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Avec le seul caisson installé au niveau régional, l'équipe composée de 12 médecins hyperbare de la clinique Saint-Pierre (Perpignan) traite ses patients grà¢ce aux bienfaits de l'oxygène.

 

Opérationnelle 24h/24,

elle sauve des vies pour les prises en charge en urgence

 

Rappel physiologique

SPierre-actu08à€ l'état basal, l'oxygène est transporté dans le sang par combinaison à  un vecteur  : l'hémoglobine. Les capacités de transport de l'oxygène sont ainsi préétablies en fonction du taux d'hémoglobine et de la saturation de cette dernière.

à€ cette forme combinée s'associe, pour une faible part, une forme dissoute d'oxygène. à€ la pression atmosphérique, il est difficile de faire varier les capacités de transport d'oxygène du sang, même en utilisant des gaz respiratoires enrichis en oxygène.

L'idée est donc d'augmenter artificiellement la pression environnante (comme dans une plongée sous-marine) pour améliorer significativement les possibilités de transport d'O2 dissout par le sang. On utilise une loi physique dite Loi de Henry qui veut que "la quantité de gaz dissoute dans un liquide est proportionnelle à  la pression exercée par ce gaz au contact de l'interface Gaz-Liquide ". Le gaz est ici l'oxygène respiré, le liquide c'est le plasma. Ainsi, à  une profondeur de 10 mètres (2 ATA), l'utilisation d'O2 pur permet de multiplier par 2 la fraction d'oxygène dissout dans le sang. On réalise donc un "enrichissement" du sang en oxygène sous une forme immédiatement disponible pour les tissus.

Quand on sait que l'oxygène est indispensable à  tous les phénomènes de cicatrisation, on comprend mieux l'intérêt d'une telle méthode. L'atmosphère hyperbare est créée au sein d'un caisson par admission d'air sous pression jusqu'à  une "profondeur" programmée.

L'objectif de l'Oxygénothérapie Hyperbare (OHB) est donc de réaliser un apport d'oxygène aux tissus périphériques lorsque, dans les conditions basales, ceux-ci sont le siège d'une hypoxie (défaut d'apport), soit par atteinte vasculaire (artérite, diabète), soit par stérilisation (radiothérapie), soit par blocage de l'hémoglobine (intoxication au monoxyde de carbone).

Aptitude - Contre-indication

Tous les patients ne sont pas aptes à  subir un traitement par Oxygène Hyperbare. Des antécédents d'asthme, d'épilepsie, de pneumothorax sont des contre-indications formelles à  la mise en milieu sous pression.

Chaque protocole est précédé d'une visite médicale auprès d'un des médecins du caisson pour rechercher une éventuelle contre-indication. Il sera systématiquement pratiqué une radiographie du thorax avant chaque traitement pour détecter certaines anomalies pouvant fragiliser les poumons en hyper pression (emphysème). Au cours de cette consultation, il sera donné au patient des informations sur l'organisation des séances et seront expliquées les manœuvres nécessaires à  l'adaptation des oreilles à  l'hyperbarie. Ainsi, on évite systématiquement de traiter des patients enrhumés. Le recours à  la mise en place de drains trans-tympaniques peut s'avérer parfois indispensable.

TCPO2

Pour valider l'indication d'un traitement par OHB, le médecin du caisson peut être amené à  réaliser une mesure de la pression transcutanée en oxygène en ambiance standard et en atmosphère hyperbare. Cette mesure très précise permet de vérifier l'utilité objective des séances de caisson.

Organisation pratique

Les séances d'oxygénothérapie hyperbare se déroulent selon des protocoles de 10, 20 ou 30 séances suivant les indications à  raison d'une séance ou deux par jour, cinq à  six fois par semaine. La séance dure 90 minutes à  une pression de 2.5 ATA (15 mètres). Il y a deux à  quatre séances collectives (9 patients) par jour. Les séances se déroulent sous la surveillance constante d'un caisson-master et d'un médecin pré- sent à  proximité.

Bénéfice attendu

Comme il a été dit au chapitre du rappel physiologique, le but du traitement par Oxygène Hyperbare est, quelle que soit l'indication, d'apporter de l'oxygène aux tissus périphériques pour favoriser leur récupération fonctionnelle ou leur régénération. Les protocoles doivent être suivis avec régularité pour espérer un résultat. "Un compte rendu de protocole est systématiquement envoyé au médecin traitant assorti de propositions thérapeutiques" précise le Docteur Georges Martinez.

Chiffres-clés

Le caisson c'est  :

  • environ 6000 patients / séances par an
  • une trentaine de patients qui en bénéficie chaque jour pour les pathologies chroniques avec une centaine de nouveaux patients chaque année
  • entre 20 et 30 patients par an ayant présentés un accident en plongée sous-marine
  • entre 50 et 100 patients intoxiqués au monoxyde de carbone par an selon les saisons

Indications posées par la Conférence de Consensus de Lille en 2004

En urgence

  • Maladie de décompression chez les plongeurs
  • Intoxication au monoxyde de carbone
  • Embolie gazeuse
  • Infection nécrosante par germes anaérobies
  • Brà»lures étendues

Dans les pathologies chroniques

  • Ischémie critique chronique des artéritiques
  • à‰crasement de membres
  • Lésions des pieds chez les diabétiques
  • Ostéomyélite réfractaire
  • Greffes et lambeaux à  vascularisation compromise