#Check-up
31/03/2026
Le bilan de santé complet : une analyse des tests les plus importants pour les hommes
Une personne en bonne santé peut présenter des déséquilibres biologiques sans en avoir conscience. Par exemple, la tension artérielle peut augmenter progressivement ou le cholestérol peut s’accumuler dans les artères sans provoquer de symptôme. Un bilan de santé complet permet d’identifier ces variations à un stade précoce. Chez l’homme, certains paramètres nécessitent une attention particulière, notamment le risque cardiovasculaire, la santé prostatique et le métabolisme abdominal. Réalisé à intervalles réguliers, idéalement tous les deux ans en l’absence de facteur de risque particulier, le bilan de santé contribue à un suivi structuré et cohérent dans le temps.
Pourquoi le risque cardiovasculaire concerne-t-il les hommes dès la quarantaine ?
Avec l’âge, le cœur et les artères se modifient progressivement, le plus souvent sans signe perceptible. Les maladies cardiovasculaires, comme l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral, restent aujourd’hui une cause majeure de mortalité chez l’homme en France et en Europe. Le sexe masculin constitue un facteur de risque à part entière, avec une augmentation marquée à partir de 40 ans.
L’évaluation actuelle du risque repose sur la combinaison de plusieurs paramètres. L’âge, la tension artérielle, le cholestérol mais aussi les habitudes de vie (comme le tabagisme) sont analysés ensemble. Cette approche globale permet d’estimer le niveau de risque individuel. Réalisé à intervalles réguliers, le bilan permet de comparer les valeurs dans le temps.
La pression artérielle correspond à la force exercée par le sang sur la paroi des artères. Une élévation durable favorise la rigidité artérielle et l’apparition de lésions vasculaires. Cette élévation reste longtemps silencieuse. Une mesure régulière permet d’identifier une anomalie précoce.
Le cholestérol LDL transporte les lipides vers les tissus. Un excès contribue à la formation de plaques dans la paroi des artères. Ce phénomène progressif porte le nom d’athérosclérose. Il réduit le calibre des artères et altère la circulation sanguine.
Sources :
- Visseren FLJ et al. 2021 ESC Guidelines on cardiovascular disease prevention in clinical practice. Eur Heart J. 2021.
- Société Française d’Hypertension Artérielle. Recommandations pour la prise en charge médicale de l’hypertension artérielle de l’adulte. 2020.
Quels paramètres surveiller ?
Au-delà du système cardiovasculaire, d’autres mécanismes métaboliques jouent un rôle étroitement lié. Et ils évoluent souvent de manière silencieuse. Leur analyse prend tout son sens lorsqu’elle est réalisée de façon globale, afin de comprendre les interactions entre eux.
La répartition des graisses en fait partie. Chez l’homme, l’accumulation se situe plus fréquemment au niveau abdominal. Cette graisse viscérale, qui entoure les organes, est associée à des modifications du métabolisme. Elle peut notamment réduire la sensibilité à l’ insuline, l’hormone qui permet au glucose d’entrer dans les cellules.
Lorsque cette sensibilité diminue, le taux de sucre dans le sang tend à augmenter progressivement. Ce phénomène, appelé insulinorésistance (diminution de la réponse des cellules à l’insuline), peut évoluer vers un diabète de type 2, en l'absence de prise en charge. Celui-ci reste souvent longtemps sans symptôme. La glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, permettent d’évaluer cet équilibre sur le court et le moyen terme.
Dans ce contexte métabolique, le foie constitue également un organe clé. Une accumulation excessive de graisses dans ses cellules, appelée stéatose hépatique, peut se développer sans signe clinique. Elle est fréquemment associée aux déséquilibres métaboliques et peut être détecté par des examens biologiques ou d’imagerie.
Les reins peuvent aussi être concernés. Leur fonction, qui consiste à filtrer le sang et éliminer les déchets, peut être évaluée par une prise de sang. Une analyse d’urine permet de rechercher la présence d’albumine. L’albuminurie, c’est-à-dire la présence anormale de cette protéine dans les urines, constitue un marqueur précoce d’ atteinte rénale.
