La clinique des Cèdres de Brive toujours active
A la clinique des Cèdres, à Brive (Corrèze), on est encore loin de voir le bout de la crise sanitaire.
Établissement de 2 e ligne associé au centre hospitalier de Brive, elle a reçu ses premiers patients atteints par le Covid-19 la première semaine après le début du confinement. « C'était important pour rôder notre organisation et affiner les gestes de sécurité des personnels », rappelle la directrice Isabelle Bielli-Nadeau.
Activée dès le début mars, sa cellule de crise avait déclenché son plan blanc interne et mis en place, notamment un service dédié au Covid. Douze lits dédiés et deux chambres de déchocage, avec respirateur et tout le matériel de réanimation. L'ARS n'a pas validé leur mobilisation, « mais elles sont restées armées et on s'en est servi avant de transférer des patients en réanimation à l'hôpital de Brive. »
Un dispositif, avec les personnels dévolus et toute l'organisation correspondante, qui reste plus que jamais en fonctionnement. « Tous nos lits ont été pris à un moment ; on était redescendu à trois en, début de semaine (celle du 13 avril, N.D.L.R.) ; Mais ce soir (17 avril), on est remonté à sept patients. Il semblerait qu'il y ait un nouveau pic à l'hôpital de Tulle, qui se délesterait sur les établissements de Brive »
Treize personnels de la clinique briviste sont également montés en Ile-de-France, aides-soignantes, infirmières et une préparatrice en pharmacie volontaires pour renforcer les équipes de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (*). La première dizaine est partie il y a deux semaines, les trois suivants mardi 14 avril au matin. « On assure un suivi quotidien de leur moral et de leurs conditions de travail. On est très vigilants à ce qu'ils soient encadrés et formés, en plus de la charge émotionnelle importante qui leur incombe. Si ça se calme, j'aimerais qu'ils reviennent à Brive d'ici le 15 mai ; ils auront besoin de souffler et d'être mis un peu à l'isolement par sécurité, avance Isabelle Bielli-Nadeau. En tout cas, chapeau bas à eux ! Il faut vraiment aimer les gens pour s'engager comme ils le font. »
En attendant, la clinique des Cèdres envisage la levée du confinement et un retour à la normale de ses activités. « Mais rien n'est clair. On est dans une phase d'interrogation par rapport aux préconisations qui viendront du ministère et des procédures de reprise à mettre en place. J'ai peur qu'on vive avec le Covid encore un moment, il faut qu'on puisse reprendre dans de bonnes conditions pour tout le monde. »
Une reprise qui, sur le plan purement médical, s'annonce chargée. Si l'activité de la clinique, hors Covid, tourne au ralenti depuis la mi-mars, « je pense qu'il y a vraiment des gens qui renoncent à des soins, notamment en cardiologie ou en gériatrie. Ils ont peur de sortir et ça se comprend, mais tous ne s'en sortiront pas indemnes », regrette Isabelle Bielli-Nadeau.
Elle reprend : « Le problème des masques est réglé aujourd'hui, mais le risque, dans les mois à venir, c'est la rupture des livraisons de champs opératoires ou la gestion des stocks de matériels de réanimation qui pourraient manquer pour des activités opératoires normales. Il y a plein d'incidences en cascades »
(*) Le groupe Elsan, dont dépend la clinique, a signé une convention de mise à disposition avec l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (APHP).
La Montagene - Blandine Hutin-Mercier blandine.hutin@centrefrance.com
