Polypes au côlon et rectum, est-ce un cancer ?
La muqueuse du côlon et du rectum peut présenter des excroissances anormales que l’on appelle polypes. Ces derniers peuvent varier en taille et en forme.
Certains polypes au colon et au rectum peuvent se transformer en cancer du côlon.
Le dépistage est très important pour repérer un cancer colorectal à un stade précoce et détecter la présence éventuelle de polypes avant qu’ils n’évoluent en cancer.

Qu’est-ce qu’un polype au colon ou au rectum ?
Le polype du côlon ou du rectum est une tumeur bénigne qui prend naissance au niveau de la muqueuse du gros intestin. Le polype peut être en relief, légèrement surélevé, ou avoir la forme d’un champignon.
On en trouve aussi de type déprimé ou ulcéré. Sa taille peut varier de quelques millimètres à quelques centimètres. Les polypes qui mesurent moins de 10 mm sont souvent bénins et présentent un risque faible de se transformer en cancer. Ceux de taille moyenne (entre 10 et 20 mm) présentent un risque plus élevé d’évoluer en cancer colorectal, surtout s’ils sont de type adénomateux ou dentelé.
Ils doivent être retirés au cours d’un examen coloscopique. Les polypes plus grands (supérieur à 20 mm) ont un risque encore plus important de se transformer en cancer ou d’être déjà cancéreux. Ils nécessitent une exérèse totale et une surveillance rapprochée. La plupart des polypes sont asymptomatiques, cela signifie qu’ils n’entraînent aucun signe clinique particulier. Ils sont habituellement repérés au cours d’un examen d’imagerie comme la coloscopie qui consiste à examiner l’intérieur du tube digestif.
La coloscopie permet aussi de faire des prélèvements d’échantillons de tissus dans le cadre de biopsies, afin de les analyser au microscope pour déterminer le type et les caractéristiques des polypes retrouvés. Il est aussi possible de retirer totalement les polypes au cours de l’examen.
Quels sont les symptômes des polypes au colon ou au rectum ?
Comme évoqué précédemment, les polypes au colon ou au rectum sont souvent silencieux, sans symptômes ni gêne occasionnée. Cependant, ils peuvent parfois provoquer des signes cliniques évocateurs. Les plus courants sont :
- Des saignements provenant du rectum, visibles dans les selles ou sur le papier toilette ;
- Des troubles du transit intestinal (diarrhée, constipation, ou alternance des deux) ;
- Des douleurs abdominales, des crampes ou des ballonnements ;
- Une anémie (avec carence en fer engendrée par la perte de sang).
Si vous présentez un ou plusieurs de ces signes inhabituels, rapprochez-vous de votre médecin traitant pour une consultation.
Il pourra vous orienter vers un spécialiste en gastro-entérologie pour obtenir plus de précisions et programmer un examen du tube digestif si besoin.
Les différents types de polypes du côlon ou du rectum
En fonction de leur aspect microscopique et de leur potentiel évolutif vers une maladie cancéreuse, on distingue plusieurs types de polypes :
- Les polypes adénomateux : ce sont les plus fréquents, ils sont retrouvés dans 70 % des cas. Ils présentent un risque élevé d’évoluer en tumeur maligne notamment s’ils sont de grande taille, s’ils présentent des villosités (forme irrégulière) et s’ils sont nombreux.
- Les polypes festonnés ou dentelés : faisant partie des polypes adénomateux, ils ont un aspect festonné au microscope et présentent un risque important de cancer, notamment de cancer du côlon dit « d’intervalle » (apparaissant entre deux coloscopies de surveillance). Un suivi rapproché est nécessaire.
- Les polypes hyperplasiques ou métaplasiques : moins courants avec 20 % des cas, ils présentent un faible risque de se transformer en cancer, sauf s’ils sont localisés au niveau du côlon droit proximal.
- Les polypes hamartomateux ou inflammatoires : ce type de polypes est rare et représente environ 10 % des cas. Ils sont souvent liés à une maladie génétique ou inflammatoire du tube digestif, et leur risque d’évoluer en cancer varie selon le contexte.
Polypes au colon ou au rectum et risque de cancer : quels sont les liens ?
