Nx:Aller au contenu principal
Actualités
Actualités
  1. Accueil
  2. /

    Clinique Rhône Durance
  3. /

    Nos actualites
  4. /

    Portraits de soignants, épisode #1 : Aurélie Mouhib, stomathérapeute & infirmière ressource douleur

#Bien être#Vie des établissements/salariés#Clinique Rhône Durance

06/10/2021

Portraits de soignants, épisode #1 : Aurélie Mouhib, stomathérapeute & infirmière ressource douleur

Aurélie Mouhib

Bonjour Aurélie, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle ? 

Bonjour, je m’appelle Aurélie et je suis infirmière au sein de la Polyclinique Urbain V à Avignon depuis 2003. 

J’ai travaillé en chirurgie pendant quelques années avant de me spécialiser en tant que stomathérapeute ainsi qu’en “infirmière ressource douleur”. 

Grâce à ces formations diplômantes j’ai la chance aujourd’hui d'occuper un poste couvrant différentes spécialités pour accompagner à la fois les patients et les soignants. 

Au sein de la Polyclinique Urbain V, nous travaillons beaucoup sur la chirurgie oncologique et la chirurgie digestive. Ceci nous amène à prendre en charge des patients stomisés au sein de nos services. Nous n’avions pas de ressources dédiées à la stomathérapie et c’est un domaine qui m’a toujours intéressé. J’avais donc à cœur de me former sur cette question. 

L'occasion s'est présentée en 2011 où j’ai eu la chance de suivre le cursus de l’Ecole de Stomathérapie de Nîmes. Il s’agit d’un certificat clinique d’infirmière stomathérapeute. Cela couvre les dérivations digestives, urinaires, l’incontinence mais également le volet “plaies et cicatrisations”. 

Cette spécialisation a pu améliorer la prise en charge de nos patients, faciliter le travail de nos équipes et répondait, par ailleurs, à un désir personnel. 

Aujourd’hui j’organise chaque année des formations pour les soignants, dans le cadre de la formation continue. Ceci permet d’avoir une continuité des soins. Je suis présente à la clinique 5 jours par semaine, ce qui permet de voir les patients tous les jours et de les suivre dans le temps. Les équipes sont formées et investies pour prendre le relais et ceci nous permet d’avoir des patients qui sont à 70% autonomes à la sortie. 

Il faut savoir que très peu d’établissements bénéficient de ressources stomathérapeutes détachées. J’ai eu la chance d’être dans ce cas, car je suis également infirmière “ressource douleur”. Le fait d’être détachée des effectifs me permet, en fonction des besoins, d’organiser mon temps de travail soit sur le volet stomathérapie, la cicatrisation ou la prise en charge de la douleur. 

J’ai passé un DIU “Prise en charge de la douleur par les professionnels de la santé” à Montpellier en 2014. La question de la prise en charge de la douleur a beaucoup de sens avec les patients que je suis par ailleurs. 

Sur cette dernière partie, je participe au déploiement de la démarche et de l’engagement douleur de l’établissement pour une meilleure prise en charge : coordination avec l’ensemble des services avec toutes les actions qui visent à améliorer la prise en charge de la douleur. Nous travaillons également sur la qualité de l’évaluation de la douleur, des traitements, de la démarche qualité avec des audits, enquêtes, la formation et les protocoles. Je participe également aux réunions du Réseau Douleur PACA Ouest, ce qui nous permet de mettre en lien nos pratiques sur le territoire. 

J’interviens également, quelques fois dans l’année auprès de l’IFAS d’Avignon pour participer à la formation d’aides-soignants sur ces questions.

Quelles sont les spécificités du métier de Stomathérapeute et comment se déroule une journée type ? 

Je vais commencer ma journée par prendre connaissance de tous les dossiers patients : ce qui s’est passé depuis la veille. Lors de la préparation des blocs, les jeudis, nous programmons les interventions à venir, ce qui me permet d’anticiper les différents profils et pathologies. 

