncologie. Elle a été soignée en 2009. Ici, on l'appelle "  le docteur de la bonne humeur", un maillon indispensable de l'association.

Tous les jours ou presque, Dada se rend au Cap d'Or, juste en face de chez elle, pour causer avec les patients. "  Je passe de chambre en chambre et on parle de tout et de rien  ", glisse-t-elle. Et à§a suffit parfois à  oublier quelques instants la maladie.

L'association de la clinique seynoise propose aux patients du service oncologie des activités et des soins bien-être gratuits, en complément des traitements médicaux. Avec succès...

© MARIELLE VALMALETTE €“ VAR MATIN €“ 16 mai 2012