Les polypes du tube digestif sont considérés comme étant des lésions précancéreuses. Ils peuvent donc potentiellement se transformer en cancer du côlon ou du rectum avec le temps. Ce risque varie en fonction du type, du nombre, du volume et de la localisation des polypes.
On estime que la grande majorité des cancers colorectaux se développent à partir d’un polype adénomateux. La durée moyenne entre la survenue d’un de ces polypes et son évolution en cancer peut prendre plusieurs d’années (une dizaine).
C’est pour cette raison que l’on recommande un dépistage régulier par coloscopie dès l’âge de 50 ans, ou avant chez les personnes qui présentent des antécédents familiaux de cancer colo rectal ou des facteurs de risques personnels.
Combien de temps met un polype pour devenir cancéreux ?
Combien de temps met un polype pour devenir cancéreux ? Lorsque des polypes au colon et au rectum sont retrouvés en imagerie, il est donc nécessaire de mettre en place une surveillance rapprochée régulière, de façon à pouvoir repérer au plus tôt le moindre changement et leur possible évolution en cancer colorectal.
Le diagnostic précoce du cancer colorectal reste en effet le meilleur moyen de mettre en place rapidement un traitement adapté pour maximiser les chances de guérison de la maladie. Il n’existe pas de durée précise pour qu’un polype devienne cancéreux. Le processus évolutif peut prendre plusieurs années, voire une décennie.
C’est pourquoi il est important de dépister et de traiter les polypes le plus tôt possible, avant qu’ils n’atteignent un stade avancé.
L’influence de la taille d’un polype sur son risque évolutif
La taille d’un polype est un facteur déterminant pour estimer le risque qu’il se transforme en cancer. En effet, plus un polype est volumineux, plus il a de chances de devenir cancéreux.
Selon les différentes données de la littérature scientifique, un polype dont le diamètre dépasse 10 mm présente un risque élevé de se transformer en cancer colorectal, alors qu’un polype inférieur à 5 mm présente un risque faible. La taille d’un polype n’est pas toujours visible en examen d’imagerie, et il faut alors recourir à une coloscopie pour la mesurer avec précision.
La coloscopie permet également de retirer le polype si besoin, en utilisant une pince ou une anse électrique. Le prélèvement est ensuite envoyé en laboratoire d’anatomopathologie pour analyse.
Les autres facteurs qui peuvent influencer l’évolution d’un polype du côlon et du rectum en cancer colorectal
L’évolution d’un polype vers un cancer n’est pas systématique. Elle dépend notamment du type de polype, de son nombre ou de sa localisation.
Certains polypes, les polypes adénomateux ou festonnés, ont une nature précancéreuse. Ils sont donc plus susceptibles de se transformer en cancer que d’autres, comme les polypes hyperplasiques ou inflammatoires. Le nombre de polypes est aussi un facteur de risque : plus il y a de polypes, plus le risque de cancer est élevé.
Enfin, la localisation du polype peut jouer un rôle : les polypes situés dans certaines parties du côlon peuvent être plus difficiles à détecter et à traiter, et ont donc plus de risque de se transformer en cancer que ceux situés dans d’autres zones du côlon.
Signes d’aggravation d’un polype
Il est difficile de connaître précisément quels signes peuvent être considérés comme étant des signes d’aggravation d’un polype vers un état cancéreux.
Comme vu précédemment, la plupart des polypes du côlon et du rectum ne provoquent pas de symptômes. Ils sont souvent découverts lors d’un examen de dépistage du cancer colorectal, comme le test immunologique FIT ou la coloscopie.
Lorsque ces signes cliniques se manifestent, il faut consulter sans tarder un médecin pour obtenir un diagnostic précis et connaître le statut évolutif de ces lésions :
- Un changement dans le transit intestinal, comme une diarrhée, une constipation ou une alternance des deux, notamment si cet état persiste plus de 2 semaines
- Une sensation de gêne ou de pesanteur dans le bas ventre
- Une perte de poids inexpliquée
- Une fatigue chronique liée à une anémie ferriprive (révélant une perte de sang)
- Une occlusion intestinale, qui se traduit par des douleurs abdominales intenses, des vomissements, une absence de gaz et de selles…
Ces signes peuvent être révélateurs d’une complication d’un polype, comme une hémorragie, une inflammation, une infection ou une perforation, ou d’une évolution vers un cancer. Il est donc essentiel de les prendre au sérieux et de les signaler à son médecin.