Je fais ensuite le tour des services des patients stomisés auprès desquels je prodigue des soins. Mes journées sont donc réparties entre le volet soins et le volet pédagogie & formation. Cette double casquette me plait énormément, j’aime la transmission ! 

Ce qui est crucial, c’est que j’ai le temps d’apporter le temps nécessaire aux patients, quels que soient leurs besoins. 

Le reste de la journée est consacré à la qualité, à la rédaction de supports de formation et rester en veille sur les dernières innovations. 

Je suis également en lien avec le réseau de ville. Les infirmières libérales ou les médecins peuvent me contacter pour les assister sur la prise en charge de leurs patients. 

Grâce à l’impulsion du Dr Laurent Mineur, coordinateur de l’unité Unité ONCO-DIGESTIF de l’institut Sainte-Catherine et président de l’association “Provence stomie contact”, une convention a été mise en place entre nos 2 établissements. Depuis mars 2020, j’interviens donc 2 matinées par semaine à l’institut Sainte-Catherine pour prendre en charge les patients stomisés atteints d’un cancer. 

C’est une excellente démarche car cela permet d’avoir un suivi complet des patients avant et après la chirurgie. 

Ce sont les besoins des patients et des équipes qui rythment mes journées de travail. Avec pour objectif d’apporter la meilleure expertise possible pour que tous bénéficient d’une continuité des soins sans faille. 

Quel est votre meilleur souvenir professionnel ? 

Il y en a beaucoup :) Mais le point commun entre mes meilleurs souvenirs est la satisfaction d’avoir réussi à apporter un confort et à améliorer la problématique du patient. 

Par exemple, proposer le matériel adéquat à un patient qui n’osait plus sortir de chez lui et qui va pouvoir mieux vivre sa stomie de façon la plus naturelle possible, c’est très satisfaisant ! 

Autre exemple sur la prise en charge de la douleur. Un patient qui avait des pansements très douloureux : nous avons mis en place un protocole qui permet de court circuiter le message de la douleur. Lorsque l’on arrive à obtenir des résultats, c’est bien sûr très gratifiant. 

Certains patients, au moment de notre rencontre, se sentent incapables de surmonter leur nouvelle vie liée à la pathologie. Puis, avec le temps, victoire après victoire, le cercle vertueux du positif se remet en route. On redécouvre alors des moments gais et enjoués que l’on ne croyait plus possible.

Qu’est-ce que vous recommanderiez à un(e) jeune professionnel(le) qui se lance dans le métier ? 

Je pense que nous avons besoin, au sein de notre profession, d'aller vers des spécialisations pour grandir et s’épanouir professionnellement. C’est mon expérience au sein de la Polyclinique Urbain V qui m’a donné envie de me spécialiser dans ces domaines d’activités. L’histoire aurait sans doute été un peu différente au sein d’un autre établissement. 

Je recommanderai surtout de garder en permanence une curiosité professionnelle ! 

Lorsque l’on se spécialise, on a la chance d’avoir des relations riches, au long court, basées sur la confiance, avec les patients comme les soignants. Cela permet de continuer de s’impliquer chaque jour, pour le mieux-être de tous. 

Par ailleurs, nous avons la chance, au sein de la Polyclinique Urbain V Elsan d’être entourés d’équipes formidables ! De l’administration, à l’équipe de soins de support (psychologue, diététicienne, infirmière d’annonce), infirmiers, aides-soignantes, chirurgiens, ASH, secrétaire de régulation, nous travaillons ensemble au sein d’une belle équipe, dans le partage et la bienveillance. 

Je conseillerai à un(e) jeune professionnel(le) qui se lance dans le métier d’être au maximum dans l’échange, le collectif et le partage. Cela permet de lâcher la soupape dans les moments difficiles mais aussi de profiter de moments de joies, de rires et de victoires partagées.