Pris isolément, chacun de ces paramètres apporte une information partielle. Ensemble, ils permettent d’obtenir une vision plus complète de l’état de santé. C’est l’un des apports d’un bilan de prévention : mettre en perspective ces différents repères pour identifier plus tôt d’éventuels déséquilibres et orienter les actions à mettre en place.
Sources :
- Haute Autorité de Santé. Stratégie de dépistage du diabète de type 2. 2026.
- Kidney Disease: Improving Global Outcomes (KDIGO). 2024.
Prostate et cancer colorectal : quels dépistages sont proposés aux hommes ?
Au-delà des maladies métaboliques et cardiovasculaires, certains cancers nécessitent également une attention particulière chez l’homme. Le cancer de la prostate figure parmi les cancers les plus diagnostiqués chez l’homme en France. La prostate est une glande située sous la vessie. Elle participe à la production du liquide séminal.
Le dosage du PSA mesure la concentration d’un antigène prostatique spécifique dans le sang. Une élévation peut être liée à un cancer, mais aussi à d’autres situations bénignes, comme une hypertrophie ou une inflammation, ce qui en limite sa spécificité. En France, aucun programme de dépistage systématique n’est recommandé en population générale. Cette position repose sur un équilibre bénéfices-risques jugé insuffisant à l’échelle collective, en raison notamment du risque de surdiagnostic (détection de cancers qui n’auraient pas évolué) et de surtraitement.
La décision de réaliser ce test s’inscrit donc dans une démarche individualisée, après information et échange avec un professionnel de santé. Lorsqu’un cancer est détecté à un stade précoce, les chances de survie à cinq ans sont généralement plus élevées que pour des formes diagnostiquées plus tardivement.
Le dépistage du cancer colorectal fait aussi partie des sujets de prévention à aborder, chez l’homme comme chez la femme. En France, un programme national de dépistage est proposé entre 50 et 74 ans. Il repose sur un test immunologique fécal, à réaliser tous les deux ans, qui recherche la présence de sang non visible à l’œil nu dans les selles. En cas de résultat positif, une coloscopie est indiquée. Cet examen permet d’observer l’intérieur du côlon à l’aide d’un endoscope souple. Dans le cadre du bilan, le médecin peut vous orienter vers ce dépistage.
Un bilan de santé permet d’aborder ces questions de manière structurée et adaptée à l’âge.
Sources :
- Institut National du Cancer. Dépistage du cancer colorectal. Boulogne-Billancourt: INCa; 2023.
- Mottet N, van den Bergh RCN, Briers E, et al. EAU Guidelines on Prostate Cancer. European Association of Urology; 2023.
Hormones, sexualité et santé mentale : des indicateurs à intégrer au bilan
Au-delà des maladies organiques, certains paramètres fonctionnels et hormonaux apportent également des informations utiles. La testostérone, principale hormone sexuelle masculine, joue un rôle dans la libido, la masse musculaire et le niveau d’énergie. Sa diminution est un phénomène physiologique chez l' homme, mais un déficit peut être évoqué en présence de symptômes évocateurs, puis confirmé par des dosages sanguins réalisés le matin.
Certains signes fonctionnels peuvent également apporter des informations précoces. Les troubles de l’érection, par exemple, peuvent traduire une altération précoce de la fonction vasculaire. Les artères péniennes étant de petit calibre, elles peuvent être touchées avant d’autres territoires et constituer un signal d’alerte.
Le sommeil représente un autre élément à prendre en compte. Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil correspond à la survenue de pauses respiratoires répétées pendant la nuit. Plus fréquent chez l’homme, il peut entraîner une somnolence en journée et favoriser une élévation de la pression artérielle.