Ablation d’un polype au côlon ou au rectum lors d’une coloscopie, déroulé et suites
Lorsqu’un polype est repéré, la prise en charge standard consiste à l’enlever au cours d’une coloscopie, souvent dans le même temps que l’examen, car c’est le moyen le plus efficace de prévenir une éventuelle évolution vers un cancer colorectal. Concrètement, l’examen se prépare par une “purge” intestinale (solution à boire la veille et/ou le matin), indispensable pour que la muqueuse soit bien visible et que les petites lésions ne soient pas manquées, en particulier au niveau du côlon droit. Pendant la coloscopie, le ou la gastro-entérologue visualise la lésion, en évalue l’aspect (pédiculé, sessile, parfois plan) et choisit la technique la plus adaptée :
- Ablation à l’anse (souvent avec courant électrique) pour de nombreux polypes,
- Techniques plus spécifiques pour les lésions larges, sessiles ou dentelées, qui demandent parfois une exérèse “en plusieurs fragments” ou une résection muqueuse endoscopique.
L’examen se fait le plus souvent sous sédation, en ambulatoire, avec une surveillance après le geste. Une hospitalisation plus longue est surtout discutée si le polype est volumineux, s’il a nécessité une exérèse complexe, ou si le patient présente des facteurs de risque qui imposent une surveillance renforcée.
Les suites attendues sont généralement simples (ballonnements transitoires, gêne abdominale modérée), mais il est important de connaître les situations qui justifient de recontacter rapidement l’équipe, à savoir des douleurs abdominales importantes qui s’aggravent, de la fièvre, ou encore des saignements abondants ou persistants.
Ce que vous devez retenir, c’est qu’à la question très fréquente que vous vous posez, à savoir “un polype qui saigne est-il cancéreux ?”, sachez qu’un saignement peut, entre autres, venir d’un polype, mais il n’est pas, à lui seul, un signe de cancer, ce sont l’évaluation endoscopique et surtout l’analyse du polype qui permettent de trancher.
Analyse du polype retiré et surveillance, ce qui détermine le risque et la suite
Après l’ablation, le polype est systématiquement envoyé en anatomopathologie. C’est une étape centrale, parce que l’imagerie et l’endoscopie orientent, mais ne suffisent pas à confirmer la nature exacte de la lésion. Le compte-rendu précise notamment le type (hyperplasique, adénomateux, dentelé…), l’existence et le degré de dysplasie (anomalies cellulaires), et, plus rarement, la présence d’un foyer déjà cancéreux ainsi que la qualité de l’exérèse (marges de résection).
C’est ce document qui transforme une question fréquente (“polype cancéreux”, “polype adénomateux”, “polype sessile”) en réponse médicale claire, beaucoup de polypes sont bénins au moment du retrait, certains sont précancéreux et justifient une surveillance, et une minorité correspond à une lésion déjà avancée qui impose une prise en charge spécialisée. Il n’existe pas de chronomètre universel à la requête “combien de temps met un polype pour devenir cancéreux ?”, car la vitesse d’évolution dépend :
- Du type de polype (adénomateux/dentelé),
- De sa taille,
- De son nombre,
- De facteurs individuels.
En revanche, on sait que l’évolution se fait généralement sur plusieurs années, ce qui explique l’intérêt d’un dépistage et d’une exérèse précoces. Enfin, la surveillance n’est pas “automatique à la même fréquence pour tout le monde”, elle est personnalisée selon les caractéristiques du polype (taille, type, nombre, aspect sessile ou pédiculé, localisation) et selon le terrain (antécédents personnels ou familiaux). C’est cette stratégie — retirer, analyser, puis surveiller au bon rythme — qui constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire le risque de cancer colorectal à moyen et long terme, sans multiplier inutilement les examens.
Comment surveiller un polype ?
Le dépistage du cancer colorectal est le meilleur moyen de découvrir puis de surveiller l’évolution de polypes au rectum ou au côlon. Il repose sur 2 méthodes principales : le test immunologique de recherche de sang occulte dans les selles (FIT) et la coloscopie.
Le FIT est un test simple et non invasif, qui permet de détecter la présence de sang dans les selles, pouvant être causée par un polype ou un cancer. Il est proposé tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans, sans symptômes ni facteurs de risque particuliers.
