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#Actualité médicale#Cancer

30/04/2024

Taux de CRP pour un cancer, comment savoir s’il faut s’inquiéter ?

La (CRP) est un marqueur inflammatoire mesuré dans le sang. Son taux peut croître sensiblement en cas d'infection, d'inflammation, mais aussi dans certaines situations plus préoccupantes, comme en présence d'un cancer.

Si un taux de CRP élevé dans le sang peut effectivement orienter vers un diagnostic de cancer, il est important de souligner qu'il ne s'agit pas d'un test spécifique aux pathologies cancéreuses, et que sa valeur doit être interprétée conjointement avec d'autres paramètres médicaux.

circulation sanguine

Est-ce que la CRP peut indiquer un cancer ?

L'analyse de la CRP est particulièrement pratique dans la démarche diagnostique des professionnels de santé, du fait de l'identification que permettent ses réactions. En l'occurrence, une croissance tumorale s'accompagne d'inflammations locales ou systémiques, boostant exponentiellement la CRP.

Un taux de CRP élevé oriente donc vers le cancer parmi ses causes les plus probables. Sa quantité en elle-même ne permet pas néanmoins d'en identifier précisément le type, ni même de l'indiquer avec certitude. Elle doit systématiquement, pour cela, s'accompagner d'examens complémentaires (imagerie, bilan sanguin, biopsie) et d'une investigation approfondie .

CRP élevée, fatigue et essoufflement : y a-t-il un lien ?

L'inflammation aiguë ou chronique provoquée par un taux de CRP élevé s'en accompagne assez fréquemment. Parmi lesquels une fatigue inhabituelle et l'essoufflement  font partie. L'organisme mobilise en effet une partie non négligeable de son énergie pour répondre à l'inflammation, qui peut toucher les voies respiratoires pour dégénérer en douleurs persistantes dans les poumons.

Identifiés ensemble, ces symptômes peuvent mettre sur la piste d'un cancer. L'avis d'un médecin demeure toutefois nécessaire, car ils sont loin de le diagnostiquer à eux seuls et peuvent être liés à d'autres types de pathologies :

  • une infection (virale ou bactérienne) ;

  • un événement cardiovasculaire (infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque...) ;

  • une maladie inflammatoire chronique.

Les autres symptômes associés au boost de la CRP

D'autres facteurs humains et physiologiques peuvent affiner les soupçons de cancer lors de l'augmentation de la CRP. Leur multiplication facilite par ailleurs la détection d'un cancer primitif, plus facilement régulable. C'est pourquoi les professionnels de santé surveillent dans le même temps, au moyen d'examens complémentaires :

  • une éventuelle perte de poids rapide ;

  • la présence de ganglions ;

  • des maux de ventre persistants ;

  • du stress chronique, pouvant prêter à confusion dans la lecture des résultats ;

  • un taux de globules rouges et/ou de plaquettes bas.

Les deux premiers cas figurent à l'avant-plan des causes probables d'un cancer à l'instar des deux citées plus haut. Les deux derniers demeurent secondaires en tant que simples signes de la réponse immunitaire à l'inflammation mais ne doivent pas être ignorés dans le parcours de soin.

Cancer colorectal, cancer du foie, quel cancer peut augmenter la CRP ? 

Toutefois, les types de cancers les plus susceptibles d'augmenter la CRP à des taux alarmants sont facilement identifiables, car le plus souvent relatifs aux fonctions hépatiques. L'augmentation de la CRP est en effet causée par la tumeur qui stimule la production d'interleukines (famille de protéines "préventives" naturellement produites par l'organisme) pro‑inflammatoires. Cela incite le foie à multiplier la sécrétion de CRP dans le cadre de la réponse immunitaire.

Sont principalement concernés :

  • les cancers hématologiques (leucémies et certains lymphomes, comme celui de ) ;

  • les cancers digestifs (colorectal, pancréas, du foie) ;

  • celui du poumon ;

  • les sarcomes et carcinomes.

Côlon, prostate ou pancréas : Quel taux de CRP peut indiquer un cancer ? 

Même si l'analyse de la protéine seule s'avère insuffisante pour identifier les cancers en question, certains niveaux de CRP constituent des indices particulièrement évocateurs selon le contexte clinique :

  • Inférieur à 6 mg/L : taux de CMP standard d'une personne en bonne santé.

  • Entre 6 et 10 mg/L : CRP légèrement élevée, souvent liée au tabac, à la grossesse, à l’obésité ou à un début d’infection.

  • Entre 10 et 40 mg/L : inflammation marquée — infections bactériennes, pathologies inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, ), mais éventuellement cancer en développement.

  • Au-delà de 40 mg/L : inflammation sévère ; certaines études rapportent des valeurs moyennes de 38,7 mg/L chez les patients atteints de cancer du poumon.

La CRP peut atteindre ces derniers taux dans le cadre des cancers de la prostate, du côlon et du pancréas. Ceux de la peau (carcinome épidermoïde) atteignent des quantités moyennes de 72,12 mg/L  Pour rappel, aucun niveau, même parmi les plus élevés, ne doit constituer le seul et unique critère d'alerte. L'avis de plusieurs médecins devient alors susceptible d'orienter au mieux le diagnostic et les moyens mobilisables par la réponse immunitaire.