La santé mentale s’inscrit dans cette approche globale. Les troubles dépressifs reposent sur des critères cliniques définis, mais restent souvent sous-repérés, en particulier chez l’homme, qui consulte moins fréquemment pour ces symptômes. Leur identification contribue pourtant à une meilleure compréhension de l’état de santé général.
Un bilan permet d’aborder ces différentes dimensions de manière structurée, en les replaçant dans un ensemble cohérent. Réalisé à intervalles réguliers, il offre des repères utiles pour suivre leur évolution et orienter, si nécessaire, une prise en charge adaptée.
Sources :
- Bhasin S et al. Testosterone Therapy in Men With Hypogonadism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2018.
| Domaine exploré | Ce qui est évalué | Pourquoi c’est spécifique ou fréquent chez l’homme | Rythme de surveillance en l’absence de facteur de risque |
|---|---|---|---|
| Risque cardiovasculaire | Tension artérielle, cholestérol, tabagisme, évaluation globale du risque | Risque plus précoce que chez la femme, augmentation marquée après 40 ans | Tous les 2 ans |
| Métabolisme et diabète | Glycémie à jeun, hémoglobine glyquée, tour de taille | Accumulation plus fréquente de graisse abdominale, risque accru d’insulinorésistance | Tous les 2 ans |
| Fonction rénale | Créatinine sanguine, recherche d’albumine dans les urines | Les atteintes rénales peuvent évoluer sans symptôme, souvent associées au diabète et à l’hypertension | Tous les 2 ans |
| Prostate | Information sur le PSA, examen clinique selon l’âge et les facteurs de risque | Cancer fréquent chez l’homme, décision individualisée en l’absence de programme organisé | Discussion médicale personnalisée |
| Cancer colorectal | Test immunologique fécal | Programme national de dépistage proposé entre 50 et 74 ans | Tous les 2 ans entre 50 et 74 ans |
| Santé hormonale | Dosage de la testostérone en cas de symptômes évocateurs | Diminution progressive avec l’âge, diagnostic fondé sur symptômes et confirmation biologique | Selon symptômes |
| Fonction sexuelle | Recherche de troubles de l’érection | Peut révéler une atteinte vasculaire précoce | Selon symptômes |
| Santé mentale et sommeil | Repérage des symptômes dépressifs, suspicion d’apnées du sommeil | Troubles sous-diagnostiqués chez l’homme, apnées plus fréquentes | Intégré au bilan régulier |
Auteur : Article écrit par Stéphanie Le Guillou, rédactrice médicale et relu par Adrien Dereix, Directeur médical d'ELSAN Prévention
FAQ
Le coût d’un bilan de santé complet chez ELSAN dépend du type de bilan choisi et des examens qui le composent. Certaines entreprises peuvent financer le bilan pour leurs salariés, et il est possible de demander un devis personnalisé avant de prendre rendez-vous. Les frais sont en général à la charge du patient ou de son employeur.
Un bilan de santé complet peut être réalisé à différents moments de la vie, même en l’absence de symptômes. Il est possible de faire un point de santé régulièrement (tous les 2 ans) pour suivre des paramètres comme la tension, le cholestérol ou le métabolisme, et d’envisager un suivi plus fréquent avec l’âge ou selon les facteurs de risque personnels.
La durée d’un bilan de santé complet chez ELSAN varie selon la nature et l’ampleur des examens. En général, il s’étend sur plusieurs heures, typiquement entre deux et cinq heures, pour permettre de réaliser l’ensemble des tests cliniques, biologiques et fonctionnels ainsi que les consultations prévues.
Les bilans de santé complets peuvent être effectués dans plusieurs centres ELSAN en France. Ils sont organisés en une seule séance dans l’un des centres de prévention ou cliniques ELSAN, et commencent généralement par un questionnaire de santé puis un examen clinique, suivi des prises de sang et autres explorations selon les besoins. Pour prendre rendez-vous, il suffit de contacter l’équipe dédiée via le site ou par téléphone, qui proposera une offre adaptée à votre profil.


