Chances de survie du cancer du larynx
Le cancer du larynx, parfois regroupé sous l’appellation plus générale de cancer de la gorge, se développe au niveau des cordes vocales (glotte), au-dessus (sus-glotte) ou en dessous (sous-glotte). Il s’agit d’un cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS), principalement lié au tabac et à l’alcool.
Les premiers symptômes, comme une voix rauque persistante, permettent parfois un diagnostic plus précoce que d’autres cancers ORL. Le pronostic du cancer du larynx dépend essentiellement de son stade au moment du diagnostic, de sa localisation et de la réponse au traitement.

Quel est le lien entre le stade du cancer du larynx et les chances de survie ?
La classification TNM (Tumeur, Ganglion, Métastase) permet de définir le stade d’évolution de la maladie. Cette classification est utilisée pour établir un pronostic et déterminer les options thérapeutiques adaptées. Les stades vont de 0 à 4 :
- Stade 0 : carcinome in situ, la tumeur est strictement limitée à la couche superficielle des cellules du larynx, sans envahissement profond,
- Stade 1 : la tumeur est localisée sur une seule partie du larynx, les cordes vocales bougent normalement, aucun ganglion n’est atteint,
- Stade 2 : la tumeur s’étend à plusieurs zones du larynx sans atteindre les tissus environnants,
- Stade 3 : la tumeur perturbe la mobilité des cordes vocales ou atteint des ganglions proches,
- Stade 4 : la tumeur s’étend aux tissus voisins (pharynx, trachée…), aux ganglions de grande taille ou à des organes éloignés (métastases).
Plus le stade est avancé, plus les traitements sont complexes, et plus les chances de survie diminuent.
Quel est le taux de survie du cancer du larynx en France ?
Les dernières données issues du rapport de Santé publique France (2021) montrent que la survie nette à 5 ans après un diagnostic de cancer du larynx a progressivement augmenté au fil des années. Pour les patients diagnostiqués en 2015, elle est estimée à 61 % (tous sexes et âges confondus), contre 53 % pour ceux diagnostiqués en 1990. La survie varie nettement selon l’âge au moment du diagnostic :
- À 50 ans, la survie nette à 5 ans est de 67 %,
- À 60 ans : 63 %,
- À 70 ans : 61 %,
- À 80 ans : 57 %.
À 10 ans, la survie nette reste significative, en particulier pour les patients les plus jeunes :
- À 50 ans : données non disponibles à 10 ans,
- À 60 ans : 47 %,
- À 70 ans : 47 %,
- À 80 ans : 43 % à 10 ans.
Ces chiffres soulignent l’impact de l’âge, mais aussi des progrès réalisés dans la prise en charge au cours des dernières décennies. Toutefois, ces données ne précisent pas les taux de survie en fonction des stades TNM du cancer. L’amélioration globale du pronostic est en partie liée à un diagnostic plus précoce, à une meilleure coordination des soins et à l’efficacité des traitements.
Quels sont les facteurs qui influencent la survie d’un cancer du larynx ?
Outre le stade, plusieurs éléments influencent l’évolution de la maladie et les chances de guérison :
- Localisation précise de la tumeur (glotte, sus-glotte, sous-glotte),
- Réponse aux traitements (radiothérapie, chirurgie, chimioradiothérapie),
- Tabagisme actif après le diagnostic,
- État général du patient et pathologies associées,
- Accès à un parcours de soins coordonné.
Les traitements sont adaptés au stade de la maladie. Une intervention chirurgicale limitée peut suffire pour une tumeur localisée (cordectomie, laryngectomie partielle). Pour des formes plus avancées, un geste chirurgical plus lourd, comme une laryngectomie totale, peut être nécessaire, parfois après échec de la radiothérapie.
Ce type d’intervention entraîne une perte de la voix naturelle, mais des dispositifs de réhabilitation existent. Notre équipe à l’Institut Privé de Radiothérapie Metz assure un parcours personnalisé, en lien avec les chirurgiens ORL, les radiothérapeutes, les orthophonistes et les psycho-oncologues.
Comment détecter un cancer du larynx à un stade précoce ?
Le diagnostic précoce améliore les options de traitement. Une voix rauque ou enrouée qui persiste au-delà de trois semaines mérite une consultation, en particulier chez les personnes exposées au tabac ou à l’alcool. D’autres signes doivent motiver à consulter :
- Gêne à la déglutition,
- Toux chronique,
- Douleurs dans la gorge,
- Sensation de corps étranger,
- Ganglion palpable dans le cou.
Un examen ORL avec laryngoscopie permet de visualiser la tumeur. Si besoin, une biopsie est réalisée. Des examens complémentaires (scanner, IRM, TEP) précisent le bilan d’extension avant tout traitement. Il est néanmoins fréquent que les formes sus-glottiques ou sous-glottiques restent asymptomatiques dans un premier temps. C’est pourquoi un suivi ORL régulier est recommandé chez les personnes à risque.
Peut-on vivre longtemps après un cancer du larynx ?
Oui, à condition que le diagnostic soit posé à temps et que le traitement soit adapté. Même après une chirurgie lourde, de nombreux patients parviennent à retrouver une qualité de vie satisfaisante. Par ailleurs, la rééducation vocale post-traitement est un paramètre essentiel. Elle est généralement assurée par un orthophoniste spécialisé. En cas de laryngectomie totale, une prothèse phonatoire peut être mise en place pour restaurer la capacité à communiquer. L’alimentation, la respiration et la déglutition peuvent aussi nécessiter une prise en charge spécifique. Une fois le traitement terminé, un suivi rapproché alterné est mis en place pendant plusieurs années. Il comprend :
- Des consultations ORL à intervalles réguliers,
- Des examens d’imageries, selon les cas,
- Un accompagnement nutritionnel et arrêt du tabac.
Cette surveillance régulière permet de détecter rapidement une éventuelle récidive ou une nouvelle tumeur. Elle permet aussi d’ajuster la prise en charge des séquelles fonctionnelles et psychologiques liées à la maladie.
Article écrit le 02/09/2025, vérifié par Equipe médicale de l'Institut Privé de Radiothérapie de Metz