Si le test est positif, il faut réaliser une coloscopie pour confirmer le diagnostic et retirer les polypes éventuels. La coloscopie est un examen plus complet et plus fiable, qui permet de visualiser l’intérieur du côlon et du rectum à l’aide d’une caméra introduite par l’anus. Elle permet de détecter, de mesurer et de retirer les polypes, mais aussi de prélever des échantillons de tissus (biopsies) pour analyse.
Elle est recommandée en cas de test immunologique positif, de symptômes évocateurs, ou de facteurs de risque personnels ou familiaux. La fréquence de la coloscopie dépend du résultat de l’examen précédent et du risque de récidive des polypes.

L’importance du dépistage précoce du cancer colorectal et des polypes
Le dépistage précoce des cancers colorectaux est essentiel pour diminuer la mortalité et la morbidité liées à cette pathologie. Il permet de repérer des lésions bénignes comme les polypes avant qu’elles ne se transforment en cancer, ou de diagnostiquer un cancer colorectal à un stade débutant, ce qui augmente les chances de guérison.
Selon la Haute Autorité de Santé, ce dépistage précoce permet d’éviter près de 6 000 décès chaque année en France. Le dépistage est simple et repose sur l’analyse immunologique de sang dans les selles.
Il est gratuit et concerne toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans sans facteur de risque spécifique. Son rythme idéal est tous les ans. S’il révèle un résultat positif, une coloscopie est proposée pour confirmer le diagnostic et traiter les éventuelles lésions (un retrait des polypes est réalisé au cours de l’examen par technique endoscopique).
Le geste est simple et très efficace pour prévenir le cancer colorectal.
Questions fréquentes sur les polypes au côlon et au rectum
Un polype est-il forcément cancéreux ?
Non. Un polype est le plus souvent une lésion bénigne de la muqueuse du côlon ou du rectum. En revanche, certains polypes (notamment adénomateux ou dentelés) sont considérés comme précancéreux et peuvent évoluer avec le temps, ce qui justifie leur retrait et/ou une surveillance.
Combien de temps met un polype pour devenir cancéreux ?
Il n’existe pas de délai universel, l’évolution dépend du type de polype, de sa taille, de son nombre et de facteurs individuels. Quand un polype devient cancéreux, le processus se fait généralement sur plusieurs années, ce qui explique l’intérêt du dépistage et de la prise en charge précoce.
Quels symptômes peuvent faire évoquer un polype ?
La majorité des polypes ne provoquent aucun symptôme et sont découverts lors d’un dépistage ou d’une coloscopie. Quand ils se manifestent, on peut observer des saignements (dans les selles ou sur le papier), des troubles du transit persistants, des douleurs abdominales, des ballonnements, ou une anémie liée à des pertes de sang microscopiques.
Un polype qui saigne est-il un signe de cancer ?
Pas forcément. Un saignement peut venir d’un polype, mais aussi de causes fréquentes et bénignes comme des hémorroïdes ou une fissure anale. En pratique, la répétition des saignements, leur association à une modification du transit, une fatigue inhabituelle ou une anémie doivent conduire à consulter afin d’identifier la cause et d’organiser les examens nécessaires.
Comment confirme-t-on le diagnostic et le type de polype ?
Le diagnostic repose sur la coloscopie, qui permet de visualiser précisément la lésion et, le plus souvent, de la retirer dans le même temps. Le polype est ensuite analysé en anatomopathologie (au microscope) pour déterminer sa nature, le degré éventuel de dysplasie et, plus rarement, la présence de cellules cancéreuses, c’est ce résultat qui guide la suite.
Après ablation, faut-il refaire une coloscopie ?
Souvent oui, mais le délai n’est pas le même pour tout le monde. Il dépend du compte-rendu d’anatomopathologie (type de polype, dysplasie), de la taille, du nombre de polypes, et de certains contextes (antécédents familiaux, polypes multiples). L’objectif est de surveiller au bon rythme, sans multiplier inutilement les examens.
Article écrit le 07/08/2023, vérifié par Equipe médicale de l'Institut Privé de Radiothérapie de Metz
Modifié le 06/01/2026, vérifié par Equipe médicale de l'Institut Privé de Radiothérapie de Metz