Protéine C réactive à 8, 17, 20 ou 40 : est-ce grave ? 

  • CRP à 8 mg/L : légèrement élevée / Problème bénin (infection légère, tabagisme, surcharge pondérale).

  • CRP à 17 mg/L : inflammation modérée / Infection, maladie inflammatoire, réaction post‑traumatique.

  • CRP à 20 mg/L : inflammation significative / Potentielles tumeurs ; consultation particulièrement recommandée.

  • CRP à 40 mg/L : niveau important / Possible infection sévère, maladie inflammatoire aiguë voire, dans le pire des cas, cancer.

Un taux ne s'interprète jamais isolément et s'accompagne d'un bilan sanguin en fonction de l'état clinique pour compléter l'analyse.

Tableau des taux de CRP : quel est le taux inquiétant ?

Taux de CRP (mg/L)Interprétation possible
0 – 5 mg/LNormal
6 – 10 mg/LLégère inflammation (tabac, grossesse, obésité, infection légère)
10 – 40 mg/LInflammation marquée (infection, maladie inflammatoire, cancer possible)
> 40 mg/LInflammation sévère, infection aiguë ou suspicion d’une pathologie grave
≈ 40 mg/L dans certaines leucémiesPossiblement associé à un cancer du sang + anomalies dans la formule sanguine

Prise de sang de CRP : faut-il la faire à jeun ?

Contrairement à plusieurs autres typologies d'analyses, la prise de sang destinée à mesurer la CPR ne nécessite pas d'être à jeun. Elle peut être réalisée sans préparation et à tout moment de la journée, tant qu'elle s'inscrit dans un cadre clinique tenant compte du contexte médical du patient, de ses antécédents et des autres symptômes éventuels. Le bilan renseigne alors le taux de CRP et le prélèvement peut être accompagné d'une numération de la formule sanguine (NFS). Cette dernière mesure les taux de globules rouges et blancs et de plaquettes dans le sang afin de renseigner au médecin la force de la réponse immunitaire.

 

Sources

Elsan : .

Jacques Amar, Isabelle Mulazzi, Lisa Richard, Béatrice Bouhanick, Bernard Chamotin : , STV vol. 17 (1), 2005, 33-38.

Service Questions-santé de la Cité de la Santé (Cité des Sciences et de l'Industrie) :

Vos questions les plus fréquentes

Prise de sang et bilan sanguin CRP, c'est quoi ?

Une prise de sang correspond au prélèvement d'un petit volume de sang, généralement au niveau du pli du coude, à l'aide d'une aiguille fine. Cet échantillon sanguin est ensuite analysé en laboratoire pour mesurer différents paramètres, tels que les globules rouges, les globules blancs, les plaquettes, la glycémie, le , les triglycérides, etc.

Le dosage de la protéine C-réactive (CRP) est l'une des analyses qui peuvent être réalisées à partir d'une prise de sang. Le taux de CRP dans le sang augmente généralement en cas d'infection, d'inflammation aiguë ou chronique, mais aussi dans certaines situations plus préoccupantes, comme en présence d'un cancer.

CRP supérieure à 100 ; quels sont les taux les plus élevés ?

Les taux de CRP supérieurs à 40 ne constituent que la partie visible de l'iceberg. Si aucune valeur maximale n'a clairement été établie par l'élévation de la CRP, certains cas extrêmes ont toutefois été observés. Le seuil "record" habituel rapporte des taux compris entre 500 et 800 mg/L lors d'importants chocs septiques ou de maladies inflammatoires rares comme celles de Still. Un embrasement inflammatoire total de l'organisme aurait toutefois fait dépasser les 1000 mg/L chez certains patients.

La CRP élevée est-elle plus dangereuse chez l'enfant ?

L'augmentation du taux de CRP représente le signe d'un problème quel que soit l'âge du patient. Il demeure évident que son observation chez un patient mineur doit faire l'objet d'analyses plus attentives, dans la mesure où les causes d'une infection légères impliqueront très invraisemblablement le tabagisme ou la grossesse. Du fait de son organisme en développement et de la présence plus importante de cellules sanguines immatures à l'intérieur de celui-ci, les taux à partir desquels s'alarmer doivent par ailleurs être revus à la baisse. Et réduits, par conséquent, de moitié, de l'ordre de 20 à 30 mg/L pour soupçonner une atteinte.

Comment faire baisser la CRP naturellement ?

La diminution du taux de CRP en tant que telle dans un cadre médical ne va pas de soi, et s'engage généralement par la prescription d'antibiotiques. L'accélération du processus passe par un mode de vie privilégiant les "comportement anti-inflammatoires", entre l'activité physique régulière et une alimentation saine. Privilégier pour cela un équilibre nutritionnel incluant protéines maigres, fibres et lipides monoinsaturées. L'huile d'olive, les fruits rouges et les légumes à feuilles en constituent les meilleures composantes. Rappelons que ces recommandations ne se substituent aucunement à un avis médical. L'efficacité de l'adoption d'un tel mode de vie n'est que relative en fonction du stade de développement du taux de CRP, et inexistante pour guérir un cancer.