Jusqu’à 96 % des cancers de l’oropharynx HPV positifs sont liés à des types couverts par le vaccin nonavalent
Les cancers associés au papillomavirus humain (HPV) sont de plus en plus fréquents dans la sphère ORL et au niveau génital. Les études mettent en évidence un lien étroit entre les cancers de l’oropharynx HPV positifs et des types viraux aujourd’hui ciblés par le vaccin nonavalent utilisé en France. La vaccination est aujourd’hui un moyen efficace pour prévenir ces types de cancers liés au HPV.

Quels cancers sont associés au papillomavirus humain (HPV) ?
En France, environ 6 400 cancers par an sont attribuables à une infection par les papillomavirus humains, soit près de 2 % de l’ensemble des cancers diagnostiqués, dont environ un quart chez l’homme (INCa). Les localisations principales concernent :
- Le col de l’utérus, pour lequel l’infection par le HPV est quasi constante
- L’anus, avec une implication virale dans près de 90 % des cas (CIRC)
- Le pénis, la vulve et le vagin
- L’oropharynx, incluant les amygdales et la base de la langue
Environ 85 à 90 % des infections à HPV sont éliminées spontanément par le système immunitaire en moins de 2 ans (Santé publique France). Les cancers surviennent dans un contexte d’infection persistante par des types à haut risque.
Pourquoi les cancers de l’oropharynx HPV positifs augmentent-ils ?
L’augmentation des cancers de l’oropharynx HPV positifs est principalement liée à une transmission sexuelle du virus par voie orale. Le HPV 16 est fortement impliqué : jusqu’à 96 % des cancers oropharyngés HPV positifs lui sont attribués (GPNotebook - McKenna et al., BMJ 2025). Le virus infecte majoritairement l’épithélium lymphoïde des amygdales et de la base de la langue. Leur structure facilite l’installation durable du virus et peut conduire, dans certains cas, à une transformation maligne. Sur le plan clinique, les cancers oropharyngés liés au HPV ont un profil différent. Le diagnostic concerne plus souvent des patients plus jeunes, avec une exposition limitée au tabac et à l’alcool. L’âge médian au moment du diagnostic est estimé autour de 54 ans, avec une prédominance masculine forte. La découverte initiale repose fréquemment sur une adénopathie cervicale indolore, alors que la tumeur primitive reste de petite taille. En l’absence d’autres facteurs de risque associés, la réponse aux traitements est généralement plus favorable. La prise en charge des cancers des VADS dans des centres spécialisés comme l’ICPN peut comprendre une analyse du statut HPV au moment du diagnostic.
Quels types de HPV sont couverts par le vaccin nonavalent ?
Le vaccin nonavalent actuellement utilisé en France (Gardasil 9®) cible 9 types de papillomavirus : 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58. Ces types sont responsables d’environ :
- 90 % des cancers du col de l’utérus
- 80 % des cancers de l’anus
- La très grande majorité des cancers oropharyngés HPV positifs, surtout le HPV 16
La vaccination ne traite pas une infection existante. Son efficacité est optimale lorsqu’elle est réalisée avant toute exposition au virus, ce qui explique les recommandations chez les adolescents. Un rattrapage reste toutefois pertinent jusqu’à 26 ans car il permet de prévenir des infections futures par des types de HPV non encore rencontrés.
Où en est la vaccination HPV en France aujourd’hui ?
En France, la vaccination contre les HPV est recommandée pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans, avec un rattrapage désormais possible jusqu’à 26 ans pour les femmes et les hommes. La couverture vaccinale progresse mais reste inférieure aux objectifs de santé publique : en 2021, environ 37 % des jeunes filles et 9 % des garçons avaient un schéma vaccinal complet (Santé publique France). Depuis 2023, une campagne de vaccination en milieu scolaire est proposée aux collégiens de 5ᵉ sur la base du volontariat parental. L’élargissement des compétences vaccinales aux pharmaciens, infirmiers et sages-femmes vise également à améliorer l’accès au vaccin.
Existe-t-il un dépistage pour les cancers de l’oropharynx ?
Il n’existe pas de dépistage organisé pour les cancers de l’oropharynx, contrairement au cancer du col de l’utérus. Le diagnostic repose sur la mise en évidence de symptômes persistants, en particulier une masse cervicale isolée, une gêne pharyngée unilatérale ou des troubles de la déglutition. La vaccination contre le HPV relève de la prévention primaire, c’est-à-dire mise en place avant toute maladie déclarée. Son impact sur l’incidence des cancers oropharyngés nécessitera encore du recul. Les données disponibles actuellement montrent en revanche une diminution des infections et des lésions précancéreuses dans les pays où la couverture vaccinale est élevée.
Questions fréquentes sur les cancers de l'oropharynx et vaccin HPV
Le vaccin HPV protège-t-il contre tous les cancers de la gorge ?
Non. Il cible uniquement les cancers liés à des types de HPV couverts par le vaccin. Les cancers liés au tabac ou à l’alcool ne sont pas concernés.
Un adulte déjà sexuellement actif peut-il encore se faire vacciner ?
Oui. La vaccination peut prévenir des infections futures, même après le début de la vie sexuelle. Un rattrapage est recommandé jusqu’à 26 ans.
La vaccination garantit-elle l’absence de cancer plus tard ?
Non. Aucun vaccin n’est efficace à 100 %. La vaccination réduit fortement le risque lié aux HPV ciblés, sans supprimer totalement le risque de cancer.
Le HPV peut-il provoquer un cancer de la gorge ?
Oui. Certains types de HPV, en particulier le HPV 16, sont impliqués dans le développement de cancers de l’oropharynx, surtout au niveau des amygdales et de la base de la langue.
Le cancer de la gorge lié au HPV est-il une IST ?
Oui. L’infection par le HPV est une infection sexuellement transmissible, et la transmission orale du virus joue un rôle majeur dans les cancers de l’oropharynx HPV positifs.
Article écrit le 17/02/2026, vérifié par l'équipe médicale de l'Institut de Cancérologie Paris Nord
